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Union européenne et Russie

Dernière mise à jour le 9 juin 2017
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Mercredi 7 juin 2017, Simon SUTOUR et Yves POZZO di BORGO ont présenté à la presse leur rapport d'information "Union européenne-Russie : une confiance à reconstruire".

Retour en 3 questions avec les auteurs de ce rapport.

 

 

 

 

Trois questions aux auteurs du rapport "Union européenne-Russie : une confiance à reconstruire" (7 juin 2017)

 

Quel était le but de la mission ?

 

Faire le point sur les relations politiques et économiques entre l’Union européenne et la Russie dans la situation de crise qui dure depuis 3 ans maintenant. Notre Commission des affaires européennes suit d’ailleurs ce sujet régulièrement depuis plusieurs années et a déjà publié quatre rapports, en 2007, 2011, 2013 et 2015.

Il faut rappeler qu’en mars 2014, après le changement de pouvoir en Ukraine, dû au refus en novembre 2013 du gouvernement ukrainien de signer l’accord d’association avec l’Union européenne, la Russie a annexé la Crimée, puis contribué à provoquer à l’est du pays une escalade militaire qui déstabilise la région russophone du Donbass.

En réaction à cette violation des règles du droit international, l’Union européenne a décidé des sanctions ciblées, diplomatiques et économiques, contre la Russie. Ces sanctions ne seront levées que si les accords de Minsk sont appliqués intégralement. De son côté, la Russie a décidé de bloquer les importations de plusieurs produits agricoles et agroalimentaires européens,. Ces sanctions ont bien sûr un impact de part et d’autre. Pour autant les accords de Minsk, qui demandent aux deux parties, Ukraine et Russie, des engagements juridiques et militaires essentiels, ne sont pas appliqués. En trois ans, quelque 10 000 morts et 2 millions de déplacés sont à déplorer.

 

La relation entre la Russie et l’Union européenne est donc stratégique, pour quelles raisons ?

La Russie et l’Union européenne sont deux puissances voisines. Elles ont d’abord une forte complémentarité économique : l’Union européenne est le 1er partenaire commercial de la Russie, celle ci est le 4ème client de l’Union. En matière énergétique, l’Union européenne reçoit 30 % de son gaz et 40 % de son pétrole de la Russie. Politiquement  ensuite, la coopération est indispensable. Depuis la suspension du cadre de coopération que représentait le partenariat stratégique, créé en 1997, l’Union européenne dialogue bien sûr ponctuellement avec la Russie sur certains domaines d’intérêt commun. Il faut aller au-delà. D’ailleurs, sur le dossier du nucléaire iranien, la lutte contre le terrorisme, la condamnation des essais nucléaires nord-coréens, l’implication de la Russie aux côtés de l’Union ou de ses États membres a été et reste essentielle. Sur la Syrie les positions divergent encore beaucoup mais là aussi un dialogue doit s’instaurer.

Aujourd’hui la crise a installé entre ces deux partenaires la méfiance, la crainte, le soupçon : ce n’est bon ni pour chacun d’eux ni pour progresser vers la désescalade en Ukraine orientale.

 

Alors que faire ? Que proposez-vous ?

 

Il faut bien sûr appliquer les accords de Minsk. La France et l’Allemagne ont joué un rôle positif essentiel pour que ces accords existent et les deux pays, au nom de l’Union européenne, s’efforcent de les faire vivre dans le cadre de ce qu’on appelle le format « Normandie ». Cette instance réunit le Président français, la Chancelière allemande ainsi que les deux Présidents russe et ukrainien. Il faut cependant que les deux parties fassent preuve de bonne volonté. Or chacun attend que l’autre avance le premier et la mise en œuvre des accords est bloquée.

Notre proposition demeure celle arrêtée par le Sénat dans sa résolution européenne du 8 juin 2016. Celle-ci proposait une mise en œuvre progressive des accords avec, en regard, une levée graduelle des sanctions. Car la logique du tout ou rien – tous les accords tout de suite ou toutes les sanctions indéfiniment – ne mène nulle part aujourd’hui.

Nous proposons également que l’Union européenne développe des liens avec l’Union économique eurasiatique – union douanière qui regroupe des pays d’Asie centrale et la Russie. Cela correspond à une stratégie d’influence économique de l’Union dans cette région et l’Arménie, qui est l’un des pays de l’Union économique eurasiatique, vient de conclure un accord d’association avec l’Union européenne. Il n’y a donc pas pour ces pays une obligation de choisir entre l’Europe ou la Russie, la coopération est possible. Cette option n’avait pas été, en son temps, offerte à l’Ukraine.

Enfin il faut accroître les échanges entre les sociétés russe et européenne, les relations entre sociétés civiles. Nous proposons donc de relancer les négociations sur l’exemption des visas de court séjour pour les citoyens russes. C’est l’un des 5 principes directeurs de l’Union européenne dans ses relations avec la Russie, il peut aussi contribuer à restaurer la confiance.

Conférence de presse (7 juin 2017)

 

Mercredi 7 juin 2017, Simon SUTOUR et Yves POZZO di BORGO ont présenté à la presse leur rapport d'information "Union-européenne-Russie : une confiance à reconstruire", fait au nom de la commission des affaires européennes, présidée par Jean BIZET.

 

  Comprendre les enjeux


Longtemps placées sous le signe d’un partenariat stratégique, les relations entre l’Union européenne et la Russie sont aujourd’hui gelées. À l’origine de la suspension du dialogue, l’annexion de la Crimée en 2014, contraire au droit international, et le rôle de la Russie dans la situation de guerre localisée qui touche depuis trois ans la partie orientale de l’Ukraine et sa frontière avec la Fédération.

À l’instar d’autres puissances, l’Union européenne a rapidement décidé plusieurs types de sanctions - diplomatiques, individuelles, économiques et financières - à l’encontre de la Russie. Une grande partie d’entre elles sont conditionnées à la mise en œuvre complète des accords de Minsk, conclus le 12 février 2015 sous le parrainage de la France et de l’Allemagne, avec la Russie et l’Ukraine. Ces accords demandent à chacune des deux parties de mettre en œuvre, outre un cessez-le-feu durable, des mesures de désescalade militaire à la frontière orientale de l’Ukraine. Celle-ci doit par ailleurs engager notamment des réformes constitutionnelles de décentralisation au profit des régions de Louhansk et de Donetsk.

Quel est l’impact, sur la Russie, des "mesures restrictives" décidées par l’Union ?

Quel est l’effet des "contre-sanctions" décidées par la Russie sur l’importation de plusieurs produits agro‑alimentaires de l’Union européenne ?

Quelles voies peut-on explorer pour sortir le processus de Minsk de sa paralysie actuelle et recréer, entre les partenaires et voisins que sont l’Union européenne et la Russie, un dialogue constructif dans l’intérêt de toutes les parties?