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PROSPER  MERIMEE  (1803-1870)


 

« Je travaille extraordinairement, écrit Mérimée à son ami Albert Stapfer en décembre 1828, non seulement pour un paresseux comme moi, mais même pour un homme de lettres. Si Dieu m'est aide je noircirai du papier en 1829 ». Effectivement en 1829-1830, il fait paraître dans la Revue des Deux Mondes et la Revue de Paris des nouvelles qui seront réunies en 1833 sous le titre de Mosaïque et des oeuvres théâtrales : Mateo Falcone, qui conte l'histoire d'un enfant corse livrant aux policiers un proscrit contre une montre d'argent et mourant abattu par son père ; Le Carrosse du Saint-Sacrement, pièce jouée par Augustine Brohan, dont Mérimée est amoureux, qui cause un scandale en raison de ses positions antireligieuses ; La Vision de Charles XI inspiré d'un fait historique ; L'Enlèvement de la Redoute, histoire d'un lieutenant se retrouvant commander un régiment en tant que «plus ancien » ; Federigo ;  Tamango, conte qui se fit le porte-parole de ceux qui condamnaient l'esclavage ; L'Occasion, sur la jalousie féminine ; Le Vase étrusque, sur la jalousie masculine ; Les Mécontents, satire dialoguée mettant en scène des hobereaux royalistes ; La Partie de Trictrac.

Suit une période stérile du point de vue littéraire où Mérimée semble préférer mener une vie de dissipation. En 1833 paraît La Double Méprise, récit de « deux coeurs qui se méconnurent ». La Revue des Deux Mondes publie en 1834 Les Ames du purgatoire, nouvelle où Mérimée modernise la légende de Don Juan.

Mérimée retrouve l'inspiration à partir de 1837 avec la publication de La Vénus d'Ille, « suivant moi, mon chef-d'oeuvre »,  inspirée par un récit d'un chroniqueur latin du Xe siècle. Colomba, l'un des plus grand succès de Mérimée, a été écrit au cours d'une tournée qu'il fit en Corse pendant l'année 1840. 

Tenté d'écrire une vie de César il a le projet d'un tryptique dont seuls les deux premiers volets seront publiés : Essai sur la guerre sociale (qu'il a rédigé en prélude à son élection à l'Académie des inscriptions et belles lettres) et La Conjuration de Catilina. Arsène Guillot parut dans la Revue des Deux Mondes le 15 mars 1844, le lendemain de son élection à l'Académie française, et l'histoire de cette fille perdue fit dire à plusieurs partisans de Mérimée qu'il n'aurait pas eu leurs voix s'ils l'avaient lue avant d'aller voter. Carmen paraît en octobre 1845 et ne connaît qu'un faible succès avant de devoir sa gloire à Bizet ; après L'Abbé Aubain en 1846, courte nouvelle basée sur une plaisanterie, vingt ans se passeront avant que Mérimée reprenne sa plume de conteur.

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