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Lutte contre les feux de forêts

Dernière mise à jour le 1er octobre 2019
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Mercredi 25 septembre 2019, Jean Pierre VOGEL, rapporteur spécial, a présenté à la commission des finances son rapport de contrôle budgétaire sur la lutte contre les feux de forêts.

Retour en 3 questions avec l'auteur du rapport

 

       

 

 Trois questions à Jean Pierre VOGEL sur son rapport de contrôle budgétaire sur la lutte contre les feux de forêts (1er octobre 2019)

 

Au terme de vos travaux, quels constats établissez-vous sur les feux de forêts ?

 

Contrairement aux idées reçues, le risque de feux de forêts est encore très présent. Certes, on observe une baisse globale des surfaces brûlées chaque année - 11 805 hectares au cours de la dernière décennie contre 22 500 hectares entre 1990 et 2009 - et la France s’en tire mieux que d’autres pays européens. Mais 17 000 hectares ont déjà été brûlés cette année. À moyen terme, ce risque va même s’aggraver sous l’effet du réchauffement climatique. Un tiers de nos forêts est aujourd’hui sensible au risque d’incendie, mais à l’horizon de 2060, ce sera plus de la moitié de la surface forestière actuelle qui pourrait être concernée.

 

 

Comment la lutte contre les feux de forêts s’organise-t-elle en France ?

 

Notre pays dispose à la fois d’une politique de prévention efficace, reposant sur la subsidiarité de plusieurs acteurs, et d’une stratégie de lutte spécifique et particulièrement performante. Cette dernière consiste en l’attaque prioritaire des feux naissants, avec une intervention massive des moyens terrestres et aériens dans les dix minutes suivant le départ de feu.

Ce dispositif mobilise à la fois les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) et les renforts nationaux pris en charge par le ministère de l’intérieur : formations militaires de la sécurité civile (ForMiSC), unités du ministère des armées mises à disposition, et bien évidemment la flotte de 25 avions, basée à Nîmes, qui représente des dépenses de l’ordre de 86 millions d’euros par an.

 

 

Quelles sont vos principales recommandations ?

 

Des améliorations doivent être menées dans trois domaines.

Il faut d’abord renforcer notre dispositif de prévention, en garantissant un meilleur respect des obligations légales de débroussaillement. Une meilleure identification des coûts, tant des dégâts causés par les feux que des moyens engagés dans la prévention, s’avère aussi nécessaire.

Surtout, l’avenir de nos moyens de lutte doit être garanti. Il est déjà satisfaisant que les avions de type Tracker soient remplacés par six nouveaux Dash d’ici à 2023, qui permettront une plus grande couverture du territoire. Mais je m’inquiète du vieillissement de nos 12 Canadair, qui engendre une diminution de leur disponibilité et des surcoûts de maintenance. Le projet d’une commande mutualisée de nouveaux avions amphibies à l’échelle européenne est l’étude, mais son calendrier reste incertain. Les négociations doivent absolument s’accélérer à cet égard. Il faut enfin être vigilant sur le niveau de nos moyens terrestres, particulièrement ceux des SDIS de la moitié nord du pays, qui seront sans doute de plus en plus sollicités.