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Le Sénat et la guerre de 14-18 : la déclaration de guerre

La situation internationale s’aggrave en cette fin de juillet 1914. Mais ce n’est pas la préoccupation dominante des Français. Ils se passionnent davantage pour le procès de Mme Caillaux, femme de l’ancien ministre de la justice qui a assassiné Gaston Calmette, le directeur du Figaro.

La session parlementaire est close depuis le 15 juillet après un débat assez vif sur les crédits militaires à la Chambre des députés et au Sénat où Charles Humbert a dénoncé l'état d'impréparation de la France en cas de guerre. Les sénateurs et les députés ont ensuite regagné leur circonscription.

Le 28 juillet, l'Autriche Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Le 29, le gouvernement russe décide, à titre préventif, la mobilisation d'une partie de ses troupes.
Clemenceau, le 31, titre son éditorial : "Au bord du gouffre". Le soir, Jaurès est assassiné. Le 1er août, le Conseil des ministres se réunit : la mobilisation est décidée. Les premières affiches apparaissent.

Le 2, l'armée allemande envahit le Luxembourg. Près de Belfort, une patrouille allemande pénètre sur le territoire français et se heurte à un petit poste d'infanterie : le caporal Peugeot est tué. C'est le premier mort français de cette guerre.

Le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France.

Le Parlement convoqué en session extraordinaire se réunit le 4. Au Sénat, le Garde des sceaux, ministre de la justice, Jean-Baptiste Bienvenu-Martin lit un message du Président de la République, puis René Viviani, président du Conseil, donne lecture d'une communication du Gouvernement : "La France, injustement provoquée, n'a pas voulu la guerre. Elle a tout fait pour la conjurer. Puisqu'on la lui impose, elle se défendra contre l'Allemagne et contre toute puissance qui, n'ayant pas encore fait connaître son sentiment, prendrait part au côté de cette dernière au conflit entre les deux."

Les deux chambres votent ensuite à l'unanimité une série de textes de défense nationale, puis l'ordre du jour de cette session extraordinaire étant épuisé, le Parlement s'ajourne sine die.