|
| Vous êtes ici : Travaux parlementaires > Comptes rendus > Compte rendu analytique |
M. BARRAUX. – Ce sujet est bien cruel pour le département que je représente, l'Allier, car la menace d'une épidémie de grippe aviaire intervient à un moment pour le moins inopportun pour une filière qui commençait tout juste à retrouver un équilibre.
Bien mauvaise nouvelle : l'Europe refuse de débloquer, dans l'immédiat, une aide financière en faveur des éleveurs de cette filière. Il est vrai que la grippe aviaire n'a frappé, à ce jour, aucun élevage français, ni aucun animal domestique. Mais la psychose est telle que la consommation a fortement chuté.
On montre du doigt les oiseaux migrateurs mais les importations illégales de volailles en provenance de pays tiers seraient largement autant responsables de la maladie en Europe que les oiseaux migrateurs.
A-t-on tout fait pour mettre un terme à ces importations illicites ? Bonne nouvelle : à la demande de la France, l'Union européenne a donné hier son feu vert pour vacciner oies et canards d'élevages dans trois départements. Mais qu'en est-il dans le reste du pays où il existe des élevages de poulets label « plein air » dont le cahier des charges interdit le confinement ?
En attendant un hypothétique plan d'urgence européen, c'est tout un pan de notre économie qui est en train de s'écrouler et j'ai une pensée toute particulière pour mon département qui compte un grand nombre d'élevages.
Les volailles vaccinées sont-elles commercialisables et consommables ? Il faut absolument redonner confiance au consommateur pour qu'il recommence à acheter du poulet.
Enfin, quelles aides supplémentaires viennent s'ajouter aux cinq millions déjà annoncés par les éleveurs ? C'est en effet toute la filière avicole qui est touchée. (Applaudissements à droite et au centre.)
M. BUSSEREAU, ministre de l'Agriculture et de la Pêche. – Deux oiseaux sauvages ont en effet été victimes du H5N1 dans l'Ain. Une zone de protection a donc été mise en place. Malheureusement, je dois informer la Haute Assemblée qu'un troisième cas possible a été détecté dans un élevage de 11 000 dindes, toujours dans l'Ain, à proximité du village de Joyeux. Il va falloir procéder à l'abattage cet après-midi même, avant même que nous disposions des résultats des tests. Comme vous l'avez dit, nous allons aussi renforcer la surveillance des frontières et les douanes se mobilisent à la demande de M. Copé.
Un plan, de confinement a été élaboré qui concerne 26 départements, puis 58 et 95. Quand on ne peut pas confiner, il conviendra de vacciner les volailles et Bruxelles nous a donné l'autorisation pour trois départements. Landes, Vendée et Loire Atlantique : cela concerne les canards et oies des zones humides. En revanche, certains éleveurs préfèrent le confinement à la vaccination. Nous étudierons les dossiers au cas par cas. Dans la Bresse, où nous sommes allés avec le Premier ministre, il faudra vacciner si le confinement se révèle impossible.
Bien évidemment, la solidarité nationale
jouera tout son rôle : ce matin, j'ai reçu
l'ensemble des représentants de la filière et mon
collègue Larcher a déjà prévu 11 millions pour financer
les mesures de chômage partiel. Comme nous sommes
encore loin du compte, M. le Premier ministre nous a
demandé d'élaborer un plan d'ensemble pour
toute la filière, qui sera dévoilé en début de semaine
prochaine. Dans cette épreuve, le gouvernement, comme
la Haute Assemblée, se tient aux côtés des éleveurs.
(Applaudissements à droite et au
centre.)
| Haut de page |
| Actualités | Travaux Parlementaires | Vos Sénateurs | Europe et International | Connaître le Sénat |
| Recherche | Liste de diffusion | Contacts | Recrutement | Plan | Librairie | FAQ | Liens | Ameli |