|
Direction de la séance |
Proposition de loi Droit à l'aide à mourir (1ère lecture) (n° 265 , 264 , 256) |
N° 336 16 janvier 2026 |
SOUS-AMENDEMENTà l'amendement n° 208 rect. quater de Mme de LA GONTRIE présenté par |
|
||||||||
|
M. HENNO ARTICLE 4 |
|||||||||
Amendement n° 208
I. – Alinéa 8
Remplacer les mots :
, en phase avancée, caractérisée par l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie, ou en phase terminale
par les mots :
dans un délai qui peut raisonnablement être évalué à six mois
II. – Alinéa 9
1° Première phrase
a) Remplacer les mots :
physique ou psychologique persistante
par le mot :
constante
b) Après le mot :
affection,
insérer les mots :
physique et, le cas échéant, psychologique,
2° Seconde phrase
a) Remplacer les mots :
En cas de souffrance exclusivement
par les mots :
Une souffrance
et les mots :
, celle-ci doit être directement liée à l’affection grave et incurable
par les mots :
seule ne peut en aucun cas permettre de recourir à l’assistance au suicide
Objet
Ce sous amendement propose de préciser le critère relatif au pronostic vital de la personne éligible à une forme d’aide à mourir. Cette question a fait l’objet de longs débats à l’Assemblée nationale. Au final, les députés ont supprimé la notion de pronostic vital engagé à moyen terme, pour lui substituer une rédaction mentionnant la phase avancée ou terminale d’une maladie. Pourtant, comme le rappelle la HAS, la phase avancée, pas plus que le moyen terme, ne peuvent être définis par un critère temporel précis.
Pour lever cette difficulté, certains pays ont choisi d’inscrire dans la loi un horizon prévisible raisonnable. C’est le cas de l’Oregon, qui autorise la prescription d’une pilule létale aux personnes dont le pronostic vital est engagé à six mois. Ce modèle oregonais a fait la preuve de sa stabilité, puisqu’il fonctionne depuis 1997 et que le taux de décès par suicide assisté y est maîtrisé. Le Royaume-Uni, qui examine actuellement un texte pour autoriser, de façon encadrée, la pratique d’une aide à mourir, s’oriente vers le même critère : le projet de loi prévoit que le décès de la personne en raison de sa maladie doit pouvoir être raisonnablement prévu dans les six mois.
L’horizon des six mois présente un double avantage : il permet d’ouvrir la pratique du suicide assisté aux personnes dont le pronostic vital est engagé au-delà du court terme, tout en constituant un horizon suffisamment proche pour réduire l’incertitude du diagnostic médical. C’est cet équilibre que le présent amendement propose d’inscrire dans la loi.
L’amendement propose aussi de rétablir le critère de la souffrance constante, en clarifiant que celle-ci doit être a minima physique et, le cas échéant psychologique. Le texte de l’Assemblée nationale laissait en effet planer une incertitude sur ce point.