LE SENAT 1940-1944
Lorsque les Allemands prennent possession du Palais du Luxembourg, il n'est plus question, pour les fonctionnaires d'y pénétrer, La salle de lecture de la Bibliothèque a été transformée en bureaux et en central téléphonique. Elle a été, à cet effet, divisée en trois parties, des cloisons en bois contreplaqué ayant été placées de chaque côté de la coupole, sous les cintres.Dans un premier temps, la plupart des réserves de la Bibliothèque sont laissées au service. En janvier 1941, le commandant militaire du Palais demande que tous les documents, papiers et livres, entreposés dans les combles du Sénat soient déménagés, en raison des risques d'incendie. Des locaux sont loués rue Madame -une boutique- au numéro 28. Il faut y loger plus de 25 000 ouvrages.
A plusieurs reprises, en 1942 et 1943, les autorités militaires allemandes ordonnent des déménagements similaires pour les archives du Sénat -descendues d'abord, à leur arrivée, au sous-sol- puis pour la collection de cartes de la Bibliothèque et, enfin, pour les documents relatifs à la guerre de 14-18.
Ces fonds sont stockés en dehors du Palais, dans divers locaux, rue Cassette, au musée du Luxembourg et dans une baraque de D.C.A. construite dans les jardins.
Tout en procédant à ces transferts, la Bibliothèque, installée, comme les autres services du Sénat, dans l'appartement de la rue Guynemer, poursuit son activité. Elle essaie, dans toute la mesure du possible, de tenir à jour ses collections et d'offrir à ses usagers la documentation ‑paraissant en zone occupée- qu'ils demandent. A Vichy, puis à Châtelguyon, où le Sénat est replié, une autre bibliothèque fonctionne. Le fonds s'y enrichit à l'occasion d'ouvrages qu'il est impossible de se procurer en zone occupée.
A la Libération, les ouvrages acquis pendant les années de guerre à Vichy et à Châtelguyon sont, dans un premier temps, rapatriés dans l'ancien appartement du Questeur Hamelin, boulevard Saint-Michel. Au fur et à mesure de la remise en état des locaux, ils rejoignent le Palais du Luxembourg, tout comme ceux des divers dépôts installés par la Bibliothèque dans le quartier durant les quatre années d'occupation.







