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Conservatoire de la mémoire de la guerre d'Algérie
M. PASTOR. – Un conservatoire de la mémoire de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie va être créé à Montredon-Labessonnié dans le Tarn, avec l'approbation de toutes les associations d'anciens combattants.
Ces derniers mois, et encore il y a quelques jours, la question de la réalité de la guerre d'Algérie, de la politique menée alors et de ses répercussions dans la mémoire collective, a suscité le débat.
Il est particulièrement important, pour reprendre les paroles du Premier ministre, de « permettre que l'histoire de cette guerre terrible soit écrite librement » ; et de créer les outils qui permettront l'évocation de la transmission du « vécu » de ceux qui ont participé à cette guerre.
Dans cet esprit, le conservatoire de la mémoire de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie doit avoir une triple fonction : la conserver, grâce au dépôt et à la mise à disposition d'archives et de témoignages ; transmettre la mémoire avec une approche pédagogique et didactique et une dimension de recueillement ; intéresser le grand public avec un espace d'exposition.
Sa conception scientifique et technique intègre le recours aux dispositifs les plus modernes concernant l'espace d'exposition et à internet pour la diffusion des données réunies.
Le conseil scientifique de ce projet vient d'achever son rapport définitif.
Pourriez-vous, monsieur le Ministre, nous faire part de votre appréciation sur la qualité du projet et confirmer l'engagement de l'État et son concours financier pour la réalisation de ce conservatoire ?
Êtes-vous en mesure de nous apporter des garanties quant au versement des documents et archives qui feront du conservatoire un centre de ressources connu et notamment le dépôt de témoignages oraux d'anciens combattants dont la collecte doit être confiée à l'Office national des anciens combattants ? Quelle que soit votre réponse, je vous rends hommage pour l'attention que vous portez à cette affaire depuis l'origine. Vous inaugurerez du reste le site du conservatoire samedi prochain.
M. MASSERET, secrétaire d'État à la défense, chargé des anciens combattants. – Et ce sera effectivement la quatrième fois depuis l'origine du projet que je me rendrai sur place.
J'avais souscris à la proposition d'un conservatoire de la mémoire, le 6 juin 1998 ; en juillet de la même année, j'ai confié une mission d'information au préfet du Tarn ; j'ai ensuite installé successivement, le comité de pilotage, en mars 1999, et le comité scientifique, en juin 2000.
Samedi prochain, je rappellerai l'intérêt de l'État pour cette initiative : il me semble important, en ce moment en particulier, d'assumer cette histoire douloureuse ; car l'abcès de la guerre d'Algérie n'est pas encore vidé. Il nous faut surmonter les épreuves que nous rencontrons et libérer la parole.
L'État consacrera deux millions de francs à la réalisation du conservatoire, sur deux ans – un million de francs en 2002 et un million en 2003. Par ailleurs, j'ai demandé à l'Office national des anciens combattants de placer à disposition de la nouvelle institution deux « emplois jeunes » ; ils s'ajouteront à celui qui sera fourni par le service départemental.
Je chargerai également l'O.N.A.C. de lancer la collecte des témoignages auprès des anciens soldats du contingent qui souhaiteront apporter leur concours, la collecte qui sera centralisée au conservatoire de Montredon.
M. PASTOR. – L'ensemble des associations d'anciens combattants saluent votre dynamisme dans cette entreprise importante qui doit à présent être concrètement matérialisée.
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