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Trois questions à Vincent CAPO-CANELLAS auteur du rapport d'information "Pour une sûreté de l’aviation civile efficace et efficiente"

Dernière mise à jour le 8 novembre 2016
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Jeudi 13 octobre 2016, Vincent CAPO-CANELLAS, rapporteur spécial du budget annexe "Contrôle et exploitation aériens", a présenté à la presse son rapport d'information "Pour une sûreté de l'aviation civile efficace et efficiente", fait au nom de la commission des finances.

Retour en trois questions avec Vincent CAPO-CANELLAS auteur du rapport.   

    

    

 

Trois questions à Vincent CAPO-CANELLAS auteur du rapport d'information "Pour une sûreté de l'aviation civile efficace et efficiente" (13 octobre 2016)

 

  Comment analysez-vous les menaces qui pèsent aujourd’hui sur le transport aérien et la politique de sûreté de notre pays ?

Les tragédies à répétition qui ont frappé la France depuis janvier 2015 montrent que l’état de la menace est aujourd’hui extrêmement élevé. Or, le transport aérien, symbole de la mondialisation des échanges, constitue une cible de choix pour les terroristes, comme en témoignent les récents attentats de Bruxelles et d’Istanbul.

Les autorités chargées de la sûreté aérienne doivent faire face à des menaces classiques – armes à feu, explosifs, risques de complicités à l’intérieur des aéroports – dont le traitement connaît des évolutions. De nouveaux matériels (scanners de chaussures, scanners corporels, multiplexage) sont testés aux postes d’inspection filtrage pour améliorer la détection des objets illicites et fluidifier le parcours des passagers. L’installation d’une nouvelle génération d’appareils de détection des explosifs est imminente. Avec l’état d’urgence, la lutte contre la radicalisation des porteurs de badge donnant accès à la zone réservée des aéroports a été considérablement renforcée.

Mais il existe aussi de nouvelles menaces, dont il faut prendre toute la mesure. Celle qui focalise les attentions est aujourd’hui le risque d’attentats dans les aérogares.  Selon moi, il ne faut pas placer des portiques à leurs entrées, car ils engendreraient des files d’attente très vulnérables en cas d’attaques. Il faut s’appuyer sur un ensemble de dispositifs tels que l’analyse comportementale, la vidéoprotection, les patrouilles, les équipes cynophiles et des contrôles aléatoires. Mais il y a beaucoup d’autres menaces dont il convient de se prémunir, telles que les vols au départ de pays peu sûrs, les survols de zones de conflits, les missiles à courte portée, les drones ou bien encore les hackers.

 

  L’organisation des services de l’État vous paraît-elle à la hauteur de la menace ?

Globalement, la "défense en profondeur" mise en œuvre par les services de l’État fonctionne plutôt bien. Néanmoins, le dispositif présente, selon moi, quelques faiblesses, car les acteurs impliqués sont trop nombreux et leur coordination parfois difficile. C’est pourquoi je défends l’idée de la création d’une Agence de la sûreté du transport aérien, dotée d’une forte capacité d’analyse et de prospective, et d’une très grande réactivité.

 

  Le financement de la sûreté du transport aérien est-il satisfaisant ?

La sûreté dans les aéroports devrait représenter en 2016 un coût de 766 millions d’euros, soit 8,65 euros par passager. Si on y ajoute les dépenses de sûreté des compagnies aériennes et celles des services de l’État, on parvient à un coût par passager de 11,20 euros par passager en moyenne. C’est un montant élevé, et qui ne va faire qu’augmenter dans les années à venir puisque des investissements importants vont être réalisés.

Les dépenses des aéroports sont remboursées à l’euro près par la taxe d’aéroport, qui vient s’ajouter au prix des billets payés par les passagers. Mais, dans un contexte de concurrence exacerbée, les compagnies aériennes ont le plus grand mal à la répercuter sur les consommateurs, et ce prélèvement affecte leur compétitivité. Il pénalise également nos aéroports, plus chers en moyenne de 35 % que leurs homologues européens.

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Photo © doug Olson Fotolia.com