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RENÉ COTY (1882-1962)

 

Avocat inscrit au barreau de sa ville natale du Havre, René Coty devient vite populaire, en particulier à l'occasion de l'affaire Jules Durand, défendant avec courage un syndicaliste accusé injustement de meurtre. Il a 28 ans et ce n'est que le début des combats sociaux et politiques que cet homme de droit ne cessera plus de mener.
Soucieux d'améliorer les conditions de vie de ses concitoyens, il s'engage dans la politique et, après plusieurs mandats locaux, accède rapidement à la Chambre des députés. Sa carrière d'élu local prend alors une dimension nationale.

Aux élections sénatoriales du 20 octobre 1935, il devient sénateur de la Seine Inférieure , se démet de son mandat de député et s'inscrit au groupe de l'Union républicaine de la Haute Assemblée.
Il entre successivement aux commissions de la marine, de l'Algérie dont il devient secrétaire, du commerce et de l'industrie dont il devient vice-président, de la comptabilité, des colonies et des finances.
En 1936, il dépose deux propositions de loi relatives l'une à l'indemnité de plus-value en faveur du fermier sortant, l'autre au régime des baux à ferme.
A la tribune, il défend la liberté syndicale à travers ses amendements au projet de loi relatif aux conventions collectives du travail : « Ce que je demande, c'est que le syndicat qui, dans mon hypothèse est le plus puissant, qui, dans votre thèse, monsieur le ministre est le plus représentatif, n'ait pas le monopole de la représentation » dans l'élaboration des conventions.
Il participe à la discussion du projet de loi de 1937 qui réglemente le prix de vente des fonds de commerce, et l'année suivante, défend un amendement, à l'occasion du texte relatif aux procédures de conciliation et d'arbitrage, qui permet à l'État et aux collectivités territoriales d'intervenir lorsqu'ils sont parties au contrat. A ses détracteurs, il répond : « Je défends un intérêt supérieur à tous les autres, aux intérêts patronaux comme aux intérêts ouvriers, l'intérêt général ».
La même année, il prend part aux débats relatifs aux conventions collectives dans l'agriculture et à la situation des concierges au regard de la législation du travail.

En 1939, René Coty s'oppose à la réforme des régimes matrimoniaux qui substitue au régime légal de la communauté universelle celui de la communauté réduite aux acquêts. Selon lui, cette modification n'aboutirait qu'« à aggraver l'injustice dont souffre la femme mariée ». Dès cette époque, il se qualifie de « féministe » mais « non pas tant du haut des principes, que dans le terre-à-terre de la réalité pratique ». C'est ainsi qu'il souscrit au droit pour la femme d'avoir un compte en banque et défend le droit de contrôle de la femme sur la gestion de la communauté par le mari.
Il intervient dans la discussion de la loi de finances pour l'exercice 1940 puis, alors que la guerre éclate, s'intéresse à l'utilisation rationnelle et équitable des mobilisés et remet un rapport sur les conditions d'exercice du mandat des sénateurs mobilisés.
Enfin, il dépose une proposition de résolution tendant à rendre effectif le contrôle du Parlement sur les émissions politiques radiodiffusées par les postes d'État.  

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Dossier : René Coty, un sénateur à l'Élysée