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La salle René MONORY 1818-2018

 

Au XIXe siècle

 

1. Un vestiaire (1818)

Plan d'aménagement du rez-de-chausée de la galerie Est en vestiaire. (Archives du Sénat, 573 S 4)

Plan du rez-de-chaussée (Archives de la DAPJ)

 

En 1818, la Chambre des Pairs décide d’aménager un vestiaire dans le rez-de-chaussée de la galerie Est. Le coût total de cet aménagement s’élève à 6 760 francs de l’époque comprenant les travaux de serrurerie, de menuiserie et peinture sans oublier la fourniture de paillassons, vergettes et autres baguettes à battre les habits.

 

 

Le rez-de-chaussée porte alors le nom de « galerie de la chapelle », car il se trouve à proximité immédiate de celle-ci ainsi que l’indique le plan ci-contre où l’emplacement de la chapelle à l’époque est figuré en rouge.

 

2. Une chapelle (1843-1870)

Rapport du duc DECAZES sur l'établissement d'une nouvelle chapelle, 20 juin 1843 (Archives du Sénat, 71 S 214).

 

Mais devant l’accroissement du nombre de pairs ainsi que la multiplication des mariages célébrés dans cette chapelle, le duc DECAZES, alors grand référendaire, convient de la nécessité de créer une chapelle, installée dans le vestiaire, qui, outre sa taille, présente l’avantage d’être directement accessible depuis la cour.

Dès l’été 1843, Alexandre-Denis ABEL de PUJOL (1785-1862), sélectionné par le ministère de l’Intérieur pour l’exécution des peintures de la chapelle avec les peintres Jean GIGOUX (1806-1894) et Théophile VAUCHELET (1802-1873), démarre ses travaux. ABEL de PUJOL est chargé de réaliser la peinture du mur derrière l’autel et d’illustrer le thème des vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse. VAUCHELET, quant à lui, est désigné pour peindre les quatre grands médaillons de la voûte représentant quatre animaux ailés (Ézéquiel, I, 5-14). GIGOUX réalisera les quatre grandes peintures latérales destinées à prendre place à l’intérieur des arcades des anciennes fenêtres, à savoir en partant de l’entrée actuelle de la salle  : Saint Philippe apôtre guérissant un malade puis Saint Louis pardonnant aux révoltés après la bataille de Taillebourg outre Saint Louis en Palestine enterrant les morts, et Le mariage de la Vierge.

 

À la demande du ministère de l’Intérieur, la chapelle reçoit également deux bénitiers de marbre du sculpteur Louis CHAMBARD (1811-1895) alors que le grand référendaire aurait préféré confier la commande à Jean-Baptiste KLAGMANN (1810-1867). Les objets liturgiques (croix, chandeliers, vaisselle) sont commandés à la maison Christofle ; le linge et les habits liturgiques chez Oudot, linger, rue Saint Jacques et les livres liturgiques au relieur Blaise, rue Visconti.

Les établissements Maigret et Thuillier livrent le mobilier : huit chaises prie-Dieu en acajou, avec des fonds garnis et recouverts de velours cramoisi à clous dorés et des dossiers à panneaux sculptés, surmontés d’un appui garni et recouvert de velours cramoisi. S’y ajoutent deux housses de prie-Dieu en velours cramoisi, galonné et frangé en or, destinées à recouvrir deux anciens prie-Dieu du Palais, jugés très ordinaires. Par ailleurs, Maigret et Thuillier fournissent aussi divers travaux de tapisserie murale (garniture en crin recouvert de velours avec clous dorés sur l’appui de la balustrade et portières en velours pour les portes d’entrée), un tapis d’Aubusson représentant un bouquet de fleurs sur fond brun pour couvrir le chœur, les marches de l’autel, la partie arrière de l’autel et l’escalier conduisant au vestibule.

 

Rapport sur la consécration de la chapelle le 27 décembre 1845 (Archives du Sénat, 573 S 49).

Rapport sur la consécration de la chapelle le 27 décembre 1845 (Archives du Sénat, 573 S 49).

 

L’essentiel des travaux étant terminé en 1845 la chapelle est consacrée le 27 décembre de la même année.

 

 

 

Portrait de l'abbé GRIVEL. Extrait d'Hippolyte BARBIER, La Biographie populaire du clergé contemporain, Paris, Appert, 1841 (Bibliothèque du Sénat)

 

La chapelle fut desservie par l’abbé Louis GRIVEL, auquel on adjoignit rapidement deux enfants de chœur, les frères Léon et Ernest PÉRINET. Né en 1800, à Ambert dans le Puy-de-Dôme, remarqué par le duc DECAZES, l’abbé GRIVEL fut l’aumônier de la Chambre des Pairs de 1835 à 1848. Exerçant son ministère à temps partiel, il vit sa rémunération « écrêtée » parce qu’il percevait, par ailleurs, une rémunération supérieure pour un autre emploi public. Surnommé par la presse « le Racine de la chaire », il publia, en 1862 chez Valon : La prison du Luxembourg sous le règne de Louis-Philippe : Impressions et souvenirs.

 

 

 

Cachet de la chapelle du Sénat sous le Second Empire (Archives du Sénat, 71 S 335).

 Lettre autorisant le mariage dans la chapelle de Mademoiselle RATISBONNE, fille du bibliothécaire du Sénat (Archives du Sénat, 71 S 335).

Sous le Second Empire, la chapelle est très régulièrement demandée pour la célébration de mariages des sénateurs, de leurs enfants, de leurs petits enfants ou des membres du personnel. L’organiste titulaire est Edmond HOCMELLE, aveugle de naissance, lauréat du conservatoire et des concours orphéoniques et, par ailleurs, également organiste à Saint‑Philippe-du-Roule.

Archives du Sénat, 71 S 335

Un règlement fixant les tarifs applicables aux usagers pour la célébration des mariages fut établi en 1854.

 

3. Un local d'archives (1871-1875)

Après la guerre de 1870, la chapelle est désaffectée. Elle sert un temps de local d'archives pour la préfecture de la Seine, lorsque le Palais du Luxembourg est mis à sa disposition, en 1871.

Après la réinstallation du Sénat au Palais du Luxembourg en 1879, la salle reste sans affectation particulière jusqu'en 1905.