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LES TROIS PRIX NOBEL DU SENAT



 

 


 

Douze fois ministre et Président du Conseil

La carrière gouvernementale de Léon Bourgeois est longue et importante, pratiquement ininterrompue pendant 30 ans.

Quelques semaines après avoir été élu député, au mois de mai 1888, Léon Bourgeois est appelé comme sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur dans le ministère Floquet, poste qu'il occupera jusqu'à la chute de ce cabinet en février 1889.

En mars 1890, il devient ministre de l'Intérieur dans le cabinet Tirard, puis ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts dans le cabinet de Freycinet. Il conserve ce portefeuille dans le cabinet Loubet qui lui succède à partir de février 1892, puis ministre de la Justice dans les cabinets Ribot de décembre 1892 et janvier 1893.

Le 1er novembre 1895, Léon Bourgeois devient Président du Conseil. Il forme le premier ministère radical homogène avec l'intention d'appliquer le programme du parti radical. Mais il se heurte à la droite, notamment sur le problème de l'impôt sur le revenu, et doit démissionner le 23 avril 1896.

Il retrouve le portefeuille de l'Instruction publique et des Beaux-arts dans le cabinet Brisson de 1898. En 1906, il est ministre des affaires étrangères dans le cabinet Sarrien, en 1912 ministre du travail et de la prévoyance sociale dans le cabinet Poincaré, en 1914 à nouveau ministre des affaires étrangères dans le cabinet Ribot, puis ministre d'Etat dans le cabinet Briand de 1915, ministre du travail et de la prévoyance sociale dans le cabinet Ribot de 1917 et enfin à nouveau ministre d'Etat, membre du comité de guerre dans le cabinet Painlevé de septembre 1917.

Comme ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts, Léon Bourgeois poursuit l'oeuvre de Jules Ferry dans l'enseignement secondaire en créant un enseignement moderne, sans pour autant renier son attachement à la culture classique, et en créant le baccalauraéat. Il contribue également à la reconstitution des universités en regroupant certaines facultés, à réformer l'enseignement primaire et à organiser l'enseignement post-scolaire.

Comme Président du Conseil, Léon Bourgeois eut à faire face à deux scandales financiers, liés à l'affaire des chemins de fer du Sud de la France (à l'origine de la démission du précédent cabinet) et aux suites de l'affaire de Panama. Dans son programme politique, Léon Bourgeois proposait d'établir un impôt général sur le revenu, d'organiser des retraites ouvrières et prévoyait le dépôt d'un projet de loi sur les associations, première étape vers la séparation des Eglises et de l'Etat. Mais il n'eut pas la possibilité de l'appliquer. Le Sénat en particulier lui manifesta plusieurs fois son hostilité et, à l'occasion d'un projet de loi tendant à ouvrir des crédits pour l'expédition de Madagascar, renversa son ministère le 23 avril 1896 en refusant d'examiner cette demande.

Comme ministre du travail, Léon Bourgeois fit voter de nombreuses lois : pour la création des dispensaires d'hygiène sociale et de préservation anti-tuberculeuse, sur le repos hebdomadaire, sur les assurances du travail, sur le bien de famille insaisissable, sur le salaire de la femme mariée, etc.

Cette oeuvre politique était accompagnée d'une oeuvre philosophique et humanitaire. Léon Bourgeois a ainsi créé le « Solidarisme » qui s'opposait aussi bien au collectivisme qu'à l'individualisme et qui faisait de la solidarité la base de la société. Il exposa cette doctrine dans une nouvelle revue portant le titre de La Solidarité.

Sénateur