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FRANÇOIS MITTERRAND (1916-1996)

 

Les trois années pendant lesquelles François Mitterrand est sénateur sont les trois dernières de la guerre d'Algérie. Elles sont également marquées par l'accession à l'indépendance de la plupart des pays d'Afrique francophone et les débuts de la construction européenne. Il y consacre l'essentiel de son travail parlementaire et, de 1959 à 1961, questionne le Gouvernement tout en déplorant les incohérences de sa politique et les contradictions dans ses déclarations.

Il affirme sa conviction que la sortie de la question coloniale passe par « la reconnaissance du droit à l'autodétermination des peuples » alors que, dans le même temps, « s'impose la nécessité de reconnaître, dans le monde où nous vivons, que les droits de souveraineté doivent connaître leurs limites. Le courant qui pousse les peuples vers l'autodétermination - allié à la nécessité de contenir les exigences des souverainetés nationales - conduit à se ranger derrière un système qui gouverne aujourd'hui des centaines de millions d'hommes et de très grands pays et qui s'appelle le fédéralisme ».

Le 21 novembre 1961, il regrette que le caractère « inévitable » de la disparition des colonies et ses conséquences sur la place de la France sur la scène internationale n'aient pas été mieux anticipées et estime, « afin de mieux garder les chances de la France , [...] qu'il faut que l'éducation nationale soit précisément le grand ministère parmi les autres, le grand ministère qui prépare pour 1970 les grandes perspectives françaises ».

François Mitterrand déplore le recul de l'influence de la France dans le monde. Le 12 juin 1962, il analyse la constitution de l'axe Paris-Bonn, son incidence sur la construction de l'Europe et sur l'avenir de la politique étrangère française. Critiquant la gestion par le Gouvernement de la décolonisation de l'Afrique noire et la façon dont il organise les relations avec les anciennes colonies, il l'invite à « retrouver le ton que le Général de Gaulle, au moins une fois dans sa vie, à la face du monde sut employer lorsqu'il était dans la peine et dans l'espoir, et la France avec lui ». Il souhaite que la France fasse entendre sa voix afin qu'elle revienne, selon les mots du président Senghor qu'il cite en conclusion de son intervention, « à sa vocation véritable qui est d'être la mère des libertés et d'être un guide dans le monde ».

Le sénateur François Mitterrand parle pour la dernière fois dans l'hémicycle le 23 juillet 1962, à l'occasion de la discussion du projet de loi autorisant la ratification du traité de cession des Établissements français de l'Inde, pour insister sur la nécessité de tirer les enseignements des conditions dans lesquelles la France s'est désengagée de ces territoires.

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