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Radioactivité

      M. FAURE. – Ma question s'adressait à M. le Premier ministre car plusieurs ministres sont concernés. En son absence, je présume que Mme Voynet pourra me répondre.

      Il y a quinze ans survenait la catastrophe de Tchernobyl ! À l'époque, les autorités publiques avaient tenu un discours rassurant, affirmant qu'il n'y avait pas lieu de s'alarmer. En 1999, encore, l'institut de protection et de sûreté nucléaire (I.P.S.N.) écrivait dans un bilan que le seuil de pollution était resté inférieur à celui qui aurait pû justifier des réactions sanitaires. De son côté, l'Office de protection contre les radiations ionisantes (O.P.R.A.), qui dépend du ministère de la Santé, a jugé que les effets sur la santé des habitants étaient « insignifiants ».

      Sur ces entrefaites, le CRIRAD, qui est un organisme indépendant, s'est autosaisi d'un certain nombre de relevés et a rédigé un rapport qui a suscité des titres sensationnels dans la presse, allant jusqu'à parler de la « scandaleuse désinformation d'État ». Résultat : des voyagistes hollandais viennent d'interdire le Vercors à leurs clients ! D'autre part, 99 plaintes ont été déposées contre l'État pour désinformation.

      Qu'en est-il réellement de cette pollution radioactive dans le Vercors ? (Applaudissements au centre et à droite.)

      Mme VOYNET, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement. – Vous avez raison de rappeler qu'à l'époque, le discours officiel en France était lénifiant, et tranchait avec celui qu'on tenait ailleurs en Europe.

      D'où la création de cet organisme indépendant, la CRIRAD. Et je précise que les services de l'État et la CRIRAD travaillent de concert, confrontent leurs méthodes et leurs résultats s'efforcent d'informer objectivement la population.

      L'I.P.S.N., qui mesure régulièrement les retombées de Tchernobyl, rend publics les résultats de ses travaux ; ils sont disponibles sur le site internet de cet institut comme sur celui du ministère de l'Environnement. Il en ressort que la pollution par le césium 137 existe dans le Vercors, mais aussi dans le Jura, dans les Vosges et en Corse. Mais ce n'est pas une contamination homogène, c'est une contamination en taches de léopard : à quelques mètres d'un endroit indemne, on peut observer une radiation chiffrée en centaines de becquerels. Puisque, même à ce niveau, les habitants ne courent aucun risque, et les touristes encore moins.

      Cela dit, si vous vouliez me faire dire que le nucléaire et le tourisme ne font pas bon ménage, je vous en donne acte très volontiers ! (Exclamations à droite et au centre, applaudissements sur les bancs socialistes.)

      M. HÉRISSON. – C'est un peu facile !

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