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Les drones dans les forces armées

Dernière mise à jour le 29 mai 2017
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Mardi 23 mai 2017, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées a adopté le rapport du groupe de travail composé de Cédric PERRIN et Gilbert ROGER (co-présidents) et Jean-Marie BOCKEL et Raymond VALL, intitulé : "Drones d’observation et drones armés : un enjeu de souveraineté".

Retour en trois questions avec les auteurs de ce rapport.

Trois questions aux auteurs du rapport d'information "Drones d'observation et drones armés : un enjeu de souveraineté" (29 mai 2017)

 

Pourquoi les drones militaires sont-ils devenus si importants pour les armées ?

 

Ils sont aujourd’hui au cœur de tous les dispositifs opérationnels de la France dans la lutte contre les groupes armés terroristes sur l’ensemble de la bande sahélo-saharienne. Leurs capacités d’endurance en vol les rend particulièrement adaptés contre un ennemi non-étatique, fugace, qui nécessite d’excellentes performances de renseignement. Les drones tactiques permettent aussi de protéger les troupes au sol en améliorant considérablement leurs capacités de reconnaissance.

Les drones militaires se développent rapidement dans de multiples directions et ils apporteront dans l’avenir des contributions à l’efficacité de nos armées dans de nombreux autres domaines. Ainsi, la marine nationale devrait à terme disposer de drones d’observation mais aussi de drones sous-marins pour la "guerre des mines".

 

Pourquoi préconiser d’armer les drones MALE ?

En réalité, les drones sont déjà extrêmement présents dans la "boucle décisionnelle" des frappes aériennes, procédant à des guidages d’armement au profit des avions de combat. Les armer constituerait une étape logique supplémentaire, afin de tirer pleinement partie de leur potentiel. Ils pourraient ainsi dans certains cas faire économiser un temps précieux pour neutraliser une cible très mobile ou dégager des troupes d’une embuscade. D’ailleurs, de nombreux pays disposent déjà de drones armés, y compris en Europe.

Un débat à ce sujet est légitime, afin de clarifier tous les enjeux. Il est notamment essentiel de bien distinguer les drones, engins pilotés, des armes autonomes ou robots, et de rappeler que leur utilisation armée se ferait dans le respect du droit international des conflits et des règles d’engagement de la force actuellement appliquées par la France.

 

Comment accélérer la montée en puissance des drones dans nos armées ? Devons-nous produire un drone MALE français ?

 

L’essor des drones implique des échanges approfondis entre tous les maillons du cycle d’engagement de la force : le renseignement et ses exigences doivent être acculturés à tous les niveaux. Les moyens techniques, de formation et d’entraînement nécessaires doivent être débloqués. Il faut aussi valoriser le travail des opérateurs de drones, dont le rôle est désormais essentiel.

Autre constat : sur les drones MALE, la France et l’Europe sont en retard. Une impulsion forte est donc désormais nécessaire en faveur des filières européennes de drones, qui sont un sujet majeur pour l’Europe de la défense et une condition de son indépendance.

Les travaux du groupe de travail sur les drones dans les forces armées

 

Adoption du rapport en commission (23 mai 2017)

Mardi 23 mai 2017, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées a adopté le rapport du groupe de travail composé de Cédric PERRIN et Gilbert ROGER (co-présidents) et Jean-Marie BOCKEL et Raymond VALL, intitulé : "Drones d’observation et drones armés : un enjeu de souveraineté".

 

Déplacement aux États-Unis du groupe de travail sur les drones (du 20 au 24 mars 2017)


Du 20 au 24 mars 2017, dans le cadre du groupe de travail sur les drones dans les forces armées, Cédric PERRIN, Gilbert ROGER et Jean-Marie BOCKEL se sont rendus aux États-Unis afin d'y étudier les enjeux stratégiques, juridiques et industriels de l'usage des drones militaires.

  Comprendre les enjeux

 

Le mardi 23 mai 2017, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées a adopté le rapport du groupe de travail composé de Cédric PERRIN et Gilbert ROGER (co-présidents) et  Jean-Marie BOCKEL et Raymond VALL, intitulé : "Drones d’observation et drones armés : un enjeu de souveraineté".

Les drones militaires étant aujourd’hui une composante essentielle de très nombreuses opérations, en particulier celles menées contre des groupes terroristes dans certains pays d’Asie centrale, d’Afrique ou du Moyen-Orient, ce rapport examine la situation des armées françaises dans ce domaine.

Actuellement, dans le cas français, les armées de terre et de l’air ainsi que les forces spéciales mettent en œuvre plusieurs types de drones.  Les capacités dans ce domaine devraient en outre augmenter à moyen terme grâce à plusieurs projets prometteurs, notamment au profit de la marine. Cependant, les besoins en drones MALE n’ont été satisfaits que tardivement par l’acquisition en 2013 de drones "Reaper" américains. Ce choix, fait dans un contexte d’urgence mais après plusieurs années d’atermoiements, était sans doute le seul possible.

 

Selon les auteurs du rapport, il a toutefois pour inconvénients une perte d’indépendance de nos forces et l’absence de mise en place d’une filière industrielle française ou européenne. Dès lors, la commission a estimé que les projets européens actuellement en cours devaient être soutenus avec détermination.

Par ailleurs, les drones français ne sont pas armés, contrairement à ceux qu’utilisent de nombreux États. Le rapport du groupe de travail montre que les forces françaises sont ainsi privées de l’utilisation pleine et entière du potentiel des drones MALE, davantage en raison d’une certaine confusion au sujet de l’utilisation possible de ces drones que de la réalité de ce que serait leur mise en œuvre par les armées françaises.

Enfin, le rapport du groupe de travail souligne les progrès qui restent à faire pour que les drones militaires puissent davantage évoluer dans le ciel français, au bénéfice de l’entrainement des pilotes comme de la coopération avec les forces de sécurité intérieure.

En savoir plus :

Photo © Wikipedia Drone MQ-9 Reaper US Air Force by Master Sgt Robert W Valenca