Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée

Évolution de la situation en Libye

Dernière mise à jour le 12 juillet 2018
Partager cet article :
  • sur Facebook
  • sur Twitter
  • sur Google Plus
  • sur LinkedIn

Mardi 10 juillet 2018, Cédric PERRIN et Rachel MAZUIR, ont présenté à la presse les conclusions de leur rapport d'information sur l'évolution de la situation en Libye, fait au nom de la commission des affaires étrangères présidée par Christian CAMBON.

Retour en 3 questions avec les auteurs du rapport

 

 

 

Trois questions à Cédric PERRIN et Rachel MAZUIR sur le rapport sur la situation de la Libye "Entre sortie de crise et statu quo" (12 juillet 2018)

 

 Pourquoi la Libye reste-t-elle un sujet de préoccupation pour la communauté internationale ?

 

Après la guerre civile de 2011, la société libyenne s’est fragmentée et militarisée. Groupes politiques et milices armées associées restent dans une logique de rapport de force.  L’économie fondée sur l’exploitation des hydrocarbures s’est dégradée, la population s’appauvrit, les trafics se développent. La Libye est devenue une "économie de la prédation". L’État ne s’est pas reconstruit, créant une situation de vacuité propice au développement de menaces pour les voisins, y compris en Europe avec l’implantation de groupes terroristes et la réouverture d’une voie de migrations massives en Méditerranée centrale. La situation s’est améliorée depuis 2017 mais elle reste très fragile.

 

Pourquoi le processus de réconciliation politique n’avance-t-il pas ?

 

L’accord politique libyen de Skhirat de 2015 s’est enlisé. En septembre 2017, le nouveau représentant spécial  des Nations unies, Ghassan Salamé a présenté un plan d’action avec pour ambition de finaliser la transition politique d’ici la fin 2018.

Certains signaux invitent à l’optimisme : intérêt des Libyens pour le processus de conférence nationale, inscriptions sur les listes électorales, relance du dialogue entre les parties. La réunion à Paris du 29 mai dernier s’est conclue par un accord sur un calendrier prévoyant des élections en décembre 2018.

Mais les freins restent nombreux. La défiance demeure. Tous les prétextes sont bons pour retarder la mise en œuvre du processus  De façon plus apparente, la lutte pour la redistribution des ressources économiques, issues à 90% de l’exportation des hydrocarbures, devient un point crucial. Nombre d’acteurs craignent de perdre leurs pouvoirs politiques et les avantages économiques qui en découlent. Conquête et préservation du pouvoir peuvent être lues en ces termes. C’est l’une des difficultés pour faire avancer le processus de réconciliation.

 

Comment réduire ces flux de migrations massives dans le contexte politique actuel ?

 

On ne peut plus parler exactement de flux massifs en 2018 car l’ensemble des mesures prises depuis 2015 au plan européen (renforcement des frontières européennes, coopérations avec les pays d’origine et de transit), combinées à des initiatives bilatérales comme celles de l’Italie en Libye (soutien des garde-côtes libyens, négociations avec certaines milices impliquées dans le trafic de migrants, développement économique et capacitaire), produisent leurs effets. Le nombre de migrants ayant emprunté la route de Méditerranée centrale est ainsi passé de 181 000 en 2016 à 119 000 en 2017 et la tendance se poursuit en 2018, avec une diminution des flux de 77% sur les six premiers mois par rapport à l’année dernière.

La pression migratoire n’en reste pas moins forte compte tenu des fortes aspirations à la migration vers l’Europe, notamment depuis l’Afrique. Il faut donc poursuivre les mesures engagées. En Libye, la priorité est de consolider l’État et de favoriser l’émergence de sources de revenus alternatives au trafic de migrants. Plus largement, il faut continuer à coopérer avec les pays d’origine et de transit en termes de gestion des frontières (y compris en ce qui concerne la réadmission des déboutés du droit d’asile) et de lutte contre les réseaux de passeurs, mais aussi favoriser le développement et la création d’activités dans les pays d’origine, afin de proposer à leurs ressortissants, notamment les plus jeunes, d’autres perspectives que la migration.

Conférence de presse (10 juillet 2018)

 

Mardi 10 juillet 2018, Cédric PERRIN et Rachel MAZUIR, ont présenté à la presse les conclusions de leur rapport d'information sur l'évolution de la situation en Libye, fait au nom de la commission des affaires étrangères présidée par Christian CAMBON.

 

 Comprendre les enjeux

 


Depuis 2011, la situation en Libye s’est considérablement dégradée. La fragmentation des institutions, la multiplication des groupes armés, les interférences de puissances étrangères et la détérioration de l’économie ont conduit à un effondrement de l’État et à un vide sécuritaire qui a laissé la place à l’implantation de groupes terroristes, au développement de trafics, dont le trafic d’êtres humains, ainsi qu’à la recrudescence des flux migratoires vers l’Europe, et constitue une menace pour les États voisins et au-delà.

Dans cette situation, un processus de réconciliation politique a été engagé par les Nations unies. Il a connu, depuis un an, de nouveaux développements, avec le soutien de la France, dans un climat de relatif apaisement des tensions. Mais ce processus demeure très fragile.

Le rapport aborde ces différentes questions dont certaines d’une actualité récente : crise migratoire, stabilisation du "Croissant pétrolier", préparation des élections, sans oublier les questions économiques sous-jacentes qui constituent une des clefs de la situation présente de la Libye.

En savoir plus :

Photo © Wikipedia