LECONTE DE LISLE, BIBLIOTHECAIRE DU SENAT
SA VIE, SON OEUVRE
| En fin d'année 1852 paraissent les Poèmes antiques, 31 pièces placées en grande partie sous le signe de la beauté grecque. Ce retour à l'hellénisme enthousiasmait écrivains, érudits et sculpteurs : "Et maintenant la science et l'art se retournent vers les origines communes". Leconte de Lisle prône surtout le culte de la beauté pure : "O liberté, justice, ô passion du beau Dites-nous que votre heure est au bout de l’épreuve." Il pense que la fonction du poète est de réaliser le Beau "par la combinaison complexe, savante, harmonique des lignes, des couleurs et des sons, non moins que par toutes les ressources de la passion, de la réflexion, de la science et de la fantaisie ; car toute œuvre de l'esprit dénuée de ces conditions nécessaires de beauté sensible, ne peut être une œuvre d'art." Le recueil Poèmes et poésies sort en 1855, les Poésies complètes en 1858. Les Poèmes barbares, en 1862, font revivre les civilisations étrangères au monde gréco-romain, celles que les Grecs appelaient barbares. |
| En 1871, il publie un "Catéchisme populaire républicain": ses prises de position rationalistes et antireligieuses émeuvent un des membres de l'Assemblée nationale, Dufaur de Gavardie, qui interpelle le Gouvernement le 6 janvier 1872. Le Garde des sceaux répond quelques phrases évasives et l'incident n'a pas de suite. Le nom de Leconte de Lisle n'est pas prononcé. En 1873, il fait jouer à l'Odéon les "Erynnies", tragédie en deux actes avec une musique de scène de Massenet. Les Poèmes tragiques sortent en 1884 et les Derniers poèmes en 1895, quelques mois après sa mort. De même "Appollonide", opéra dont Franz Servais a écrit la musique, ne sera joué qu'en 1899. Les difficultés matérielles Sa vie matérielle fut toujours difficile. Ne pouvant subsister par la publication de ses poèmes, il effectue de nombreuses traductions, dont l'Iliade, l'Odyssée, Hésiode. En 1864, sa situation s'aggrave avec l'arrivée à Paris de sa mère et de ses deux soeurs, dépourvues de ressources. C'est à cette époque qu'il accepte de l'Empereur une pension de 300 francs : "Une inexorable nécessité m'a contraint d'accepter". En 1870, lors de la restauration de la République, les journaux publient les Papiers impériaux qui révèlent la pension dont bénéficiait Leconte de Lisle : il est traîné dans la boue par la presse. Il répond dans le journal Le Gaulois : "Permettez moi de vous déclarer que je n'ai jamais aliéné la liberté de ma pensée, ni vendu ma plume à qui que ce soit." |




