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Bicentenaire de l'Acte de Médiation du 19 février 1803

  Les Commissaires Négociateurs

  




François BARTHELEMY
(1747-1830)

Né à Aubagne le 20 octobre 1747, issu de la petite bourgeoisie provençale, François BARTHELEMY est encouragé par son oncle à intégrer le corps diplomatique. Affecté dans un premier temps dans les bureaux parisiens du Duc de Choiseul, il est nommé en 1768 secrétaire d'ambassade en Suède. Suivent des affectations à Vienne (1775) et Londres (1784-1792).

Nommé ambassadeur en Suisse, il arrive à Soleure le 31 janvier 1792, il est contraint en raison d'un mauvais accueil à déménager vers Baden. Il exerce sa mission avec modération tachant de concilier les points de vue souvent antagonistes entre les suisses engagés auprès de Louis XVI. 
La chute de la monarchie dans l'hexagone et la confirmation de la mission de BARTHELEMY en Suisse par la Convention fragilise la position de ce dernier : les autorités cantonales refusent ses lettres de créances.

Il n'en garde pas moins un rôle majeur dans les relations économiques franco-helvétiques garantissant l'approvisionnement de l'Hexagone en vivres et chevaux, s'efforçant parallèlement de maintenir un contact avec émigrés et prêtres réfractaires réfugiés en Suisse. Il participe également aux négociations de paix avec la Prusse et l'Espagne en juillet 1795.

Nommé Directeur avec les voix des modérés en juin 1797, il tente d'imposer une voix médiane entre révolution et réaction avant d'être déporté après le coup d'Etat du 18 fructidor an V (4 septembre 1797). Il s'évade de Cayenne en juin 1798 et se réfugie aux Etats-Unis puis en Angleterre. Il revient en France à la faveur du 18 brumaire. Nommé Sénateur le 14 février 1800, il cumule ensuite les honneurs sous le Consulat puis l'Empire. Comte de l'Empire et Président du Sénat, il fait voter la déchéance de l'Empereur en 1814. Nommé pair à vie par Louis XVIII la même année puis comte héréditaire et pair héréditaire, il vote la mort du Maréchal Ney. Marquis héréditaire depuis le 2 mai 1818, il meurt le 3 avril 1830.

Jean-Nicolas DESMEUNIER (1751-1814)

Né à Nogercy le 15 mars 1751, issu d'une famille paysanne du Jura, DESMEUNIER accomplit de brillantes études au séminaire de Besançon. Abandonnant la carrière ecclésiastique en 1771, il quitte la Franche-Comté pour Paris où il traduit de l'anglais les essais sur l'antiquité de Gibbon et Wood. Essayiste, il est nommé secrétaire du comte de Provence, futur Louis XVIII, puis censeur royal. Favorable aux idées nouvelles, il est élu représentant du Tiers Etat pour la ville de Paris. Secrétaire puis président de l'Assemblée Constituante fin 1789, il est à l'origine de la création de la Cour de cassation et modernise le jury. Administrateur de la ville de Paris, il démissionne à la suite de la nomination de Pétion à la mairie en juillet 1792. 

De retour après Thermidor, il est candidat malheureux au poste de Directeur face à BARTHELEMY. Approuvant le 18 brumaire, il est membre du Tribunat dont il participe à l'organisation tout en reprenant son projet de réforme du droit civil. Nommé membre du Sénat Conservateur le 28 nivôse an X (18 juin 1802), il obtient une sénatorerie à Toulouse en 1808. Comte d'Empire, Grand officier de la Légion d'Honneur, il meurt le 7 février 1814.

 

Joseph FOUCHÉ (1759-1820)

Né le 21 mai 1759, ayant suivi des études chez les oratoriens nantais, FOUCHÉ se passionne pour les sciences au collège de Niort, puis enseigne à Saumur, Juilly et Arras où il rencontre ROBESPIERRE en 1788. Préfet des études en 1789, il devient avocat après l'adoption de la Constitution civile du clergé et s'inscrit en 1790 chez les Jacobins.

Elu député en 1792, il vote la mort du roi et est envoyé en mission à Nantes, dans l'Aube, la Nièvre et Lyon où il organise une terrible répression contre nobles et ecclésiastiques. Il s'éclipse peu avant la chute de ROBESPIERRE pour réapparaître après Thermidor. Arrêté pour babouvisme il est finalement amnistié. Protégé par BARRAS il est nommé ambassadeur en Hollande, avant d'obtenir le portefeuille de ministre de la Police en juin 1799.

Appuyant le coup d'Etat du 18 brumaire, il reste ministre de la Police où il s'emploie à créer un réseau de police secrète efficace. Suscitant la méfiance du Premier Consul, il est nommé Sénateur et voit son ministère supprimé, conservant toutefois un rôle dans l'arrestation de PICHEGRU, MOREAU et le duc d'Enghien. L'avènement de l'Empire voit son retour au poste de ministre où il brille par son efficacité et son zèle. Ses intrigues parallèles avec TALLEYRAND jouent pourtant contre lui, le désormais duc d'Otrante est exilé en juin 1810 à Aix.

Le déclin de l'Empire lui permet de revenir, gouverneur des îles Illyriennes en 1813, puis de nouveau ministre de la Police sous les Cent-Jours en 1815. Maintenu quelque temps en fonction par Louis XVIII, il est condamné à l'exil et à l'errance en Europe Centrale par la loi frappant les régicides en 1816, le roi ne lui ayant pas accordé d'amnistie. Il meurt le 26 décembre 1820.

 


Pierre-Louis ROEDERER (1754-1835)


Né en 1754, ROEDERER devient avocat à 17 ans, puis conseiller au Parlement de Metz. Favorable aux idées nouvelles, voltairien, il est élu représentant de Metz du Tiers Etat en 1789. Démocrate modéré, rapidement effrayé par la violence révolutionnaire, il cherche à sauver la fonction royale le 10 août 1792. Il est obligé de se cacher sous la Terreur, il réapparaît après le 9 Thermidor en fondant son intervention dans le débat public sur la réconciliation.

Membre du groupe des Idéologues, il participe au coup d'Etat bonapartiste du 18 brumaire. Il est désigné dans la foulée président de la section de l'Intérieur au Conseil d'Etat, intervenant dans la mise en place du corpus législatif napoléonien. 


Nommé au Sénat en 1802 pour cause de disgrâce, en même temps que son ennemi FOUCHÉ, il reçoit la sénatorerie de Caen. Ministre des finances de Joseph BONAPARTE à Naples, il retourne rapidement au Palais du Luxembourg, avant de devenir en 1810 ministre-secrétaire d'Etat du grand-duché de Berg. Actif pendant les Cent-Jours, il est définitivement écarté du pouvoir par Louis XVIII. Ami de la branche cadette, il devient membre de la Chambre des Pairs et y reste jusqu'à sa mort en 1835.