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Le Sénat présente

Le XXe siècle dans l'art algérien

 

Exposition à l'Orangerie du Sénat 
17 juillet - 24 août 2003

Manifestation organisée avec le soutien de
 "Djazaïr, une année de l'Algérie en France" 

 Samta Clermont

 
FICHE TECHNIQUE

Commissaire de l'exposition et directeur de la publication : Ramon Tio Bellido

Commissaire associée : Dalila Orfali

Responsable de la coordination éditoriale : Fatma Zohra Zamoum

Orangerie du Sénat, Paris, du 17 juillet au 24 août 2003

Le XXe siècle dans l'art algérien est conçue avec le soutien de Djazaïr, une année de l'Algérie en France, organisée et mise en œuvre :

 -  pour la France : par le Commissariat général français, l'Association française d'action artistique, le Ministère des Affaires étrangères et le Ministère de la Culture et de la Communication,

 -  pour l'Algérie : par le Commissariat général algérien de l'Année de l'Algérie en France.

Relations avec la presse
Service de la communication du Sénat
tél : 01 42 34 25 13
fax : 01 42 34 38 00
presse@senat.fr

Accès
Orangerie du Jardin du Luxembourg (entrée rue Guynemer)
Entrée gratuite 
Metro : Saint-Sulpice, Odéon / RER B : Luxembourg 
Autobus : 84, 58, 89 : Musée du Luxembourg, Sénat 
Parcs de stationnement : Place Saint-Sulpice, Marché Saint-Germain

 

 

Assemblée ouverte sur le monde et, de ce fait, attachée au développement des cultures propres de chaque nation et à leur connaissance réciproque, le Sénat est particulièrement heureux, en partenariat avec l'Association française d'action artistique, dans le cadre de Djazaïr, une année de l'Algérie en France, de rendre hommage, au coeur de son Jardin du Luxembourg, à l'histoire des arts plastiques algériens du XXème siècle. Cette exposition évènement retrace à travers une sélection des œuvres majeures du siècle passé, l'histoire de la modernité algérienne depuis les années 1920 jusqu'aux derniers développements avancés par la génération née après 1962 en France, qui affirme sa place dans l'art contemporain européen.

C'est le premier hommage qui est rendu aujourd'hui à l'histoire des arts plastiques algériens au XXe siècle, à travers cette exposition-événement présentée en France à l'occasion de l'Année de l'Algérie sous les auspices de la Fondation Regards de Provence à Marseille et du Sénat à Paris. A travers une sélection des œuvres majeures du siècle passé, il s'agit de retracer l'histoire de la modernité algérienne depuis les années 1920 jusqu'aux derniers développements avancés par la génération née après 1962 en France, qui affirme sa place dans l'art contemporain européen.

Si l'origine d'une histoire de l'art algérien est à associer au renouveau de la miniature par la figure tutélaire de Mohamed Racim, au tout début du XXe siècle, c'est en effet avec les propositions de Azouaou Mammeri, Abdelhalim Hemche et Mohamed Temmam que s'affirment des tentatives de s'approprier les éléments de la modernité artistique, depuis l'impressionnisme jusqu'au fauvisme, et de bâtir un langage iconographique propre. Suivent ensuite des propositions plus personnelles ou autodidactes, dont Baya est la représentante la plus connue, grâce à son exposition en 1947 à la galerie Aimé Maeght. remarquée par André Breton.

Dès les années 1950, cependant, des jeunes artistes vont soulever d'autres questionnements, et revendiquer une esthétique qui synthétise l'héritage de la calligraphie arabo-musulmane et les abstractions occidentales. Mohamed Khadda, M'Hammed Issiakhem, Mohamed Louail ou Choukri Mesli vont imposer et poursuivre une œuvre qui affirmera son importance une fois l'indépendance du pays recouvrée, comme le confirmera leur participation, avec d'autres, au rassemblement qui s'opère en 1967 sous le nom d'" Aouchem " - L'école du signe - et qui perpétue ces recherches et ces expressions. Parallèlement à la création de l'Union Nationale des Arts Plastiques dés 1963, on observe une certaine prépondérance pour une esthétique proche du réalisme socialiste et la volonté de privilégier toutes les formes de l'art " populaire ", tel qu'on peut l'observer dans les nombreuses commandes publiques de l'heure. Dès les années 1970, cependant, certains artistes, dont les plus représentatifs sont Ismail Samson et Denis Martinez, s'engagent dans des expressions plus singulières.

C'est au sein de l'École des Beaux-arts que vont se manifester, à partir des années soixante-dix et surtout pendant les années quatre-vingt, différentes tentatives de rupture avec les contenus et le support académiques du tableau : l'œuvre de Malek Salah, Hellal Zoubir, Samta Benyahia, auront un écho favorable auprès des jeunes générations. Après des années de relatif silence pendant la terrible décennie 1990, ce mouvement renaît depuis quelques années et se conforte même avec la création du groupe Essebaghine à Alger en 1994. Parmi ses huit membres, Karim Sergoua et Ammar Bouras, présentent quelques œuvres dans le parcours de l'exposition. Peu d'artistes ont par ailleurs choisi de s'installer à l'étranger et d'y mener une carrière personnelle, qui, tout en traduisant leurs origines algériennes, s'est établie en dehors de ce pays. C'est le cas de Houria Niati, qui vit à Londres depuis 1977, et qui personnifie cet éloignement plus  géographique que culturel.

Parmi la toute jeune génération, née en dehors des frontières algériennes, l'exposition s'attache particulièrement à l'œuvre de Zineb Sedira, dont le travail interroge les questions de représentation de la féminité dans les cultures arabo-musulmanes et occidentales.

Cette histoire, en substance, semble éminemment proche de celle d'autres contextes post-coloniaux, qui ont vu les artistes, et l'art, se débattre et s'affirmer dans un faisceau de contradictions généré par la présence, puis l'héritage, des enseignements du monde occidental. Si le phénomène de la mondialisation essaie, avec ses propres contradictions et ses objectifs souvent discutables, de prendre acte d'une création contemporaine à la fois multiforme et présente dans toutes les régions et les cultures du monde, il est cependant nécessaire de constater l'absence de l'Algérie dans ce concert de reconnaissance actuel. Le moindre des paradoxes, cependant, reste de voir combien les changements et les mutations qui affectent l'art occidental depuis deux décennies nous invitent à reconsidérer avec d'autres critères et d'autres modes d'évaluation les propositions qui se sont constituées depuis presque un siècle sur ses marges. L'historicité linéaire de l'art s'étant épuisée, les lectures rétrospectives de sa production et de ses bien-fondés chronologiques se voient elles-mêmes remises en cause, pour nous permettre de nous intéresser davantage à la réalité des engagements individuels et culturels spécifiques qui se sont manifestés ici et là, fût-ce au prix en apparence évident de participer à une histoire souvent exogène, tout en revendiquant l'affirmation de son histoire propre.

Ces questionnements, que la sélection des artistes présentés dans cette exposition ne peut aborder totalement, s'accompagnent ainsi par la publication d'un ouvrage comportant plusieurs contributions d'auteurs, un chapitre/catalogue consacré aux artistes présentés, accompagnées d' annexes, où sont reproduits divers manifestes, articles et préfaces d'expositions particulières. Cet ouvrage entend offrir une somme d'informations critiques jamais réalisée encore sur l'histoire artistique de ce pays.

Mustafa Orif y développe ainsi l'importance de Mohamed Racim et de ses élèves, Malika Bouabdellah traite de certaines grandes figures tels que Khadda, Issiakhem et Mesli lors du contexte de l'indépendance, Dalila Orfali rend compte de la politique d'acquisitions et de la fondation d'un musée national des beaux-arts, Fatma Zohra Zamoum relate la période plus contemporaine, des années soixante-dix à aujourd'hui. 

Les artistes exposés

Azouaou Mammeri, Abdelhalim Hemche, Mohamed Temmam, Baya, Mohamed Khadda, M'Hammed Issiakhem, Mohamed Louail, Choukri Mesli, Ismail Samson, Denis Martinez, Houria Niati, Hellal Zoubir, Malek Salah, Samta Benyahia, Karim Sergoua, Ammar Bouras, Zineb Sedira.

Les œuvres proviennent du Musée National des Beaux-arts à Alger ; du Musée National Zabana, Oran ; de l'Institut du Monde Arabe, Paris ; du Fonds National d'Art Contemporain/Ministère de la Culture, Paris ; du Musée National d'Art Moderne à Paris ; du Programme Afrique en Créations, AFAA, Paris ; et de collections privées en Algérie et en France.