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La politique étrangère de la France en débat

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Jeudi 15 octobre 2015 à 16h15, le Sénat a débattu sur le thème "la politique étrangère de la France : quelle autonomie pour quelle ambition ?"

 

     

    

 Suivre le débat en séance publique (15 octobre 2015)

 

Jeudi 15 octobre 2015, les sénateurs ont débattu sur le thème "la politique étrangère de la France : quelle autonomie pour quelle ambition ?".

  • Voir la vidéo (à venir)

Vous pouvez revivre le débat grâce au module suivant :


Live Blog Débat politique étrangère du 15/10
 

 Comprendre les enjeux

 

Jeudi 15 octobre 2015, les sénateurs ont débattu de la politique étrangère de la France. Organisé à l'initiative de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, ce débat, dont l'intitulé est "Quelle autonomie pour quelle ambition ?", était à suivre en direct sur le site du Sénat et sur Twitter.

Pour nourrir ce débat, la commission des affaires étrangères a produit 3 rapports portant respectivement sur les relations franco-russes,  sur lIran et sur le climat :

- Rapport "France-Russie : pour éviter l’impasse"

Adopté par la commission des affaires étrangères le 7 octobre 2015, ce rapport a été co-rédigé par  Robert Del PICCHIA (Les Républicains - Français de l’étranger) et Josette DURRIEU (Socialiste et républicain - Hautes-Pyrénées). 

Analysant la dégradation des relations entre la Russie et les pays occidentaux, manifeste depuis la crise ukrainienne, mais amorcée depuis des années, du fait de la volonté de la Russie de réaffirmer son rôle sur la scène internationale, ce rapport fait le constat d’un échec de l’arrimage de la Russie à l’Europe et de son éloignement, aussi bien idéologique que géostratégique.

Considérant que l’absence de dialogue et la spirale de l’isolement de la Russie comportent, en outre, des risques pour la sécurité en Europe et la stabilité mondiale, la commission formule 3 préconisations :

  • se doter d’une stratégie globale à l’égard de la Russie ;
  • poursuivre les efforts dans le cadre du "format de Normandie" en vue de l’application des accords de Minsk tout en étant favorable à une levée partielle des sanctions ;
  • réengager la possibilité d’une politique commune avec la France comme initiatrice d’un nouveau dialogue paneuropéen avec la Russie sur les questions de sécurité et de développement économique.

Lire le communiqué de presse (9/10/2015)

 

- Rapport "L’Iran, le renouveau d’une puissance régionale ?"

Adopté par la commission des affaires étrangères le 7 octobre 2015, ce rapport a été co-rédigé par Jacques LEGENDRE (Les Républicains - Nord) et Daniel REINER (Socialiste et républicain - Meurthe-et-Moselle) à la veille de la visite du Président Rohani.

L’accord trouvé à Vienne le 14 juillet dernier sur le programme nucléaire iranien a changé la donne. Le rapport s’interroge sur la volonté et les moyens de l’Iran, dans l’avenir, de mettre en œuvre sa capacité d’influence au bénéfice de la résolution des crises au Proche et Moyen-Orient, en favorisant la stabilité régionale. Dans ce nouveau contexte, la relation franco-iranienne amorce sa restauration.

Le rapport avance des propositions concrètes visant à densifier le dialogue et les coopérations qu’il est indispensable pour la France d’entretenir avec l’Iran :

  • au plan politique : avec l’objectif de lutter contre le terrorisme et de favoriser le règlement des crises ;
  • au plan économique : en organisant plusieurs partenariats ;
  • au plan culturel : en relançant la coopération culturelle et scientifique entre les deux pays.

Lire le communiqué de presse (8/10/2015)

 

Rapport "Climat : vers un dérèglement géopolitique?"

Adopté à l’unanimité par la commission des affaires étrangères, ce rapport co-rédigé préparé par Cédric PERRIN (Les Républicains - Territoire de Belfort), Leila AÏCHI (Ecologiste - Paris) et Eliane GIRAUD (Socialiste et Républicain - Isère) porte sur l’élévation du niveau de la mer et l’évolution de la région arctique.

L’élévation du niveau de la mer coïncide avec une concentration croissante des populations sur les côtes. L’analyse fait ressortir la plus grande vulnérabilité des pays et des populations les plus pauvres. "La problématique des réfugiés climatiques sera massive", affirme Leila AÏCHI. Une augmentation du niveau marin de 50 cm entraînerait le déplacement de 72 millions de personnes. Le nombre de déplacés environnementaux pourrait atteindre 200 millions d’ici à 2050.

L’ouverture des routes maritimes du Nord fait de l’Arctique un enjeu international. "Le réchauffement, qui est deux fois plus rapide en Arctique qu’ailleurs, pourrait conduire à l’émergence d’un nouvel espace d’échanges et d’activités économiques" estime Cédric PERRIN.

Pour répondre à ces évolutions, le rapport suggère de mieux anticiper les risques et de prendre des mesures d’adaptation. La commission des affaires étrangères appelle à la mobilisation de tous les acteurs en vue de la réussite de la COP 21, pour que des décisions d’ampleur soient prises.

Lire le communiqué de presse (9/10/2015)

Trois questions au groupe de travail de la commission des affaires étrangères sur les conséquences géopolitiques du changement climatique.

 

Quelles seront les conséquences de l’élévation du niveau de la mer ?


Eliane GIRAUD (Socialiste et Républicain - Isère) : Le GIEC estime que d’ici à 2100, la température pourrait augmenter de 5°C et en conséquence le niveau moyen pourrait s’élever de 82 cm. Il ne faut pas prendre ces prévisions à la légère. D’autant qu’elles portent sur le niveau moyen. En termes de sécurité, ce sont les extrêmes qui doivent être appréciées en tenant compte des marées, de la houle et de l’augmentation probable en fréquence et en intensité des tempêtes et des ouragans.

Outre les risques de submersion, il faut considérer l’érosion des côtes, la salinisation des aquifères, les atteintes aux écosystèmes côtiers et les dommages causés aux infrastructures. Ces facteurs peuvent se combiner.

Ils accroissent la vulnérabilité des territoires et des populations qui se concentrent toujours plus sur les côtes. En 2035, 75% des habitants (6,5 milliards) vivront dans la grande zone côtière (150 km).

Il en résultera des dommages aux personnes et aux biens. Même en présence de mesures de protection, en 2080, 93 millions de personnes seraient touchées par une inondation. Selon une étude pour l’OCDE sur les 136 plus grandes villes côtières, en l’absence de mesures d’adaptation, les dommages pourraient atteindre 1000 milliards de dollars en 2050. Les pays pauvres et les populations les plus pauvres seront les plus vulnérables

Il en résultera des déplacements de populations. Selon le GIEC, une augmentation du niveau marin de 50 cm entraînerait le déplacement de 72 millions de personnes.  S’agissant de l’ensemble des déplacés environnementaux, ils pourraient, selon l’OIM, atteindre 200 millions d’ici à 2050.

Il en résultera des risques d’instabilité et de conflits. Le changement climatique mettra sous tension nos systèmes économiques, sociaux et politiques. Il est  "l’ultime multiplicateur de menaces.

 

Peut-on prévenir ces risques ou en réduire l’impact ?

Leila AÏCHI (Ecologiste - Paris) : Ces risques sont réductibles si des décisions ambitieuses en matière d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre sont prises. C’est tout l’enjeu de la COP21. 

Nous appelons à supprimer les aides aux projets liés à l’économie du carbone, en les réorientant vers les renouvelables et l’efficacité énergétique, mais aussi vers le soutien à la résilience des territoires et des populations face aux risques climatiques.
Il faudra protéger les populations par la mise en place d’infrastructures, en se défiant des "maladaptations", de mécanismes de gestion de crise et de politiques de prévention y compris, le cas échéant, des relocalisations. Nombre de pays n’auront pas les capacités nécessaires, il faudra qu’ils bénéficient de transferts de technologies et de l’aide internationale.

Nous appelons à la diffusion des technologies et à l’aide internationale dans ce but et au renforcement de la coopération internationale en matière de sécurité civile, mais aussi à la recherche et à l’innovation en Europe pour développer un secteur économique performant.

En outre, la communauté internationale ne pourra éluder longtemps la question des déplacements de populations. Elle aurait intérêt à anticiper ce risque pour limiter ces phénomènes en développant la résilience, en intervenant au plus tôt et au plus près en cas de crises, en aidant la réinstallation en priorité dans le pays d’origine, et si impossible, temporairement dans les pays frontaliers ou dans d’autres pays grâce à des mécanismes de répartition équitable et en organisant ces déplacements en sécurité et dans la dignité. 

Enfin, les conséquences du changement climatique doivent être prises en compte dans le secteur de la défense et être abordées de façon approfondie dans le prochain Livre blanc.

 

Quelles seront les conséquences dans l’Arctique ?


Cédric PERRIN (Les Républicains - Territoire de Belfort) : Depuis 1875, l’Arctique s’est réchauffé approximativement deux fois plus rapidement que la moyenne globale. Dans le cadre de notre mission, nous nous sommes rendus sur l’archipel du Svalbard, où les modifications de l’environnement sont considérables, du fait d’un recul important des glaciers et de la banquise, qui met en danger tout l’écosystème de cette région.

La fonte des glaciers du Groenland représenterait, à elle seule, une hausse moyenne du niveau des mers de 7 mètres. La disparition de la banquise, si elle n’entraîne pas d’augmentation du niveau de la mer, amplifie le réchauffement en réduisant la réflexion de l’énergie solaire par les surfaces blanches, qui sont remplacées par des surfaces sombres. La fonte du pergélisol, qui représente aujourd’hui 25 % des terres émergées de l’hémisphère nord, pourrait avoir des effets dramatiques en libérant dans l’atmosphère des quantités importantes de carbone, avec un effet d’emballement sur l’évolution du climat.

Au-delà des seules conséquences écologiques, le réchauffement de l’Arctique pourrait ouvrir les "routes du Nord", permettant de nouveaux passages entre l’Europe, l’Amérique et l’Asie avec des trajets ainsi réduits d’environ 7000 km. L’extension des terres arables pourrait susciter des convoitises, de la part de pays en manque de terres cultivables (Chine). La pêche, de même que l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures, deviendraient plus attractives. L’Arctique pourrait receler 22 % des réserves de gaz et de pétrole restant à découvrir. Mais des obstacles importants demeurent. Shell a récemment renoncé aux permis qui lui avaient été accordés par le gouvernement américain en Alaska. Les coûts d’extraction demeurent très élevés, plus de 100 $ le baril. En fonction de l’évolution des conditions économiques, technologiques et climatiques, des entreprises pourraient toutefois être encouragées, à l’avenir, à se lancer dans des projets arctiques, alors que la sécurité de ces projets pour l’homme et pour l’environnement est très incertaine.

Le réchauffement entraîne un regain d’intérêt mondial pour l’Arctique, avec le risque de remettre en cause les équilibres existants. Le statut des passages maritimes du Nord est contesté. Des différends sur les délimitations des plateaux continentaux demeurent. Des tensions sont possibles avec la Russie, dont l’Arctique serait la cause ou le prétexte. Par ailleurs, l’intérêt des pays asiatiques pour l’Arctique est manifeste. Dans ce contexte, la France et l’Union européenne doivent affirmer très clairement leurs politiques arctiques, dans le cadre de stratégies dédiées et, pour la France, dans la perspective du prochain Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale.

 En savoir plus

 

 

Photo © Sénat

Dernière mise à jour : 15/10/2015