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GEORGES CLEMENCEAU (1841-1929)

 

Nommé ministre de l'Intérieur du cabinet Sarrien, en mars 1906, il est immédiatement confronté aux problèmes posés par l'application du texte, notamment les fameux inventaires. Le 20 mars 1906, il promet de faire preuve de modération : « Nous trouvons que la question de savoir si l'on comptera ou si l'on ne comptera pas des chandeliers dans une église ne vaut pas une vie d'homme ». Dix jours plus tard, un incident l'oblige cependant à défendre le droit des gendarmes à répliquer aux violences des manifestants.


Après les élections de mai 1906, qui marquent une victoire de la gauche républicaine, il vient faire à la tribune du Sénat une déclaration de politique générale, annonçant de multiples réformes qu'il tente de mettre en œuvre en arrivant à la Présidence du Conseil, en octobre 1906. Les événements rendent difficile l'application de son programme : après les inventaires, c'est la question sociale qui focalise l'attention du Gouvernement, par une vague de grèves accompagnées de violence.

Pendant sa présidence, Clemenceau s'exprime peu au Sénat, laissant la parole à ses ministres. Ses apparitions viennent appuyer la politique gouvernementale sur quelques points clés. Ainsi défend-il, le 11 décembre 1906, le transfert des cendres de Zola au Panthéon, face à des opposants qui, encore mal convaincus de l'innocence de Dreyfus, vilipendent une littérature « pornographique » et trop peu nationaliste. Le 25 juin 1908, Clemenceau argumente en faveur du rachat de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, affirmant la capacité de l'État à administrer un tel bien. Le 9 juillet 1907, il s'explique sur la révolte des viticulteurs dans le Midi et justifie son attitude vis-à-vis des mutins du 17e régiment d'infanterie. Après avoir acquis une redoutable réputation de briseur de grèves, il défend, le 15 juin 1909, l'amnistie des fauteurs de troubles, afin de « calmer les esprits » et de les « préparer à l'observation des lois en leur montrant que le Gouvernement n'est pas impitoyable ». Par ailleurs, le 9 juillet, lors de l'examen d'une proposition de loi relative à la réglementation du travail et aux conditions de retraite du personnel des chemins de fer français, il s'oppose aux dispositions tendant à restreindre le droit de grève : on ne peut « prévenir en supprimant la liberté, pour ne pas avoir à punir les excès de la liberté ».

 

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