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LA LIBERTÉ RETROUVÉE, LA SOUVERAINETÉ RESTAURÉE

 



 

Cette tentative de maintien de la légalité républicaine reste infructueuse et le projet gouvernemental donnant tous pouvoirs au maréchal Pétain est adopté par 569 voix contre 80 et 17 abstentions. Vingt-trois sénateurs s'opposent au projet de loi constitutionnel. Lors de la proclamation des résultats du scrutin, Marcel Astier, sénateur de l'Ardèche, manifeste son opposition au texte qui vient d'être adopté en criant au milieu des clameurs des majoritaires : « Vive la République quand même ! ».

Certains sénateurs mettent un point d'honneur à décliner les responsabilités que le nouveau pouvoir souhaiterait leur confier. C'est le cas de René Coty, sénateur de la Seine-Inférieure, qui se retire au Havre et refuse sa nomination à la tête de la mairie ainsi qu'au conseil départemental de la Seine-Inférieure, estimant qu'il ne peut cautionner un gouvernement dont il réprouve la politique.

D'autres membres de la Haute Assemblée s'engagent dans la lutte clandestine. Parmi eux, Pierre Chaumié, sénateur du Lot-et-Garonne, remplit les fonctions de préfet de la Résistance. Jean Maroger, élu de l'Aveyron, industriel en électricité, participe à la lutte contre l'occupant en interrompant le transport de courant et sabotant des pylônes électriques. 

Quant à François Labrousse, sénateur de la Corrèze, il est décoré de la médaille de la Résistance pour son combat auprès des clandestins et des maquisards.

Manquant de docilité, des sénateurs indisposent le gouvernement de Vichy. Victor Le Gorgeu, par exemple, est révoqué de ses fonctions de maire de Brest pour avoir refusé de voter une motion de confiance à Pétain. De même, Henri Queuille est démis de son mandat de maire de Neuvic, en Corrèze. Il parvient à gagner Londres où il lance sur les ondes un appel aux paysans de France, ce qui lui vaut d'être déchu de la nationalité française et de son mandat sénatorial.

 


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