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commission de la culture |
Proposition de loi Renforcer l'effectivité des droits voisins des éditeurs et des agences de presse (1ère lecture) (n° 475 ) |
N° COM-1 7 juin 2026 |
AMENDEMENTprésenté par |
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M. LAUGIER, rapporteur ARTICLE 1ER |
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I. – Alinéa 7
Remplacer les mots :
et L. 218-4-2
par les mots :
à L. 218-4-5
II. – Alinéa 8
Après les mots :
L. 218-4-1. –
insérer la mention :
I.
III. – Alinéa 10 et 11
Remplacer ces alinéas par sept alinéas ainsi rédigés:
« Si les informations ne sont pas transmises dans un délai de trente jours à compter de la demande d’un éditeur de presse ou d’une agence de presse ou si elles ne répondent pas aux exigences mentionnées aux deux premiers alinéas du présent article, les éditeurs de presse ou les agences de presse concernés peuvent saisir l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.
« L’autorité se prononce dans un délai de deux mois à compter de sa saisine.
« II. – Après avoir mis les intéressés à même de présenter leurs observations, l’autorité rend une décision motivée de rejet de la demande ou émet une injonction fixant la liste des éléments d’information devant être communiqués et prescrivant les modalités selon lesquelles le service de communication au public en ligne doit effectuer cette communication.
« III. – L’autorité peut infliger, dans les conditions prévues à l’article 42-7 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, une sanction pécuniaire en cas d’inexécution de l’injonction mentionnée au II. La sanction peut porter sur les mêmes faits ou couvrir la même période que ceux ayant fait l’objet de l’injonction. L’injonction est alors décidée par une formation restreinte composée de quatre membres de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, à l’exception de son président. La formation ne délibère que si au moins trois membres sont présents. La sanction est prononcée par une formation composée des cinq autres membres de l’autorité, qui ne délibère que si au moins quatre de ses membres sont présents.
« La sanction pécuniaire est proportionnée à l’importance du préjudice causé à l’éditeur de presse ou à l’agence de presse demandeur, à la situation du service de communication au public en ligne sanctionné et à la réitération du comportement ayant fait l’objet d’une injonction. Elle est déterminée individuellement et de façon motivée.
« Le montant maximum de la sanction est, pour un service de communication au public en ligne, de 1 % du montant du chiffre d’affaires mondial hors taxes calculé sur la base du dernier exercice clos.
« IV. – Les décisions de l’autorité sont notifiées aux parties en cause et peuvent être déférées devant le Conseil d’État.
IV. – Alinéa 14, dernière phrase
Supprimer cette phrase.
V. – Alinéa 15
Remplacer cet alinéa par cinq alinéas ainsi rédigés :
« La décision de l’autorité fixant le montant de la rémunération est notifiée aux parties qui peuvent introduire un recours devant la cour d’appel de Paris. Ce recours n’est pas suspensif. Toutefois, le premier président de la cour d’appel saisi de ce recours peut ordonner qu’il soit sursis à l’exécution de la décision si celle-ci est susceptible d’entraîner des conséquences manifestement excessives. »
« Art. L. 218-4-3. – I. – L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique peut recueillir auprès des parties tous les éléments qu’elle estime nécessaires à l’exercice des missions prévues aux articles L. 218-4-1 et L. 218-4-2, sans que puisse lui être opposé le secret des affaires et peut entendre toute personne dont l’audition lui paraît utile.
« II. – L’autorité peut recourir à l’expertise du service administratif de l’État mentionné au I de l’article 36 de la loi n° 2021-1382 du 25 octobre 2021 relative à la régulation et à la protection de l’accès aux œuvres culturelles à l’ère numérique et s’adjoindre les services et les compétences techniques, économiques ou juridiques extérieures nécessaires pour mener à bien l’exercice des missions mentionnées aux articles L. 218-4-1 et L. 218-4-2. L’autorité peut, par décision motivée, mettre tout ou partie des frais ainsi engagés à la charge du service de communication au public en ligne en tenant compte de l’absence de réponse à ses demandes d’information, des manœuvres du service de communication au public en ligne visant à retarder délibérément la fixation du montant de la rémunération due au titre des droits voisins et de tout autre manœuvre visant à faire obstacle à l’exercice de ses missions.
« Art. L. 218-4-4. – L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique saisit l’Autorité de la concurrence des pratiques prohibées par les articles L. 420-1, L. 420-2 et L. 420-5 du code de commerce dont elle a connaissance. Cette saisine peut être introduite dans le cadre d’une procédure d’urgence, conformément à l’article L. 464-1 du code de commerce.
« L’autorité peut également saisir l’Autorité de la concurrence, pour avis, de toute question de concurrence dans le cadre de l’article L. 462-1 du code de commerce."
Objet
Cet amendement du rapporteur précise l'articulation entre les deux procédures prévues auprès de l'Arcom : la procédure visant à renforcer l'information des éditeurs, et celle permettant de déterminer un montant de rémunération au titre des droits voisins.
Les deux objectifs poursuivis sont :
- renforcer l'effectivité du dispositif ;
- consolider juridiquement les procédures.
S'agissant du renforcement de l'information des éditeurs, l'Arcom se voit confier un pouvoir d'injonction, susceptible d'aboutir à une sanction, ce qui implique la mise en place d'une procédure contradictoire et l'instauration d'une séparation organique entre ces deux fonctions (injonction et sanction). Lors de cette phase, en cas de contestation, les décisions de l'Arcom peuvent être déférées devant le Conseil d’État.
S'agissant de la procédure d'arbitrage, le rapporteur propose de préciser que le recours est non suspensif et qu'il est introduit, non plus devant le tribunal de commerce, mais devant la cour d'appel de Paris. Il s'agit ainsi à la fois de gagner du temps, mais aussi de regrouper les contentieux et de permettre l'émergence d'un pôle de compétence sur les droits voisins au sein de cette juridiction.
Il est précisé que le secret des affaires n'est pas opposable à l'Arcom dans l'exercice de ses deux missions.
Enfin, cet amendement permettra à l'Arcom de mettre tout ou partie des frais d’expertise à la charge de la plateforme, sur le modèle de ce que pratique l'ADLC. Il améliore l'articulation entre l'Arcom et l'ADLC.