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RAYMOND POINCARÉ (1860-1934)

 

 

Le destin exceptionnel de Raymond Poincaré, homme mûr, a quelque peu estompé la première partie de sa vie. Sa précocité en est l'un des éléments les plus frappants. Né à Bar-le-Duc en 1860, licencié en droit et en lettres à 21 ans, premier secrétaire de la Conférence des avocats à 22 ans, il entre dans la vie politique en 1886 et devient le benjamin des conseillers généraux de la Meuse , département dont il sera député un an plus tard, à 27 ans. L'un de ses collègues de la Chambre des députés rapporte qu'il avait l'air d'un Saint-cyrien qui s'est trompé de caserne. Au Palais Bourbon, il acquiert rapidement une compétence financière qui le porte aux responsabilités de rapporteur général du budget. En 1893, le nouveau Président du Conseil, Charles Dupuy, choisit, pour compléter son gouvernement, deux jeunes parlementaires : Louis Barthou reçoit le portefeuille des Travaux publics et Raymond Poincaré, celui de l'Instruction publique et des Beaux Arts. Les journalistes, étonnés de leur jeunesse, les surnomment « les deux gosses du gouvernement ». Le 22 février 1903, à Bar-le-Duc, Raymond Poincaré est élu sénateur de la Meuse. Il a 42 ans. Ernest Lavisse, quelques années plus tard, le qualifiera de « sénateur prématuré ». 

Il n'a jamais véritablement expliqué les raisons qui l'ont poussé à briguer un mandat sénatorial. On peut toutefois penser qu'il apprécie, au Palais du Luxembourg, l'ambiance calme et studieuse, le soin apporté par les sénateurs à élaborer les textes législatifs. « Ils travaillent peut-être moins que les députés, dit-il, mais ils travaillent souvent mieux ; ils ne prennent pas l'agitation pour de l'activité ».

Admirateur de Jules Ferry et de Gambetta, Raymond Poincaré se définit comme un « républicain progressiste, défenseur absolu des institutions » et précise qu'il est partisan de « toutes les réformes sages et bien étudiées ». Profondément laïc, il respecte les opinions et les croyances d'autrui et soutient les associations laïques, en particulier la Ligue de l'enseignement. A son entrée au Sénat en 1903, il adhère au groupe de l'Union républicaine, puis à l'Alliance démocratique dont le programme correspond à ses propres convictions de fermeté laïque et de progrès social.

 

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