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M. BARBIER. – Ces derniers mois, la grippe aviaire s'est faite plus rare dans l'actualité mais le virus n'a pas disparu et le risque d'une mutation chez l'homme existe toujours. En témoigne le premier cas de transmission entre humains, rapporté vendredi dernier par l'O.M.S. et qui a provoqué le décès de 7 personnes en Indonésie.
Ce développement, attendu et redouté par de nombreux experts des maladies infectieuses, doit être l'occasion de faire un bilan sur l'épizootie.
Quel est l'état de la recherche sur le virus H5N1 ? Ce virus a-t-il muté ?
Les avis sont contrastés. Certains experts estiment que c'est le cas et qu'une forte virulence annonce le début de la pandémie. L'O.M.S. relativise, évoquant un phénomène « limité et non prolongé ». Enfin, vous-même, monsieur le Ministre, avez parlé d'une « légère mutation ». Une analyse génétique approfondie de la souche en cause vient-elle confirmer l'une de ces hypothèses ?
La France est l'un des pays les mieux préparés à une éventuelle pandémie, selon la revue The Lancet.
Mais sans une coopération européenne et internationale étroite, notre plan de lutte sera inefficace : nos frontières ne nous protègent pas !
Nous devons aider financièrement les pays asiatiques et africains ; or, selon un expert de l'O.N.U. en Indonésie, les financements arrivent trop lentement. Que compte faire la France ?
Autre pandémie, bien réelle celle-ci, « la pandémie microbienne ». Les souches résistantes aux antibiotiques ont envahi la planète et surtout nos établissements de soins. Il y a quelques jours, une partie de l'hôpital Huriez à Lille et le service de réanimation de Châlon, ont été obligé d'interrompre leur activité.
La diffusion de ces bactéries a notamment pour origine un usage parfois inapproprié des antibiotiques pour certaines pathologies bénignes. Alors que notre collègue M. Vasselle vient de présenter un rapport sur les maladies nosocomiales, que préconise le gouvernement ?
Des pays industrialisés subissent la résistance microbienne souvent dues à un usage abusif d'antibiotiques, tandis que quatre milliards d'individus continuent de subir les méfaits d'agents pathogènes tels que le paludisme, la lèpre, le sida ou encore la tuberculose. Au pays de Pasteur, nous devons être plus vigilants en matière de prescription et plus solidaires sur l'accès aux médicaments des pays les plus pauvres ! (Applaudissements sur plusieurs bancs au centre et à droite.)
M. Xavier BERTRAND, ministre de la Santé. – Depuis vendredi, nous sommes confrontés à la première transmission de la grippe aviaire entre êtres humains. L'O.M.S. estime qu'il s'agit d'une légère mutation du virus, qui n'a pas trouvé la clé pour passer facilement d'un humain à l'autre ; voilà pourquoi nous ne sommes pas devant une pandémie, mais aussi pourquoi nous devons agir vite. En Indonésie d'abord, où nous devons maîtriser l'épizootie, premier facteur de transmission. Les moyens promis à Pékin en début d'année doivent arriver sur le terrain. La France s'est engagée à verser 26 millions d'euros ; d'une façon plus large il faut que la communauté internationale s'engage, au nom de la solidarité, mais aussi parce que protéger les autres aujourd'hui, c'est nous protéger demain. La France s'est engagée ; nous mobilisons notre dispositif de santé, il nous permettra de faire face au risque de pandémie.
Quant aux infections nosocomiales,
j'ai fait réaliser et publier le premier tableau de bord
portant sur tous les établissements français. Nous
publierons cette année tous les résultats, cela renforcera la
vigilance ! (Applaudissements au centre et à
droite.)
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