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Insécurité scolaire

      M. SCHOSTECK. – L'actualité ne cesse, jour après jour, de nous révéler de nouveaux actes de violence commis dans les établissements scolaires et de plus en plus envers des personnels enseignants ou de direction. Le 7 janvier, un professeur du lycée professionnel de la Garenne-Colombes a été poignardé dans mon département des Hauts-de-Seine. Ces affaires trop nombreuses mettent à mal le respect même de la République à travers ceux qui, en la servant, l'incarnent. C'est inacceptable !

      Quelle est, au-delà des effets médiatiques, la véritable ampleur de ce phénomène de violence aggravée et aussi quels en sont les chiffres exacts ? J'ai cru comprendre que le précédent gouvernement n'avait jamais souhaité divulguer les statistiques de cette violence scolaire allant même jusqu'à ne pas vouloir les connaître. (M. Domeizel proteste.)

      Si je me réjouis des diverses mesures que vous avez déjà mises en place : l'école ouverte, les ateliers relais, la réintroduction des notions de civisme, des valeurs de l'instruction, quelles autres initiatives comptez-vous prendre contre la violence scolaire ?

      Enfin, le projet de loi sur la sécurité intérieure prévoit de mieux protéger les « personnes dépositaires de l'autorité publique ou chargées d'une mission de service public ». Ne conviendrait- il pas de renforcer encore davantage la protection qu'un État de droit se doit d'assurer à ses représentants ? (Applaudissements à droite.)

      M. DARCOS, ministre délégué à l'enseignement scolaire. – Oui, il faut connaître la réalité : ce n'est pas parce que l'on a cassé le thermomètre que l'on n'est pas malade. Dès notre arrivée aux affaires, j'ai demandé les chiffres et ils sont alarmants : 81 382 incidents graves recensés dans les établissements (75 %) qui ont répondu, un établissement sur deux a interrompu ses cours au moins une demi-journée à cause de tels incidents.

      M. Paul RAOULT. – On verra dans cinq ans !

      M. DARCOS, ministre délégué. – Tout à fait ! Il ne s'agit pas de fanfaronnades. Nous avons entrepris de changer les mentalités.

      M. Paul RAOULT. – On verra...

      M. DARCOS, ministre délégué. – Parce que chacun doit avoir conscience de ses droits et devoirs, à la prochaine rentrée, chaque élève et ses parents signeront un contrat. (M. Mahéas ironise.)

      Outre les ateliers-relais qui accueilleront certains élèves en difficulté, le gouvernement a décidé de recruter 16 000 assistants d'éducation, ce qui marque un grand progrès !

      M. SUEUR. – Il y en aura toujours moins qu'avant !

      M. DARCOS, ministre délégué. – Il suffit de faire la soustraction !

      Il faut protéger les enseignants. Un article de la loi que le Sénat va examiner traite des dépositaires de l'autorité publique..., de ceux qui exercent une mission de service public. Je souhaite que le Sénat l'adopte. (Applaudissements sur les bancs de l'U.M.P. et de l'Union centriste.)

      M. LE PRÉSIDENT. – Les interpellations n'apportent rien au débat. Écoutons les intervenants et donnons l'exemple.

      M. BOULAUD. – On nous annonce que 4 et 4 font neuf !

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