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28 octobre 1859 : L'HEMICYCLE S'ENFLAMME

 




M. Regnart est l'inspecteur des bâtiments.  Il répond sur la fermeture à clé des portes, qui n'est plus contrôlée depuis la Chambre des Pairs. L'incendie aurait été causé par le manque de soin apporté à la salle du lustre.

Demande : Que savez-vous de l'incendie qui est l'objet de cette enquête ?
Réponse : Quand j'ai vu pour la première fois l'incendie, il avait une certaine intensité. La flamme sortait du côté de l'Ouest. J'ai contribué à faire donner les premiers secours, en faisant arracher les tapis de la salle, et faisant enlever les fauteuils qui commençaient à brûler.

Demande : Vous devez connaître l'escalier qui conduit aux combles et aboutit aux lieux où le chauffeur Simon a son atelier. Cet escalier est d'un usage mixte, puisqu'il peut s'ouvrir à la fois au service des bâtiments et à celui de l'administration intérieure, surtout pour les lampistes qui ont soin du lustre ? 

Savez-vous si cet escalier était fermé ou si au contraire il était ouvert de manière à permettre aux ouvriers travaillant dans le Palais ou aux hommes de service de monter dans la chambre du lustre ?

Réponse : Cet escalier descend au rez-de-chaussée et les portes sont toujours ouvertes. Le chauffeur n'a affaire qu'en bas, mais les portes restant ouvertes, tout le monde peut se rendre en haut.

Demande : Pourquoi ces portes conduisant à la partie supérieure, qui sont numérotées et ont des clefs numérotées n'étaient-elles pas fermées ? Qui avait la surveillance de cet escalier ?
Réponse : Ces portes, dans le temps de la session, sont toujours ouvertes jusqu'au premier, où est le vestiaire des huissiers. Le reste de l'année, je n'y ai jamais rencontré personne.

Demande : Cependant, vous comprenez l'importance qu'il y avait à les fermer ?
Réponse : Je le comprends. Toutes ces clefs numérotées étaient pendues, sous la Chambre des Pairs, dans une armoire située dans la salle du silence, sous la garde du brigadier ou de celui qui le remplaçait. Cet état de choses devrait encore exister.

Demande : Dans votre appréciation, à qui attribuez-vous la cause de cet incendie ?
Réponse : Je ne saurai le dire, cependant j'ai pensé qu'il fallait l'attribuer à un manque de soin, à ce qu'on laissait dans la chambre du lustre des chiffons gras, des ordures.

Demande : En quel bois était le plancher de la salle dite du lustre ?
Réponse : En sapin. Il y avait une grande trappe que le lustre touchait presque, et elle était en sapin, une partie seulement de cette salle était carrelée.

Demande : Pourriez-vous me dire dans quel coin vous aviez-vu des vieux chiffons ?
Réponse : C'était surtout sur la partie boisée ?

Demande : Est-il à votre connaissance que des ouvriers aient nettoyé le lustre, et quel jour ces travaux auraient-ils cessé ?
Réponse : Je ne le sais pas. Je n'en ai pas eu connaissance.

Lecture faite, le comparant a signé.

Signé : Regnart.