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Une journée au jardin du Luxembourg sous la IIIème République



 

LES CHAISES

 

Pour enchérir, il est néanmoins nécessaire d'être préalablement agréé par la Questure du Sénat qui, sur présentation d'un extrait de cahier judiciaire, peut autoriser un candidat à concourir.

Si le loyer annuel est payé au receveur des Domaines, c'est la Questure du Sénat qui est chargée de faire respecter le cahier des charges et demeure en permanence juge du nombre de sièges nécessaire aux besoins du public. Outre les prescriptions applicables à l'ensemble des contrats, des charges particulières sont imposées à l'adjudicataire, responsable de la mise en place des sièges dans le jardin, de leur rangement journalier et de leur entretien.  

Il est ainsi prévu que « les fauteuils et chaises en fer et les chaises en bois seront repeints en bambou tous les deux ans. Les patins ou pieds des chaises devront avoir au moins 0,035 m de diamètre. »

 

Indépendamment des personnes préposées à la perception du prix de location des sièges - les chaisières, souvent caricaturées sous l'aspect de vieilles femmes acariâtres et dont l'ingrat métier ne disparaîtra qu'en 1974 - un employé du loueur doit être mis à la disposition de la Questure pour ranger et déplacer les sièges en fonction des nécessités propres au jardin.  

S'agissant du personnel, le règlement précise enfin que « les agents du concessionnaire devront être convenablement vêtus, polis envers le public et porter un brassard de reconnaissance. »

C'est ce même cahier des charges qui fixe le montant des redevances que le concessionnaire est autorisé à percevoir.

En 1920, les tarifs, en francs, sont ainsi fixés : 0,20  pour les chaises et 0,30 pour les fauteuils ; 0,25 pour les chaises et 0,40 pour les fauteuils dans les enceintes délimitées réservées aux concerts ; et 0,50 par siège sur les voies parcourues par des cortèges officiels, défilés ou revues.

Au fil des années, le bail de location, initialement succinct, se transforme en un document d'une dizaine de pages, à la rédaction détaillée et enrichi des multiples avenants. Ainsi, en 1922, la perception du prix de location des sièges est suspendue entre 12 heures et 13 heures 30 afin de « permettre aux ouvrières parisiennes de se reposer ou de prendre leur repas dans les squares et jardins sans grever leur modeste budget d'une dépense supplémentaire ». A partir de 1926, le personnel du Sénat peut occuper librement les chaises du jardin. En 1929, la gratuité des sièges est définitivement acquise aux mutilés de guerre qui  bénéficiaient jusqu'alors d'une simple réduction.