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Libération d'Ingrid Betancourt

      M. DURAND-CHASTEL. – La situation de Mme Betancourt, ancienne sénatrice en Colombie, enlevée le 23 février par les forces armées révolutionnaires (F.A.R.C.) de Colombie est de plus en plus préoccupante.

      Depuis neuf mois, aucune nouvelle ne nous est parvenue, exceptée une vidéo dont l'enregistrement date de mai, diffusée à la télévision en juillet. On y voyait Mme Betancourt s'adresser aux autorités colombiennes avec, à ses côtés, Mme Rojas, sa directrice de campagne enlevée également.

      Bien que l'on ignore tout de l'état dans lequel elles se trouvent, les F.A.R.C. ont fait savoir, par communiqué, leur accord pour un échange humanitaire avec leurs combattants retenus dans les prisons colombiennes. Le Président de la République, M. Uribe, a indiqué que de telles négociations ne pourraient se tenir que sous l'égide des Nations unies.

      On peut donc s'inquiéter du sort réservé à Mme Betancourt et aux autres otages, plus de 3 000 civils, parlementaires et élus locaux. L'opinion publique s'est émue du sort réservé à cette personnalité franco-colombienne qui, après avoir fréquenté le lycée français de Bogotá, a été diplômée de l'Institut des sciences politiques de Paris, qui est mère de deux enfants français et l'auteur d'un livre, « La rage au cœur », vibrant témoignage de son combat contre la corruption et pour les droits de l'homme en Colombie.

      Une pétition sur internet a recueilli plus de 50 000 signatures ; 194 comités de soutien ont été créés dans 26 pays ; 225 communes françaises et belges l'ont nommée « Citoyenne d'honneur », et près de 400 députés et sénateurs français se sont ralliés à une motion de soutien lancée au début de cette session parlementaire.

      En tant que sénateur représentant les Français hors de France, je suis particulièrement sensible à la situation de nos ressortissants, dans le monde et j'ai été à l'origine de l'appel lancé le 23 avril par les sénatrices de France demandant la libération sans condition de Mme Betancourt, adressé au Président colombien de l'époque, ainsi qu'au Président de la République – lequel a été très ému par le sort réservé à Ingrid Betancourt.

      Nous savons que différentes démarches ont été entreprises par les plus hautes autorités françaises. A-t-on des nouvelles d'Ingrid Betancourt ? Un échange humanitaire de prisonniers entre les F.A.R.C. et le gouvernement colombien est-il réalisable ?

      Enfin, la France peut-elle aider à la conclusion d'un accord qui permettrait la libération de notre ressortissante ?

      Mme FONTAINE, ministre déléguée. – Je vous prie d'excuser M. de Villepin, retenu par le conseil des affaires générales.

      Je vous confirme que le gouvernement français a toujours condamné avec la plus grande fermeté la pratique des enlèvements et autres exactions.

      Il fait tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt. J'ai saisi l'occasion de chacun de ses entretiens avec le Président Uribe, à Paris et à New York, pour lui rappeler notre vive inquiétude et souhaiter que soit obtenue au plus vite la libération de notre compatriote.

      La France s'était efforcée, avec d'autres pays, de faciliter le processus de paix avec les guérillas conduit par le gouvernement antérieur. L'enlèvement de Mme Betancourt s'est inscrit dans le contexte difficile de la rupture des discussions avec les F.A.R.C. et de l'intensification du conflit armé. Le Président Uribe, élu pour mettre en œuvre une politique de fermeté, affirme également sa volonté de rechercher une solution négociée. Il a demandé, pour cela, les bons offices du secrétaire général des Nations unies. La France l'a encouragé dans cette démarche et reste disponible pour offrir son aide.

      Car cette approche combine le renforcement de l'autorité de l'État et l'ouverture au dialogue avec les groupes armés illégaux. Pour rétablir la paix civile en Colombie, une politique de sécurité efficace et respectueuse des droits de l'homme est légitime, nous pouvons y apporter notre coopération dans des domaines comme le renforcement institutionnel ou la lutte contre le trafic de drogue. Des engagements ont été pris en particulier pour renforcer notre appui technique en matière de reforestation, priorité du Président Uribe pour lutter contre la production de drogue.

      La France continuera à intervenir auprès des responsables colombiens pour demander que la sécurité et la libération des otages, et en particulier de Mme Ingrid Betancourt, soient placées au premier rang de leur action.

      M. DURAND-CHASTEL. – Le gouvernement français a déployé des efforts notables dans cette affaire. Notre pays a toujours été épris de justice et attaché aux droits de l'homme. Le moment est venu d'intensifier les interventions afin d'obtenir la libération de Mme Betancourt. Car des progrès ont été réalisés, il faut maintenant les faire aboutir.

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