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Rapport Serbie-Monténégro

Dernière mise à jour le 18 juillet 2018
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Jeudi 12 juillet 2018, Jean BIZET, Claude KERN et Simon SUTOUR ont présenté leur rapport d'information sur la mission qu'ils ont effectuée en Serbie et au Monténégro devant la commission des affaires européennes.

Retour en 3 questions avec les auteurs de ce rapport

 

 

Trois questions à Jean BIZET, Claude KERN et Simon SUTOUR auteurs du rapport d'information sur la mission qu'ils ont effectuée en Serbie et au Monténégro (12 juillet 2018)

 

 Quel était le but de la mission ?

 

Notre mission en Serbie et au Monténégro s’est déroulée du 21 au 25 mai 2018 afin de faire le point sur la situation de la région immédiatement après le sommet UE–Balkans occidentaux qui s’est tenu à Sofia le 17 mai dernier.

En fait, si ce sommet n’a pas apporté de nouveauté majeure, il s’inscrit toutefois dans une période où les Balkans font l’objet d’un regain d’attention. Les crises récentes ont rappelé l’importance directe de la stabilité de cette région pour notre propre sécurité. Est-il besoin de rappeler que Daesh est né en Bosnie Herzégovine et que les armes utilisées au Bataclan avaient transité par le Monténégro ? N’oublions pas non plus le rôle précieux joué par la Serbie lors de la crise migratoire de 2015-2016. L’année 2018 a aussi été marquée par la publication (le 6 février) de la stratégie de la Commission européenne pour les Balkans qui a évoqué une date pour une adhésion éventuelle de certains pays ; à savoir « 2025, au plus tôt, si toutes les conditions sont réunies ».  C’est dans ce contexte que s’est déroulée la mission du Président BIZET et de ses collègues Simon SUTOUR et Claude KERN.

 

Où en sont la Serbie et le Monténégro de leur processus d'adhésion ?

 

 

La Serbie et le Monténégro sont les deux pays les plus avancés sur la voie de l’intégration européenne. À la différence de deux autres pays candidats de la région (l’Albanie et l'ARYM1) les négociations sont déjà engagées depuis plusieurs années et de nouveaux chapitres de discussions avec l’Union européenne ont même été ouverts le 25 juin dernier.

En fait, face à la Serbie et au Monténégro la perspective d’adhésion se pose aujourd’hui pour nous dans les termes suivants :

  • D’une côté, il est essentiel de faire en sorte que ces pays continuent de s’inscrire dans une perspective européenne. Au-delà de notre intérêt pour la stabilité régionale, les plus hauts responsables de ces pays - en particulier le président de la République et la première ministre serbes - nous ont rappelé que cette dynamique de modernisation correspondait aussi à un choix national. C’est l’idée du "gagnant-gagnant" que nous avons d’ailleurs retenu pour le titre de notre rapport. L’un des enjeux pour nous est donc de ne pas décourager ces efforts, alors que pour certains, l’horizon d’une intégration repoussée à 2025 pourrait être un facteur de lassitude et de démobilisation. C’est en particulier sensible au Monténégro, ce petit pays faisant figure de "premier de la classe" dans la région et estimant pouvoir adhérer rapidement et éventuellement seul.
  • Mais d’un autre côté, nous devons aussi tenir compte des réalités. La première d’entre elles concerne la situation de l’Union européenne, qui donne aujourd’hui la priorité à son approfondissement, ainsi que l’état de nos opinions publiques, très prudentes face à l’idée de nouveaux élargissements. L’autre réalité qui s’impose concerne les progrès que doivent encore accomplir Serbie et Monténégro pour remplir les critères européens. Il s’agit pour l’essentiel d’améliorer l’État de droit dans ses différents aspects. En Serbie demeure aussi le problème spécifique de la normalisation des relations avec le Kosovo. Nous tenons toutefois à rappeler que les efforts doivent être accomplis par les deux parties.

 

Alors que faire ? Que proposez-vous ?

 

Au retour de cette mission, nous considérons donc que toute la difficulté est de ne pas désespérer cette région, tout en tenant à nos interlocuteurs un discours de vérité sur les difficultés d’une adhésion à très brève échéance.

C’est ce que nous n’avons cessé de faire lors de nos différents entretiens, et nous continuerons dans le cadre des COSAC2 où nous rencontrons régulièrement nos collègues serbes et monténégrins.

L’exigence de vérité nous conduit aussi à reconnaître que nul ne sait aujourd’hui quelle sera la situation en 2025, ni dans ces pays (soumis aussi aux influences des grands voisins russe et turc), ni dans l’Union européenne et au sein de nos opinions publiques. Aussi la Commission des affaires européennes du Sénat suggère comme piste pour l’immédiat, le renforcement des accords de partenariat et de coopération entre l’Union européenne et ces pays.

 

 

1 Ancienne République Yougoslave de Macédoine.

2 Instance qui réunit les commissions chargées des affaires européennes des  parlements des États-membres et des pays candidats.

En savoir plus :

Photo ©  La Documentation Française