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Réforme des rythmes scolaires

Dernière mise à jour le 8 juin 2017
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Jeudi 8 juin 2017, Jean-Claude CARLE, Thierry FOUCAUD, Mireille JOUVE et Gérard LONGUET ont présenté à la presse les conclusions du rapport du groupe de travail sur la réforme des rythmes scolaires.

 

 

 

Conférence de presse (8 juin 2017)

 

Jeudi 8 juin 2017, Jean-Claude CARLE, Thierry FOUCAUD, Mireille JOUVE et Gérard LONGUET ont présenté à la presse les conclusions du rapport du groupe de travail sur la réforme des rythmes scolaires, fait au nom de la commission de la culture, présidée par Catherine MORIN-DESAILLY, et de la commission des finances, présidée par Michèle ANDRÉ.

 

À l’initiative du président du Sénat, Gérard LARCHER, et de leurs présidentes, Catherine MORIN-DESAILLY et Michèle ANDRÉ, la commission de la culture, de l’éducation et de la communication et la commission des finances du Sénat ont chargé quatre de leurs membres d’établir un bilan complet de la réforme des rythmes scolaires, après trois années de mise en œuvre.

Après six mois de travaux, le groupe de travail présente ses conclusions et ses recommandations le 8 juin 2017.

 
 

Trois questions à Jean-Claude CARLE, co-rapporteur du groupe de travail sur la réforme des rythmes scolaires* (8 juin 2017)

 

Pourquoi la réforme des rythmes scolaires a-t-elle été mise en œuvre et en quoi consiste-t-elle ?

Décidée en janvier 2013, la réforme des rythmes scolaires prévoit le retour d’une semaine scolaire de quatre jours et demi de classe à l’école primaire à compter de la rentrée 2013 pour les communes volontaires avant d’être étendue à l’ensemble des communes à la rentrée 2014.

Il s’agissait de revenir sur la généralisation en 2008 de la semaine de quatre jours par la suppression de l’école le samedi matin. Cela avait conduit à une concentration du temps d’enseignement jugée préjudiciable pour la qualité des apprentissages. De plus, la semaine de quatre jours aboutissait à une fatigue accrue des élèves et des enseignants, à une distension du lien entre l’école et les parents d’élèves ainsi qu’à un accroissement des inégalités liées à l’emploi du temps libre des enfants. La comparaison avec les autres pays d’Europe mettait en évidence la situation paradoxale de la France : un nombre d’heures d’enseignement parmi les plus élevés  (864 heures annuelles) réparties sur le plus petit nombre de jours (144) et de semaines ; cette situation n’était assurément pas la plus favorable à la réussite scolaire des enfants.

En 2010 et en 2011, un grand nombre d’intervenants ont prôné la fin de la semaine de quatre jours : les signataires de l’appel de Bobigny (FCPE, principaux syndicats d’enseignants, associations d’élus, mouvements d’éducation populaire), l’Académie nationale de médecine, la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, l’Institut Montaigne et la conférence nationale sur les rythmes scolaires.

 

Quel bilan tirer de la réforme des rythmes scolaires ?

 

La réforme a assurément souffert d’un problème de méthode : le Gouvernement a souhaité imposer un cadre rigide et uniforme, sans évaluation, dans des délais très serrés et avec un accompagnement limité. Il faudra en tirer toutes les leçons pour l’avenir s’agissant du pilotage du système éducatif.

Si des aménagements ont été concédés au fur et à mesure du déploiement de la réforme, celle-ci s’est néanmoins traduite par des difficultés de mise en œuvre et de financement qui perdurent. La réforme a cependant eu le mérite de mettre l’ensemble des acteurs de la communauté éducative (services de l’éducation nationale, enseignants, élus locaux, parents d’élèves, animateurs) autour de la table. Nous avons pu observer que, lorsqu’au niveau local, une véritable réflexion avait eu lieu, ces difficultés ont pu être surmontées et des organisations du temps scolaire originales et appréciées ont pu être mises en place.

En l’absence d’évaluation scientifique, il est difficile de juger si la réforme a atteint son principal objectif, à savoir faciliter les apprentissages des élèves. Il ressort toutefois des travaux que nous avons conduits un ressenti majoritairement positif du point de vue des apprentissages en élémentaire, plus nuancé voire négatif en maternelle. En revanche, l’accroissement de la fatigue des élèves est fréquemment mis en avant. Il doit cependant s’analyser avec précaution et au regard de différents facteurs : empilement des activités, temps de sommeil réduits, etc.

 

Faut-il ainsi donner le choix de revenir à une semaine de quatre jours ?

Les déboires de la réforme ne doivent pas faire oublier la raison pour laquelle elle a été mise en œuvre : la concentration sans pareil du temps scolaire qu’induit la semaine de quatre jours est néfaste pour les apprentissages, en particulier pour les enfants les plus fragiles. Sans faire abstraction des questions financières et organisationnelles, l’intérêt des enfants doit demeurer au centre de la réflexion.

Il ne nous paraît ainsi pas souhaitable de revenir au statu quo ante. C’est pourtant ce qui risque de se produire si le Gouvernement, comme il l’a annoncé, permet de revenir à une semaine de quatre jours, sans fixer un cadre strict, et supprime les aides de l’État en faveur des communes qui conserveront une semaine de quatre jours et demi. Nous espérons le faire infléchir sur ces points.

Surtout, il faut en finir avec le stop and go, à savoir défaire aujourd’hui ce qui a été fait la veille. Les communes, les enseignants et les parents d’élèves ont besoin de stabilité ; il ne faut pas se précipiter, au risque de reproduire les erreurs de la réforme de 2013. De plus, les politiques éducatives doivent être fondées sur des constats scientifiquement validés, c’est pourquoi il nous paraît urgent de mener une évaluation scientifique des différentes organisations du temps scolaire. Enfin, il convient d’élargir la réflexion au calendrier scolaire afin de mieux répartir les temps d’apprentissage sur l’année.

 

*Sont également rapporteurs du groupe de travail : Mireille JOUVE au titre de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication et Thierry FOUCAUD et Gérard LONGUET au titre de la commission des finances.

 

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Photo © Wikimedia / cc / Marianna