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 LE  DESTIN  DU  PALAIS

 

La préfecture de la Seine

La Commune vaincue, le Palais est affecté à la préfecture de la Seine, l'Hôtel-de-Ville de Paris ayant été incendié le 24 mai, comme tant d'autres monuments de la capitale.

Incendie de l'Hôtel-de-Ville

Dans le journal de l'adjoint de l'architecte on peut lire à la date du dimanche 28 mai : « MM Davioud et Proguet, architectes de la Ville, viennent aujourd'hui dimanche pour faire une visite à M. Constant Dufeux et lui apprendre qu'en vertu d'un arrêté du chef du pouvoir exécutif le Luxembourg est mis à la disposition de la Préfecture de la Seine. En l'absence de M. Constant Dufeux je reçois ces messieurs et je les préviens qu'en l'absence de mon chef je protesteras contre la prise de possession tant que je n'aurais pas un ordre régulier. »

C'est un arrêté du chef du pouvoir exécutif daté du 31 mai 1871 qui mit à la disposition de l'administration  municipale de la ville de Paris, pour l'installation de ses services, les parties disponibles du bâtiment. Le Préfet de la Seine s'installe au Petit-Luxembourg et dispose d'une partie des communs du 36 de la rue Vaugirard. Pour le Palais les épreuves ne sont pas terminées.  Les services municipaux s'installent tant bien que mal et n'hésitent pas à cloisonner les salons ; la galerie du Trône est sectionnée.

 Le décor du Palais en souffre beaucoup. Le Conseil municipal délibère dans la salle des conférences et l'hémicycle devient même une salle d'examens.

Favre raconte : « Ils (les architectes) bâtirent des baraques dans la cour ; ils établirent des cloisons, des séparations, des armoires, dans les salons, dans les couloirs, dans l'orangerie ; ils placèrent le conseil municipal dans la galerie des fêtes, les bureaux d'examen dans la salle des séances... Les registres, les imprimés, les cartons du Sénat de l'Empire, chassés de chambre en chambre, avaient été jetés pêle-mêle dans la salle des archives, située au deuxième étage. L'asile des documents parlementaires était devenu un couloir ouvert à tous vents, un débarras de papiers maculés, de meubles hors de service, de bureaux écornés, de chaises brisées, de canapés vomissant le crin... ».

Cette situation dure quelques années jusqu'à ce que la loi du 22 juillet 1879 organise le retour de Versailles à Paris du siège du pouvoir exécutif et des deux chambres. Le Sénat réintègre le Palais du Luxembourg et lui rend le faste et la dignité qui n'auraient jamais dû cesser d'être les siens.

 

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