Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée

Trois questions à André Gattolin auteur d'un rapport sur la Villa Médicis

Dernière mise à jour le 6 octobre 2016
Partager cet article :
  • sur Facebook
  • sur Twitter
  • sur Google Plus
  • sur LinkedIn

 

Jeudi 6 octobre 2016, André GATTOLIN a présenté à la presse les conclusions de son rapport d'évaluation budgétaire sur la Villa Médicis.

Retour en trois questions avec André GATTOLIN auteur du rapport.   

    

    

Trois questions à André GATTOLIN auteur du rapport d'évaluation budgétaire, fait au nom de la commission des finances, sur la Villa Médicis (6 octobre 2016)

 

  Que pensez-vous du fonctionnement et de la gestion de la Villa Médicis ?

L’Académie de France à Rome qu’on connaît mieux sous le nom de "Villa Médicis", est chargée de trois missions : elle doit à la fois accueillir des artistes et des chercheurs en résidence (c’est la mission "Colbert"), organiser des manifestations culturelles (mission " Malraux") et protéger le patrimoine dont elle est dépositaire (mission "Patrimoine").

Les travaux que j’ai menés m’ont conduit à constater que la pluralité de missions statutaires de l’Académie la conduit à s’engager dans de nombreux projets, parfois difficiles à concilier.

La gestion budgétaire est globalement satisfaisante. Certes, des dérives ont pu être constatées par le passé mais aujourd’hui, la gestion des ressources humaines et l’attribution de logements ont été normalisées.

 

  Selon vous, le statut des pensionnaires doit-il évoluer ?

Je suis convaincu que l’accueil d’artistes en résidence ne pourra être pérennisé que s’il est profondément rénové.

Il faut d’abord renforcer la lisibilité et l’équité des bourses en cessant de les calculer par référence au droit de la fonction publique : après tout, les pensionnaires ne sont pas des fonctionnaires ! La Villa doit également s’adapter à une création artistique de plus en plus collective, en prévoyant en amont le cas des binômes ou des collectifs d’artistes.

Je pense aussi qu’il est nécessaire de s’atteler à la définition d’un véritable statut juridique des pensionnaires pour mettre fin aux incertitudes particulièrement pénalisantes pour les pensionnaires étrangers.

 

  Quelles mesures permettraient-elles de mieux faire connaître les travaux des pensionnaires de la Villa Médicis ?

Je pense qu’il serait intéressant de recréer un Prix de Rome, qui n’existe plus depuis sa suppression par le ministre de la culture André Malraux en 1971. Ce prix serait attribué, sur décision d’un jury international d’artistes et de critiques d’art, à un ou plusieurs pensionnaires ou anciens pensionnaires artistes dans le cas où les travaux menés durant le séjour auraient abouti à la création d’une œuvre originale.

Il faudrait aussi organiser la tenue d’un rendez-vous régulier entre le public français et les pensionnaires des différentes résidences françaises d’artistes à l’étranger. C’est tout l’objectif du festival "Viva Villa !", dont la première édition a eu lieu cette année. Peut-être ce festival pourrait-il être pérennisé et itinérant, afin que les travaux des pensionnaires soient présentés dans différentes régions et non seulement à Paris.

Enfin, la création d’un espace interactif en ligne où les pensionnaires et le public pourraient échanger me paraît une piste intéressante.