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Innovation de la défense

Dernière mise à jour le 17 juillet 2019
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Mercredi 10 juillet 2019, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées a examiné le rapport d'information de Cédric PERRIN et Jean-Noël GUERINI sur l’innovation dans la défense.

 

Retour en 3 questions avec Cédric PERRIN et Jean-Noël GUERINI, auteurs du rapport.

 Trois questions à Cédric PERRIN et Jean-Noël GUÉRINI sur leur rapport d'information relatif à l'innovation dans la défense (10 juillet 2019)

 

Quelles sont les conditions pour que l’innovation dans la défense ne soit pas un simple effet de mode, comme vous semblez le craindre ?

 

Le besoin d’innovation est essentiel dans un monde où les armées des pays les plus puissants économiquement sont parfois challengées par un usage efficace de technologies civiles. La supériorité technologique militaire est ainsi concurrencée par l’innovation civile ce qui rend nécessaire une captation plus rapide des innovations. La loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 prévoit donc d’"innover pour faire face aux défis futurs". Est-ce possible quand :

  • l’essentiel de l’augmentation des crédits n’interviendra qu’à mi programmation, pour atteindre 1 milliard d’euros en 2022,
  • les efforts déployés par le Sénat pour rendre l’achat plus agile dans le cadre de la LPM ont purement et simplement été balayés lors de la codification de la commande publique,
  • le plan de transformation du ministère s’organise autour de la nouvelle Agence de l’innovation de défense (AID) qui est placée sous l’autorité hiérarchique de la direction générale de l’armement (DGA) et dépendante d’elle financièrement.

 

Quelles sont vos principales recommandations pour que l’AID devienne le chef d’orchestre de l’innovation dont la défense a besoin ?

 

La condition la plus importante à la réussite de la "greffe" de l’innovation dans la défense est une profonde acculturation des acteurs du monde de la défense, ce que l’AID, menée par un Directeur compétent et dynamique doit pouvoir réaliser, si son rôle et sa place au sein de l’écosystème de défense de l’innovation sont confortés. L’articulation de l’AID avec la DGA doit permettre à l’AID, en pleine autonomie de mettre en œuvre l’acculturation à l’innovation du ministère, l’agilité des achats, et la réforme de gestion des crédits des PEA qui doivent être de sa responsabilité. Dans le cas contraire, l’AID gérant uniquement le dispositif Rapid ne serait qu’un miroir aux alouettes de l’innovation.

 

La réussite de cette politique de soutien à l’innovation peut-elle se concevoir sans un lien fort avec les territoires ?

 

Il faut effectivement organiser la captation de l’innovation dans les territoires. L’AID doit organiser la remontée des innovations et doit pour cela disposer d’un réel maillage territorial. Celui-ci doit être assuré par un réseau de réservistes-innovation chargés de capter l’innovation dans tous les secteurs économiques, auprès des pôles de compétitivité, des clubs et des agences de développement local. Ces réservistes pourraient également être un lien entre l’AID et la direction générale des entreprises, en s’adossant sur les agences décentralisées de la BPI. L’innovation dans la défense doit être au service de la réindustrialisation durable de nos territoires.

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Photo : © pxhere