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LES DERNIERES HEURES DU MARECHAL NEY

 

Pendant la lecture de la sentence, les défenseurs du Maréchal vont le voir dans sa cellule. Ils le trouvent en train de dîner très tranquillement : « Je suis sûr que M. Bellart ne dîne pas avec autant d'appétit que moi » leur déclare-t-il. Puis il embrasse ses défenseurs et les remercie chaleureusement de leurs efforts. 


Après leur départ, il se met à rédiger ses dernières dispositions et se jette tout habillé sur son lit pour y dormir paisiblement.

A 3 heures du matin, le secrétaire-archiviste de la Chambre des pairs, Cauchy, le réveille pour lui communiquer la sentence. Le général de Rochechouart, qui commande la place de Paris, l'informe qu'il pourra recevoir trois visites : sa femme, son notaire et son confesseur.

La Maréchale vient rendre visite à son mari dans la cellule avec leurs quatre enfants. Elle s'évanouit en apprenant la sentence. C'est en vain qu'elle implorera sa grâce auprès de Louis XVIII.

Ney écrit une dernière fois à son beau-frère : « ...Avant 24 heures je paraîtrai devant Dieu avec des regrets amers de ne pas avoir pu être plus longtemps utile à ma patrie ; mais il saura, ainsi que je l'ai dit devant les hommes, que je me sens exempt de remords... ». Puis il s'entretient avec le curé de Saint Sulpice.    

A 8 h 30 une voiture vient chercher Ney. Une pluie fine tombe. Au curé de Saint-Sulpice qui se range pour le laisser passer, il déclare : « Montez monsieur le curé, tout à l'heure je passerai premier ». Le cortège s'arrête avenue de l'Observatoire.       

Le Maréchal refuse qu'on lui bande les yeux et, s'adressant aux soldats : « Camarades, tirez sur moi et visez juste ! ». Rochechouart rapporte qu'il prononça également les paroles suivantes : « Français, je proteste devant Dieu et la patrie contre le jugement qui me condamne. J'en appelle aux hommes, à la postérité, à Dieu. Vive la France ! ». Puis il s'écroule sous les balles.