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Trois questions à Catherine GÉNISSON sur l'égalité salariale entre les femmes et les hommes

Dernière mise à jour le 7 novembre 2016
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Lundi 7 novembre 2016, à 16h34, les Françaises étaient invitées par le collectif Les Glorieuses à s'arrêter de travailler. D'après les calculs du collectif, les femmes travailleront bénévolement à partir de cette date et heure, du fait des inégalités salariales.

Retour en trois questions avec Catherine GÉNISSON, sénatrice et auteur de la loi du 9 mai 2001 relative à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

    

    

 

Trois questions à Catherine GENISSON, auteur de la loi du 9 mai 2001 relative à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (7 novembre 2016)

 

  Aujourd'hui, le 7 novembre à 16h34, les Françaises sont invitées par le collectif Les Glorieuses à s'arrêter de travailler. D'après les calculs du collectif, les femmes travailleront bénévolement à partir de cette date et heure, du fait des inégalités salariales. Comment réagissez-vous ?

C’est une belle initiative car il est important de "créer l’événement", mais je connais aussi la responsabilité des femmes qui ne vont pas s'arrêter de travailler jusqu’à la fin de l'année.

C’est avant tout une initiative intéressante qui permet d’illustrer de façon très concrète les inégalités professionnelles qui continuent de perdurer à la fois en écart de revenus, mais aussi en termes d’inégalités professionnelles qui se construisent depuis le plus jeune âge.

On peut évoquer notamment les inégalités des filières professionnelles avec un manque de mixité dans certains domaines, et l'absence de parité dans les instances dirigeantes, un manque persistant dans le partage des responsabilités (éducation des enfants en particulier).

Sur l'ensemble des inégalités entre les femmes et les hommes, l'inégalité salariale demeure le critère le plus objectif à quantifier, mais les écarts de revenus sont en fait la résultante de l'ensemble des causes de l'inégalité professionnelle.

 

  Où en est la France en matière d'égalité salariale ?

 

L'inégalité salariale se traduit encore aujourd'hui par un écart moyen de 19 % d'’inégalité salariale malgré une mobilisation des politiques pour traiter cette question, quand on évoque 13 textes législatifs depuis 1965.

Si malheureusement encore aujourd'hui seulement 29 % des ingénieurs sont des femmes, la mobilisation a été effective à droite comme à gauche.

Signalons en particulier la loi ROUDY de 1983, élément législatif fondateur dans la mise en place de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Depuis cette date, différents textes législatifs sont venus apporter des améliorations sur cette question sensible qui demeure un véritable combat quotidien, notamment la loi de 2001 sur laquelle je me suis fortement investie.

Puis en 2011, je tiens à saluer Marie-Jo ZIMMERMANN qui fut une active Présidente de la délégation aux droits des femmes à l'Assemblée Nationale, la loi COPE-ZIMMERMANN relative à la représentation des femmes et des hommes au sein des Conseils d'Administration des grandes entreprises, suivie en 2012, de la loi SAUVADET concernant la parité au sein de la haute fonction publique.

Depuis 2012, je veux saluer l’engagement permanent du Président de la République et du Gouvernement sur le sujet de l’égalité réelle des femmes et des hommes avec la mise en place de 3 textes législatifs : la loi d'août 2014 relative à "l'égalité réelle", l'intégration dans le code du travail de la notion d'agissement sexiste en 2015, ainsi que le premier plan interministériel pluriannuel - 2016-2020 - en faveur de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Très attachée au sujet de l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, en particulier quand on considère la sphère professionnelle, j'ai eu plaisir à accompagner l'action de Pascale BOISTARD quand elle était Secrétaire d'État des Droits des Femmes, puis celle de Laurence ROSSIGNOL, actuelle ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des Femmes, pour la mise en place concrète d'avancées devant mettre fin aux discriminations structurelles en matière d’emploi, notamment dans la lutte contre les stéréotypes sexistes (importance en particulier d’un traitement égalitaire des jeunes femmes et hommes au niveau de l’éducation nationale, comme l’égalité d'accès aux filières scientifiques entre autres), une amélioration de l'insertion professionnelle des femmes ainsi que de la mixité des filières, une évolution du partage des responsabilités familiales ainsi qu'une meilleure articulation des temps de vie.

J'attache une importance particulière à la lutte contre toutes les violences faites aux femmes sur leur lieu de travail.

 

  Quels sont les travaux du Sénat sur ce sujet ? 

 

J'apprécie beaucoup de travailler avec mes collègues femmes et hommes, et les deux présidentes - la Sénatrice Brigitte GONTHIER-MAURIN et aujourd'hui Chantal JOUANNO - qui ont souhaité faire de la question de l'égalité réelle en matière professionnelle un sujet permanent de la délégation aux droits des femmes (active dans l’examen de la loi à l'égalité professionnelle du 19 janvier 2012, sur la redéfinition légale du harcèlement sexuel et très impliquée dans les actions à mener sur les violences faites aux femmes).

La délégation a été présente lors des débats en séance publique, elle a organisé de nombreuses auditions et effectué différentes missions de terrain, ainsi qu'une réflexion à l'échelle internationale avec Brigitte GONTHIER-MAURIN qui a reçu une dizaine de personnalités de délégations étrangères.

Cette volonté infaillible a d'ailleurs permis l'écriture de 26 recommandations qui définissent à la fois un cahier des charges pour la définition des délits, le développement de politiques d'information et de prévention, ainsi que des recommandations plus spécifiques à certains secteurs d'activités comme le monde associatif, l'enseignement supérieur, la culture et le monde sportif.

 

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