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La cyberdéfense : un enjeu mondial, une priorité nationale

Le sénateur Jean-Marie Bockel (UCR – Haut-Rhin), ancien secrétaire d'État à la Défense, a présenté aujourd’hui à la presse son rapport d’information sur la cyberdéfense, adopté la veille par la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.

Les attaques contre les systèmes d’information se sont multipliées en France et partout dans le monde. Avec le développement de l’Internet, les systèmes d’information sont désormais les véritables "centres nerveux" de nos sociétés, sans lesquels il serait quasiment impossible de fonctionner. Exposés aux nouvelles "armes informatiques", les systèmes français sont-ils suffisamment organisés et préparés pour faire face à une attaque informatique ?

"Aucun pays n’est aujourd’hui à l’abri des attaques informatiques"

Du cas de Bercy à la veille de la présidence française de l’Union européenne, aux cas d’AREVA, et même l’Elysée récemment : les attaques contre les systèmes d’information se sont multipliées en France. Les entreprises, les administrations ou les opérateurs d’importance vitale (énergie, transports…) sont victimes chaque jour d’attaques informatiques

"La France a pris conscience de la menace"          

"Jamais nous n’aurons de protection absolue, mais il faut améliorer la capacité de gérer la crise, la résilience. C’est une question d’hygiène.", a affirmé Jean-Marie Bockel.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne sont mieux protégés que la France face à une cyberattaque : ils disposent d’un budget plus conséquent et d’une meilleure organisation. "Nous ne sommes pas encore au niveau", a déclaré le rapporteur.

La France a toutefois réalisé d’importantes avancées. Plusieurs acteurs ont  été créés ou mobilisés sur la cyberdéfense, notamment l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), créée en 2009, ou le ministère de la défense et l’Etat, qui ont mis en place une stratégie nationale en 2011.

A l’échelle internationale, une faiblesse demeure avec le cas de l’Union européenne. Celle-ci a pourtant un rôle important à jouer car une grande partie des règles qui régissent les réseaux de communication électroniques relèvent de ses compétences. "Malheureusement, nous restons encore dans les balbutiements, quand la solidarité devrait être la règle", a déploré Jean-Marie Bockel. L’OTAN, quant à elle, a intégré le concept de cyberdéfense.

"C’est un moment stratégique pour agir" : les recommandations du rapport

A la veille de la rédaction du nouveau Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, le moment est stratégique pour mettre en avant les conclusions de ce rapport : il est important de débloquer davantage de budget sur cet enjeu politique, militaire et économique.

Jean-Marie Bockel met l’accent sur une campagne de sensibilisation auprès des entreprises et des administrations : "Il faut banaliser l’attaque car aujourd’hui, pour ne pas nuire à leur image, plusieurs entreprises cachent les cyberattaques dont elles ont été victimes. Cela pourrait pourtant faire progresser la recherche en cyberdéfense." Le rapport propose donc de rendre obligatoire une déclaration d’incident. "Je ne propose pas de sanction. Je souhaite simplement accélérer la prise de conscience."

La question de la Chine devrait enfin susciter quelques débats. Les Etats-Unis et l’Australie ont interdit les équipements d’origine chinoise pour leurs cœurs de réseaux. Selon Jean-Marie Bockel, la France pourrait bannir l’utilisation d’équipements chinois pour les infrastructures vitales car de nombreux routeurs et équipements de cœur de réseaux d’origine chinoise présenteraient un risque pour la sécurité nationale. Un système de labellisation est avancé par le rapport.

 

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