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Rapport d'information sur la situation des urgences hospitalières, en liaison avec l'organisation de la permanence des soins

Dernière mise à jour le 12 septembre 2017
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Mercredi 26 juillet 2017, Laurence COHEN, Catherine GÉNISSON et René-Paul SAVARY ont présenté leur rapport d'information sur  la situation des urgences hospitalières, en liaison avec l'organisation de la permanence des soins, devant la commission des affaires sociales.

Retour en 3 questions avec les auteurs du rapport

 

Trois questions à Laurence COHEN, Catherine GÉNISSON et René-Paul SAVARY, auteurs du rapport d'information sur la situation des urgences hospitalières, en liaison avec l'organisation de la permanence des soins (12 septembre 2017)

 

Les services d’urgences offrent-ils une prise en charge satisfaisante des patients ?

 

Nos travaux nous ont permis de constater la grande qualité du service public des urgences, objectivée d’ailleurs par les résultats de la certification des établissements de santé effectuée par la Haute Autorité de santé (HAS). Ces bons résultats sont avant tout rendus possibles par l’investissement exceptionnel des équipes exerçant au sein de ses services : en dépit des défis colossaux auxquels font face les urgences, elles continuent à assurer une prise en charge de pointe.

L’ampleur de ces défis offre cependant un sérieux motif d’inquiétude pour l’avenir. Face à l’accroissement continu de la fréquentation des urgences, face également à l’évolution des des missions de facto assurées (de moins en moins centrées sur l’urgence grave, avec une coloration sociale de plus en plus forte), les services d’urgences pourront-ils continuer encore longtemps d’assurer leur mission ? S’ils ont jusqu’ici fait preuve d’une forte résilience, il est permis de s’interroger sur la soutenabilité à moyen terme de notre modèle de prise en charge des urgences.

 

 Comment expliquez-vous l’accumulation de ces difficultés ?

Selon nous, ces difficultés résultent moins de l’organisation propre des services d’urgences que de leur positionnement original, au confluent des carences de la médecine de ville en amont et des rigidités hospitalières en aval. C’est pourquoi les services d’urgences doivent être regardés non comme un point d’entrée défaillant dans le système de soins, mais comme un miroir grossissant des dysfonctionnements de l’ensemble de notre système de santé.

La médecine de ville, en premier lieu, semble de moins en moins prendre sa part des soins non programmés, du fait à la fois de l’évolution des modes d’exercice des professionnels et de leur désengagement de la permanence des soins ambulatoires (PDSA). Il en résulte que le périmètre de compétence des services d’urgences se trouve a priori illimité : en pratique, ils prennent en charge l’ensemble des soins que la médecine de ville ne peut ou ne veut plus assurer.

En second lieu, c’est la place des urgences au sein des établissements hospitaliers qui pose problème, ces services étant souvent considérés comme des services "à part" dans les établissements de santé. En pratique, il en résulte un certain isolement des urgences au sein de l’hôpital, et surtout un manque important de communication avec les services spécialisés, ce qui complique la gestion du devenir des patients en aval des urgences. A ces difficultés s’ajoutent des difficultés organisationnelles majeures, résultant notamment des politiques de fermeture des lits dans les services de médecine et de chirurgie générales, seuls adaptés à certains profils de patients.

 

Vous semble-t-il possible de remédier à ces difficultés au cours des prochaines années ?

 

Il n’existe malheureusement  pas de solution miracle pour refonder notre système d’accueil des urgences. Tout comme les problèmes rencontrés par les équipes, les solutions qui peuvent y être apportées sont multifactorielles, et dépendent bien souvent également des structures, des organisations et des personnes.

En outre, la réforme des urgences renvoie in fine à des choix majeurs d’organisation et de structuration de notre système de santé, qui devront être effectués au cours des prochaines années. Considérant que cet aspect excédait le champ de nos travaux, nous avons privilégié une approche de terrain, dans le but de proposer vingt solutions concrètes, ancrées dans l’exercice quotidien des personnels, et dont la mise en œuvre est possible à court terme. Ces propositions pragmatiques insistent en particulier sur le caractère crucial des solutions d’aval.

Elles portent à la fois sur la généralisation des bonnes pratiques relevées dans certains services (mise en place de circuits courts de prise en charge, généralisation du recours à des gestionnaires de lits), sur l’évolution de la tarification hospitalière (mise en place d’un mode de financement incitant les services d’urgences à se recentrer sur les situations les plus graves), sur une amélioration des conditions de travail des équipes (meilleure prise en compte de la fonction d’accueil des soignants, création d’une spécialité d’infirmier urgentiste), sur le développement des possibilités de prise en charge non programmée sans avance de frais en ville (renforcement des centres de santé, élargissement des horaires de la PDSA, meilleure valorisation des visites à domicile), et enfin sur le renforcement de la qualité de la régulation médicale (abandon du numéro 116 117, encadrement renforcé de la fonction d’assistant de régulation médicale).

Les travaux de la commission des affaires sociales

 

Mercredi 26 juillet 2017, Laurence COHEN, Catherine GÉNISSON et René-Paul SAVARY ont présenté leur rapport d'information sur la situation des urgences hospitalières, en liaison avec l'organisation de la permanence des soins, devant la commission des affaires sociales.