Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée


ALAIN POHER (1909-1996)


« D'un Sénat méprisé qu'on voulait supprimer, j'ai fait une assemblée restaurée pesant son poids dans la vie politique de notre pays ».

Né le 17 avril 1909 à Ablon-sur-Seine, Alain Poher, ingénieur des mines, licencié en droit, diplômé de l'École libre des sciences politiques, entame peu avant la guerre une carrière de haut fonctionnaire au ministère des finances. Européen convaincu et fervent chrétien, Alain Poher va connaître un destin national que sa modestie et sa simplicité ne laissaient pas augurer. Élu une première fois au Conseil de la République de 1946 à 1948, il est réélu en 1952 et conserve son siège pendant 43 ans. Président du Sénat pendant 24 ans de 1968 à 1992, il assure à ce titre l'intérim de la présidence de la République à deux reprises : en 1968 après la démission du général de Gaulle et en 1974, lors du décès de Georges Pompidou.  

Il participe dès ses débuts à la construction européenne et ne cesse d'œuvrer pour la réalisation d'un idéal qu'il partage avec Robert Schuman et Jean Monnet. Titulaire d'un mandat européen de 1952 à 1978, il est parmi les premiers à siéger à l'assemblée parlementaire de la CECA , puis à l'assemblée parlementaire des communautés européennes dont il préside le groupe Démocrate chrétien. Il est élu président du Parlement européen de 1966 à 1969. Alain Poher incarne aussi les élus locaux et les collectivités territoriales. Maire d'Ablon de 1945 à 1983, il préside l'Association des maires de France de 1977 à 1983.  

C'est sur l'incitation de Robert Schuman dont il est le chef de cabinet qu'Alain Poher se présente aux élections du tout nouveau Conseil de la République , issu de la Constitution de 1946. Il se présente en Seine-et-Oise sous l'étiquette du Mouvement républicain populaire qui correspond à sa sensibilité de démocrate-chrétien et est élu le 8 décembre 1946. Il siège à la commission des finances dont il est nommé rapporteur général, fonction qu'il occupe avec passion et rigueur. Le 18 mai 1952, il est réélu sénateur MRP et siège désormais au Palais du Luxembourg jusqu'en 1995. Membre de plusieurs commissions sénatoriales, il intervient notamment sur des questions budgétaires mais sa carrière de parlementaire reflète surtout son engagement européen. Il expose sa vision de l'Europe lors de la discussion au Sénat du projet de loi relatif aux communautés économique et atomique européennes. Conscient qu'elle se fera « par une éducation progressive des esprits », il la voit avant tout comme un « pari sur l'avenir commun de nations liées par un même passé, sur un regain de jeunesse et de vitalité et non par une confrontation jalouse », persuadé que « le Marché commun favorisera la prospérité générale » et animé par la volonté de substituer « l'Europe de la coopération et de l'espoir » à celle de « la violence et de la haine ».


 Page 2

Dossier : Hommage à Alain Poher