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L'A4 est saturée

      M. LONGUET. – Depuis vingt ans, l'est de la France n'a cessé de s'éloigner de Paris, non pas en distance, mais en distance-temps.

      Certes, la réalisation en cours du T.G.V- Est devrait réduire cette grave inégalité qui handicape le grand-est, mais la liaison routière ne cesse de se détériorer pour les automobilistes en provenance des régions d'Alsace, de Champagne-Ardennes et de Lorraine – que je préside.

      Paris reste la capitale de la France et l'Ile-de-France sa région capitale. Cela donne à l'une et à l'autre une responsabilité particulière que le schéma des transports routiers ignore complètement. Ainsi, l'autoroute A4, si elle assure la liaison entre Paris et les provinces de l'Est, sert aussi de périphérique francilien, puisque l'autoroute A86 et la route N104 se confondent avec elle sur une longue section. Cette coexistence d'un trafic radical et d'un trafic périphérique sature cette autoroute, au point qu'après avoir mis deux heures pour arriver jusqu'à la région parisienne, il faut aux Lorrains presque autant de temps pour entrer dans Paris.

      Cette situation me conduit à poser deux questions.

      Tout d'abord, y a-t-il des projets permettant de rendre à cette autoroute sa fluidité originelle ?

      Ensuite, ne pensez-vous pas saisir l'occasion de la renégociation des contrats de plan pour permettre aux régions de se faire entendre par Paris ? L'Ile-de-France comme l'État doivent se souvenir du fait que les provinciaux ont le droit – parce qu'ils y sont obligés – d'accéder à Paris dans des conditions plus satisfaisantes de fluidité et de confort.

      M. BUSSEREAU, secrétaire d'État. – Vous avez évoqué la question, importante pour l'est de la France et plus particulièrement pour la région que vous présidez, des travaux du T.G.V.-Est. Ils progressent, et les problèmes techniques sont en cours de résolution. Le Premier ministre a pris publiquement, dans votre région comme en Alsace, l'engagement que les surcoûts qui en résultent seront pris en charge par l'État au titre de la solidarité nationale. J'ajoute que l'Ile-de- France y contribue elle aussi. Le T.G.V.-Est est un projet dont l'importance n'est plus, à démontrer.

      M. LONGUET. – C'est vrai !

      M. BUSSEREAU, secrétaire d'État. – L'A4 joue elle aussi, un rôle essentiel, mais entravé par les difficultés que vous avez citées et vous auriez pu mentionner aussi la desserte du parc d'Eurodisney et celle de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée.

      M. LONGUET. – C'est exact.

      M. BUSSEREAU, secrétaire d'État. – M. de Robien m'a chargé de vous fournir les éléments de réponse suivants : la section de l'autoroute A4 dans sa partie pénétrante de l'agglomération parisienne connaît un trafic élevé, variant de 84 000 véhicules par jour à l'est de la francilienne à 257 000 véhicules par jour au droit de Saint-Maurice.

      Le schéma directeur d'Ile-de-France adopté en 1994 avait prévu la réalisation d'opérations routières à l'Est de Paris pour offrir de nouvelles capacités de circulation : doublement de l'A4 sur le tronc commun A4-A86 à la hauteur de Saint-Maurice, de l'A103 entre le nœud de Rosny et l'A4 à Noisy-le-Grand, opération appelée « découdage de la francilienne », prolongement de l'actuelle déviation de Lagny-sur-Marne jusqu'à l'échangeur A4-RN36, déviation de la RN4 entre Champigny-sur-Marne et Pontault- Combault, élargissement de l'A4 de Champigny- sur-Marne à Bailly-Romainvilliers. Citons aussi l'amélioration de la liaison entre les autoroutes A1, A4, A5 et A6 par les RN 330 et 36 aménagées, ainsi que les déviations de Meaux et Melun, de façon à constituer une rocade parallèle à la francilienne. Ces opérations n'ont malheureusement pas été inscrites au contrat de plan État-région pour la période 2000-2006, compte tenu des difficultés d'insertion et des coûts de réalisation particulièrement élevés.

      Néanmoins, y figure, pour un montant de 33,54 millions d'euros « l'expertise du tronc commun A4-A86 », afin d'étudier les possibilités de financement de l'opération de doublement. Cette étude est aujourd'hui engagée.

      Pour ce tronc commun, où la circulation est la plus engorgée, il a été demandé aux préfets de la région Ile-de-France et du Val-de-Marne d'étudier la possibilité de dégager au moindre coût, une voie supplémentaire pendant les heures de pointe : elle consisterait en une voie de droite, fermée à la circulation, lorsque celle-ci est fluide, par des barrières mobiles, tout en offrant un refuge en cas d'incidents, et ouverte à la circulation lorsque celle-ci devient dense. Le financement d'un tel dispositif est programmé en vue d'une mise en service à partir de la fin 2004.

      Il est certain que l'addition de plusieurs types de circulation : desserte de proximité et liaisons à grande distance, non seulement avec l'est de la France, mais aussi avec l'Europe de l'Est, pose des problèmes difficiles à résoudre. Je vous propose donc d'organiser dans les mois à venir une réunion de travail qui rassemblerait toutes les régions intéressées, de façon à dégager des communions efficaces pour l'aménagement du territoire.

      M. LONGUET. – Je vous remercie pour vos réponses techniques mais surtout pour l'annonce de cette réunion de travail entre la région Ile-de-France et les régions utilisatrices – étant d'ailleurs rappelé que les autoroutes y sont à péage alors qu'elles sont quasiment toutes gratuites en Ile-de-France, ce qui complique le problème du financement des réalisations.

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