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DECEMBRE 1953 : René COTY, un sénateur à l'Elysée


 

René Coty et le jury d'honneur

Du 24 avril 1945 au 25 octobre 1946, le jury d'honneur qui siège au Conseil d'Etat, examine plus de six cents dossiers. Les parlementaires peuvent, s'ils le souhaitent, rédiger un « mémoire en défense ». C'est avec beaucoup de discrétion que René Coty présente ses arguments : «je ne dissimule pas que si mon attitude m'exposait à certaines représailles, mes états de service n'en sont pas moins modestes. (...) Mon excuse est que pendant la majeure partie de l'occupation allemande, j'étais coupé du centre de mon activité politique. Je savais d'autre part qu'à Paris, les parlementaires qui avaient voté pour Pétain étaient généralement indésirés dans les organisations de résistance. Enfin, j'ai 63 ans » (cité par Olivier Wievorka dans Les orphelins de la République).

Pour sa défense, René Coty mentionne son double refus au gouvernement de Vichy qui entendait le nommer maire du Havre et membre du Conseil départemental de la Seine-Inférieure : « je réfléchis que si je pouvais me considérer comme élu une fois de plus par mes concitoyens, je n'en serais pas moins nommé par le gouvernement de Vichy. Comme parlementaire, comme homme politique, pouvais-je donner même l'apparence de représenter un gouvernement dont je réprouvais la politique ? »

Il fait également allusion à sa participation au « petit groupe qui s'est intitulé, non peut-être sans exagération, groupe des sénateurs résistants ». A partir de 1943, en effet, il a repris contact avec d'anciens collègues qui se réunissent discrètement à Paris, pour ne pas attirer

l'attention des autorités allemandes, afin d'élaborer un projet de loi constitutionnelle destiné à assurer la transition entre le régime de Vichy et la Libération.

Pour tous ces motifs, René Coty est réhabilité par le jury d'honneur, le 29 septembre 1945, en raison de « son opposition politique constante ».