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                              EDGAR FAURE (1908-1988)

Au sujet du projet de loi portant ratification du traité sur la coopération franco-allemande, il reproche au Gouvernement, le 20 juin 1963, de ne pas parler franchement de ses intentions. Il souhaiterait que le pouvoir exécutif précise sa volonté en matière de construction européenne, et il demande au ministre de s'appuyer sur le Sénat : « Pourquoi ne chercheriez-vous pas, pour mener cette politique difficile, la coopération et l'appui de votre Parlement ? [...] Ce Sénat, que vous boudez, pourrait vous apporter un appui qui vous serait plus tard peut-être nécessaire. »

Le 17 novembre 1965, il intervient longuement sur le projet de loi portant approbation du Plan de développement économique et social. A ses yeux, « la formule française est à mi-chemin entre ces deux données extrêmes : absence de plan ou plan de pure théorie, d'une part, et, d'autre part, plan totalement obligatoire et nécessairement bureaucratique ». Cette analyse lui permet de placer la France « au point de synthèse prochaine et probable entre le libéralisme et le socialisme ».

Edgar Faure cesse son mandat sénatorial le 8 février 1966 pour devenir ministre de l'agriculture, de l'éducation nationale, puis des affaires sociales. Il est élu maire de Pontarlier, conseiller général et député du Doubs. Au Palais Bourbon, il exerce les fonctions de président de l'Assemblée nationale de 1973 à 1978. Président du conseil de la région Franche-Comté, il figure également parmi les représentants à l'Assemblée des communautés européennes. Titulaire d'une agrégation en histoire du droit romain depuis 1962, professeur à la faculté de Dijon, auteur d'ouvrages politiques et historiques, de romans policiers, de chansons et d'une pièce pour piano, il entre à l'Académie française le 8 juin 1978.

Réélu sénateur le 28 septembre 1980, cette fois dans le département du Doubs, il redevint maire de Port-Lesney en 1983. Au Palais du Luxembourg, lors de la discussion du projet de loi de finances pour 1981, il dénonce « le mode actuel de financement des charges sociales » qu'il estime « pernicieux ». Il préconise de diminuer les charges pour augmenter l'emploi, et conclut en s'adressant au ministre : « je n'ai pas l'intention de faire ici un grand discours. Le budget est comme les mariages : il y en a de bons, il n'y en a pas de délicieux. Mettons que le vôtre n'est pas mauvais ».

 


 Le 30 septembre 1981, lors de la discussion du projet de loi portant abolition de la peine de mort, il accepte l'abrogation de cette sanction tout en demandant qu'elle soit maintenue dans quelques cas précis comme la récidive d'assassinat, le meurtre des agents chargés d'une mission d'ordre, et la mort des enfants qui ont fait l'objet d'un enlèvement crapuleux.

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