Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée

 

Illustration : gallo-romains

Illustration : Château de Vauvert

 

Illustration : Au Diable Vauvert !

 

Illustration : La Chartreuse de Vauvert

Illustration : Marie de Médicis

Illustration : Le couloir du temps

 

Illustration : le jardin aujourd'hui

 

 

Mémoire du Luxembourg

 

Illustration : Palais du Luxembourg et monastère de Vauvert

Exposition à l'Orangerie du Luxembourg
du 29 juin au 31 juillet 2004


 

RENSEIGNEMENTS

Orangerie du Sénat
19 bis, rue de Vaugirard
75006 Paris

Du 29 juin au 31 juillet 2004
Tous les jours de 11 heures à 19 heures


Entrée gratuite

ACCÈS
Métro : ligne 4, station Odéon ou Saint Sulpice ; ligne 10, station Mabillon ou Odéon ; ligne 12, station Rennes
Bus : lignes 58, 84, 89
RER : ligne B station Luxembourg
Parking public : place Saint Sulpice, rue de l'Ecole de Médecine, rue Soufflot


Dans le but de célébrer le 400ème anniversaire du tout début de l'Elixir Végétal de la Grande Chartreuse qui a pris naissance dans l'ancienne Chartreuse de Vauvert à Paris, un partenariat vient d'être instauré entre le Sénat et la Chartreuse.

L'histoire, en effet, dépasse largement l'anniversaire en question : le Luxembourg est à lui seul une mémoire ! Une mémoire prestigieuse : c'est sur le Luxembourg que furent érigés le premier camp romain, le premier château d'un roi capétien, le premier monastère Chartreux en proximité de ville, sans compter l'étonnante confrontation des jardins les plus vastes d'alors, celui de Marie de Médicis et celui des Chartreux dont, aujourd'hui encore, le Sénat cultive le précieux héritage.

Ainsi, dans l'Orangerie du Sénat, se tiendra du 29 juin au 31 juillet une exposition qui permettra de découvrir une histoire trop longtemps oubliée, grâce à diverses reconstitutions : entre autres, atrium romain, salle de gardes, cloître de monastère...
L'histoire d'un lieu unique : sur 500 m2 sont reconstitués les grandes périodes de l'antiquité gallo-romaine au jardin actuel, en passant par l'étonnante confrontation des jardins les plus vastes du XVIIème siècle, le jardin horticole des Chartreux, développé par les moines depuis le XIIIème siècle et le jardin d'agrément de Marie de Médicis.
Un espace présente le travail des jardiniers du Sénat qui en cultivent aujourd'hui les précieux héritages.


Le Luxembourg au IIIème siècle : Gallo-romains

Illustration : boucle de ceinture Ier siècle après JC
Les éléments de décorations et les objets découverts à l’occasion de nombreuses fouilles prouvent la présence de villas occupées par des habitants aisés. Ce sont des objets raffinés comme un manche de miroir, un bracelet, des boucles d’oreilles… La villa mise à jour sur la façade ouest du palais actuel semble avoir été édifiée vers la fin du I° siècle de notre ère. Elle devait être décorée de fresques polychromes et ornée au moins d’un bassin en mosaïque.

Ce lieu abrite aussi des ateliers de poterie, signe d’un quartier artisanal : furent mis à jour un grand nombre de morceaux de poterie sigillée ornée, des fosses-dépotoirs recueillant les débris des artisans et même un four de potier. Ainsi qu’une importante quantité de couches superposées de céramiques gallo-romaines

Les puits découverts dans le quartier du Luxembourg (une centaine) ont une profondeur allant de 6.00 à 11.50 mètres et un diamètre de 1.20 à 1.50 mètres. Ils ont été remblayés de sédiments dans lesquels on trouve des vases en verre ou en céramique contenant parfois des aliments tels que huîtres, moules, œufs et fruits. Il s’agit sans doute de fruits à caractère votif.

 

Le Luxembourg au XIème siècle : le Château de Vauvert Illustration : Robert le Pieux


En 1016, Paris est rattaché au domaine royal de Robert II dit Robert le Pieux (970-1031), fils de Hugues Capet.

C’est alors un quartier cultivé de vignes. Le vin que l’on y récolte est tristement célèbre pour son acidité ! Sa consommation immédiate s’impose rendant le vin nouveau plus cher que l’ancien !

Robert le Pieux établit sa résidence au milieu de ces vignes, dans une vallée de verdure qui prend le nom de « Vauvert » (vallis viridis). Ce château serait donc l’une des toutes premières résidences royales de Paris. Malgré sa piété légendaire, Robert II répudie son épouse Rosalia pour épouser sa cousine Berthe de Bourgogne. Le pape l’excommunie, estimant le lien de parenté trop proche.

A sa mort en 1031, la résidence est abandonnée : il n’est pas bon de récupérer la demeure d’un roi excommunié : c’est un lieu maudit, on y craint la présence du diable.

Le Luxembourg au Moyen-Age : le Diable Vauvert

Dès la mort de Robert le Pieux, le château de Vauvert prend un caractère inquiétant : situées hors des murs et à proximité de la route du sud qui mène à Orléans, ses ruines deviennent un repaire de brigands et de mendiants. Dans leur voisinage se trouvent des carrières abandonnées dont les galeries souterraines peuvent offrir de multiples cachettes. Le vignoble tout proche du clos Vigneray permet à tous ces « diables » de boire à bon marché et en abondance.
Tout cela donne au château des allures de « cour des miracles »

Les dires de l’époque évoquent des cris, des hurlements, des bruits terrifiants ! On en conclut donc que le lieu est maléfique. Des esprits, des monstres mi-hommes mi-serpents et le diable lui-même y ont été aperçus ! Nul n’ose s’y aventurer, pas même la maréchaussée.

La marginalité du château de Vauvert perdure plus d’un siècle et donnera naissance l’expression populaire : « aller au diable Vauvert ».

Le Luxembourg au XIIIème siècle : la Chartreuse de Vauvert

Illustration : Maréchal d'EstréeAu milieu du XIIIème siècle, le roi Louis IX (saint Louis), soucieux d’attirer des ordres religieux vers sa ville de Paris, demande aux chartreux, dont il admire la règle, de venir fonder un monastère à proximité. Ils répondent favorablement à cet appel pour venir, par leur présence, donner à ce lieu une dimension spirituelle.

Ils arrivent à Vauvert, le 21 novembre 1257. Le château constitue avec ses dépendances un espace de neuf arpents environ (plus de deux hectares). Grâce à de nombreuses acquisitions, les religieux ne tarderont pas à accroître leur domaine et le clos des chartreux occupe une vaste étendue de dix-sept hectares environ à la fin du siècle.

La coutume des chartreux est de s’installer dans des endroits aussi éloignés que possible des habitations. Vauvert, à cette époque, est encore relativement isolée mais ne le reste pas longtemps : les visiteurs affluent, nombreux sont ceux qui, par leurs donations, souhaitent aider les moines.

Ainsi, Vauvert ne correspondra pas toujours à l’idéal de l’ordre mais son rayonnement spirituel sera considérable.



Le Luxembourg au XVIIème siècle : Marie de MédicisIllustration : vue de la grotte du Jardin du Luxembourg


A la mort de Henri IV en 1610, Marie de Médicis, 37 ans, son épouse, devient régente du royaume jusqu’à la majorité de Louis XIII qui n’a que huit ans et demi.

La reine s’estime mal logée au Louvre et voudrait obtenir une résidence bien à elle. Elle décide de construire un palais italien afin de retrouver l’atmosphère de son pays natal.

Elle acquiert le Petit Luxembourg en 1612. C’est un simple hôtel de trois ailes qui appartient à François, duc de Piney-Luxembourg, ami de Henri IV et de le reine. Avant de l’acquérir, la reine venait souvent profiter du calme du lieu avec ses enfants en bas âge. Le dauphin Louis aimait jouer et chasser dans le jardin du duc. C’est cet éphémère propriétaire qui a donné son nom au lieu.

Pour la reine régente l’emplacement de l’hôtel de Luxembourg est idéal à plusieurs titres : il dispose d’un grand parc (huit hectares), et il peut être agrandi sans problème par l’achat de parcelles voisines car il est situé aux limites de la ville, à la campagne, entre les clos de vignes, les vergers, les prairies qui dépendent des abbayes voisines. C’est donc un quartier paisible et campagnard.

Le Luxembourg au XVIIIème et XIXème siècle : le couloir du temps

 

Illustration : le jardin au XIXème siècle

 

 

 

Illustration : bûcherons dans le jardin du Luxembourg

Le Luxembourg

Au Luxembourg souvent lorsque dans les allées

Gazouillaient des moineaux les joyeuses volées

Qu'aux baisers d'un vent doux sous les abîmes bleux

D'un ciel tiède et riant, les orangers frileux

Hasardaient leurs rameaux parfumés, et qu'en gerbes

Les fleurs pendaient du front des marronniers superbes,

Toute petite fille, elle allait du beau temps

A son aise jouir et folâtrer longtemps,

Longtemps, car elle aimait à l'ombre des feuillages

Fouler le sable d'or, chercher les coquillages,

Admirer du jet d'eau l'arc au reflet changeant,

Et le poisson de pourpre, hôte d'une eau d'argent ;

Ou bien encor partir, folle et légère en tête,

Et, trompant les regards de sa mère inquiète

Au risque de brunir un teint frais et vermeil,

Livrer sa joue en fleur aux baisers du soleil

Théophile Gautier
Poésies complètes


Le Luxembourg aujourd'hui : Le Jardin du Luxembourg

La vocation du jardin ouvert au public est ancienne. Les propriétaires successifs du Palais du Luxembourg l’ont pratiquement toujours voulu ainsi. Au début du XVIIIe siècle, la duchesse de Berry a même été conspuée pour avoir voulu fermer le parc. Les seules interruptions réelles d’ouverture n’ont été causées que par des événements extérieurs tels que les guerres.Illustration : poirier

Le jardin ne sera cependant véritablement public qu’après la Révolution. Le Palais, devenant le siège de la deuxième chambre du Parlement, le jardin est tout naturellement resté ouvert aux visiteurs. C’est ainsi que durant l’été, ils sont près de 100 000 à franchir quotidiennement ses grilles.

Le Sénat, aujourd’hui affectataire du jardin du Luxembourg, met tout en œuvre pour assurer son entretien et préserver son patrimoine végétal. Héritiers d’une longue tradition horticole, les jardiniers du Sénat perpétuent un savoir-faire et les connaissances transmises depuis les Chartreux de Vauvert. Grâce à leur travail passionné et attentif, le Jardin du Luxembourg continue d’offrir l’image d’un « vrai » jardin vivant au cœur de Paris.