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Pavillon Davioud

DU 2 AU 14 JUILLET

GRAVURES SUR BOIS DE GEORGES LE FUR

GEORGES LE FUR
EXODES

Georges Le Fur © Georges Le Fur"On me dit solitaire et il est possible que je le sois ; ce qui est sûr c’est que plonger dans ce travail de gravure sur le thème de l’exode où chaque trait est un chemin, chaque silhouette un personnage, chaque nouvel ouvrage un voyage, exige une profonde solitude. Mais il est vrai que cette solitude, l’impression que j’ai d’être dans le secret, dans la clandestinité de la vie, ne sont pas pour me déplaire car ainsi, je rejoins le destin de mes personnages.

Lorsque je suis penché sur mon bois, la gouge à la main, le savoir faire, la maîtrise technique de cet art que j’ai acquis avec le temps me permettent de rêver et c’est ce rêve intérieur qui m’aide à donner une identité propre à chaque silhouette que je mets au monde, en faisant se croiser mon intériorité avec l’actualité, le dedans et le dehors. Je les fais voyager, ces oiseaux de passage, comme je le ressens, dans la douleur, la dureté du voyage, confrontés aux dangers que représentent de tels périples. Accordez-moi qu’il est rare qu’un exode soit sans péril, et que c’est toujours un peu contraint, sinon désespéré, qu’on prend ce chemin-là…

Une silhouette peut-être actuelle et représenter un Sénégalais qui s’exile, une autre peut tout aussi bien représenter un personnage plus ancien,Georges Le Fur © Georges Le Fur voire biblique. Ce qui leur est commun, c’est mon trait : si on les regarde de près ils ne sont plus qu’un trait. Oui, et c’est là précisément où mon travail rejoint l’écriture ; je serais tenté de dire : de plus en plus. Autre point commun à ces silhouettes : qu’elles soient seules ou accompagnées, elles sont asexuées, inévitablement, et ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça. Enfin et permettez-moi d’insister : si elles sont identiques, hormis quelques silhouettes plus petites qui peuvent faire penser à des enfants ; si elles se fondent parfois dans le paysage, il reste que par-delà l’anonymat, par delà leur fragilité, elles sont là et bien là. C’est sans doute ce qui a fait dire à certains qu’inconsciemment, les silhouettes de mes personnages se rapprochaient de celles des menhirs. Il est vrai que je suis celte.

Georges Le Fur © Georges Le FurReste que toute voie solitaire a un prix, et, si je suis d’accord pour le payer, je dois dire que parfois je n’ai plus les moyens moraux ni intellectuels pour faire face, ; il peut m’arriver de sombrer, mais je n’ai pas d’autre chemin possible que celui-là. Sur cette route de l’exode, je croise aussi, heureusement, des êtres qui m’aident à continuer. Merci à eux d’être là aujourd’hui à mes côtés."

L'INVENTION D'UNE FORME

Un graphisme tiré d’une démarche vers autrui.

Dans son dernier travail, Georges Le Fur dépeint l’exode ; les exodes. Mouvements, errances, mutation des identités. Marches, déplacements et cheminements. Des exils intérieurs et des espoirs de terres d’accueil.

De cette source d’inspiration émerge un art vif. La ligne s’étire comme s’exilent les hommes. Les visages se déforment comme se lit l’émotion duGeorges Le Fur © Georges Le Fur départ. Les identités sont en mouvement. Le mouvement dénature les identités. D’où le pluriel attaché aux exodes.

Les personnages errent sur la toile des misères de la géographie humaine. Ils vont, reviennent et repartent. Ils disent l’Histoire qui recommence. Cette démarche artistique de Georges Le Fur reflète un souci d’autrui. Une volonté de comprendre, une envie de ressentir, de rencontrer l’Autre comme essence de l’Homme. L’Art comme l’essentiel. Le contraire de l’Art pour l’Art.

Une technique ancienne au service d’un art résolument moderne.

La démarche est celle d’un artisan qui remet mille fois son empreinte de bois sur l’établi. Ses œuvres évoquent la musique de Bach, un thème fougueux, incandescent et obsessionnel traité en variations.

Georges Le Fur a adopté et dompté une technique traditionnelle peu usitée de nos jours : la gravure à bois perdu. Le monochrome domine dans ce travail sur les exodes. Non pour simplifier le trait, mais pour le rendre plus percutant. Le dessin trace des courbes, esquisse des personnages indéfinis, capte l’angoisse et exprime la fuite vers l’inconnu. Le dessin se mue en calligraphie pour exprimer le désarroi. Cette calligraphie est un nouvel alphabet poétique. Une écriture qui n’est pas celle du désastre, mais de l’espoir.

Georges Le Fur © Georges Le Fur Ainsi apparaît une forme qui n’est ni du figuratif ni de l’abstrait. Ces xylographies « évoquent », « parlent » et « soulignent ». De cette poétique en noir et blanc émerge la force d’un art neuf et profond.


L'ARTISTE

Autodidacte dans ses recherches picturales comme dans sa vie, Georges Le Fur s’adonne d’abord à la gouache jusqu’à sa rencontre avec Claude Huart, qui l’initie à la gravure sur bois perdu, technique oubliée que cet ancien directeur des Beaux Arts de Lorient a remis au goût du jour.

Lors de ses nombreux voyages, Georges Le Fur a été témoin de la misère, celle qui fait déplacer les peuples, celle qui fait des hommes des exilés, celle qui, malgré tous ses côtés noirs, engendre l’espoir d’un monde meilleur.

Georges Le Fur © Georges Le Fur L’Exode originel, c’était l’envie de sortir d’Égypte, de s’en sortir, de se libérer de l’esclavage. Aujourd’hui encore, les hommes sont confrontés aux exodes. Ils sont poussés à partir par d’autres formes d’esclavage : la famine, la guerre, la peur, l’oppression...

Le thème des Exodes s’est peu à peu imposé dans sa peinture et sa gravure. Cet univers s’est aussi enrichi de ses lectures, du Petit Prince de Saint-Exupéry à Si c’est un homme de Primo Levi, en passant par le Voyage au bout de la nuit de Céline.

De l’exode d’un peuple au voyage intérieur.

Georges Le Fur © Georges Le FurQue l’exode soit subi ou choisi… il est avant tout une épreuve, un bouleversement qui transforme à tout jamais celui qui l’a vécu. Les dangers et les conditions difficiles du voyage : traversée du désert, passage de frontières, trajet à pied, en train, en bateau… révèlent et forgent le caractère. On rejoint ici la quête initiatique de Kipling, de Kerouac ou même de Jünger. L’exode, finalement, dépouille l’homme de ses artifices. Il révèle l’essentiel : l’humain qui est en nous.

Georges Le Fur a d’abord, pendant plusieurs années, représenté de nombreuses foules en marche, mouvantes et anonymes.

C’est finalement vers la dimension du voyage intérieur que son œuvre s’oriente aujourd’hui. Les lignes s’épurent pour rejoindre l’écriture et la calligraphie. Elles tracent les empreintes qui marquent l’être en exode, elles se font à la fois mémoire et chemin.

L’HOMME

Une démarche engagée

En parallèle, Georges Le Fur s’investit dans de nombreuses actions pédagogiques autour de la gravure sur bois, auprès d’enfants d’écoles Georges Le Fur © Georges Le Furmaternelles et élémentaires, de jeunes adultes handicapés…

Il participation à l’édition 2006 de « l’Art s’emporte » à Lanester. Et en 2008, à l’aventure du « Musée éphémère » de Lorient.

Depuis 2006, il donne des cours de gravure au Centre Pénitentiaire de Ploemeur, ce qui lui permet d’entretenir un riche échange épistolaire avec certains détenus.

En mars 2007, il participe aux Journées de la Francophonie organisées en République Tchèque : exposition et conférences sur « les exils, les exodes».

Bio express

Né à Dakar, en 1955, de parents bretons, Georges Le Fur s’est depuis toujours adonné à la peinture en autodidacte.
En 1980, il part à l’aventure et, pendant 5 ans, vagabonde autour du monde en exerçant les métiers de boulanger, pêcheur, peintre, agent de sécurité, scaphandrier… avant de revenir à Lorient après une difficile traversée de l’Atlantique nord sur un frêle esquif de 7 mètres.

Depuis 1985 et sa rencontre avec Claude Huart, directeur des Beaux-Arts de Lorient, Georges Le Fur se consacre entièrement à la gravure et la peinture et réalise une vingtaine d’expositions en Bretagne et à Paris.

De 1994 à 1996, il illustre des textes d’Ernst Jünger par 21 gravures sur bois.

En 1997, premiers travaux sur les Exodes.
En 1998, 14 gravures sur le voyage de saint Brandan.
En 1999, il participe à l’exposition internationale d’Alger dans le cadre de la fondation Assellha : cours de gravure sur bois à l’école des beaux-arts et marche militante à l’occasion de la Journée de la femme, ce qui lui vaut un reportage par la chaîne ARTE
L’année suivante, il organise l’exposition Lorient/Algérie. Pendant un mois, la médiathèque de Lorient reçoit une exposition des « peintres du signe » et organise des débats avec différents acteurs de la vie algérienne, dont l’écrivain Maïssa Bey.

L’ART

La gravure sur bois au service d’un trait pur…

Georges Le Fur © Georges Le FurToute la partie du bois qui est creusée n’apparaît pas sur le papier. À chaque couleur imprimée, le bois est à nouveau creusé et retravaillé ce qui élimine de fait, le repentir. L’action se répète à chaque nouvelle couleur.

Il faut se battre avec les bois fruitiers : poirier, cerisier, merisier… qui parfois se font rebelles. Une fois l’essence de la matrice choisie, la planche de bois travaillée et préparée, l’artiste trace son dessin. Le bois est alors creusé à la gouge ou au ciseau à bois. Pour les plus grands formats, l’impression se fait « à la cuillère » ou encore « à la louche », rarement plus d’une quinzaine d’exemplaires.

Le kakémono : retour aux sources

Le kakémono (littéralement la « chose suspendue ») se présente sous la forme d’un rouleau de toile que l’on déroule pour l’accrocher au mur. Cette technique ancestrale du Japon permet de varier le décor en fonction de l’humeur et des saisons afin que la maison se mette en harmonie avec sonGeorges Le Fur © Georges Le Fur maître et ses hôtes.
À l’image de la peinture japonaise, il faut ici dire l’essentiel en quelques traits, suggérer plutôt qu’expliquer, traduire un état d’âme plutôt que raconter.

L’ART

Vous intitulez votre exposition « Exodes ». Pourquoi ce mot très évocateur et que signifie pour vous ce pluriel ?

Le pluriel est indissociable de mon thème de travail car ce sont bien de toutes les formes d’exodes dont il est question.
Je m’interroge sur ces déplacements de populations, forcés ou volontaires. Mon point de départ, ce sont les exodes contemporains. Et, inconsciemment, inévitablement, au travers de ces recherches et de cette réflexion, je remonte le temps pour arriver à l’exode biblique.

Vos tableaux nous parlent de mouvements et d’identités...

Georges Le Fur © Georges Le FurAuparavant, j’imprimais ou je peignais des foules sur mes toiles.
Depuis quelques temps, j’ai réussi à isoler et à mettre une identité sur certains de ces personnages, car ces foules sont constituées d’individus eux-mêmes porteurs d’identités. Et les exodes étant toujours des déplacements, pour accompagner ce travail sur les identités, j’ai créé une série sur le mouvement.

Dans votre art, qu’apporte la technique de la gravure, par rapport à celle de la peinture ou du dessin par exemple ?

La pratique de la gravure sur bois permet de me battre physiquement avec la matière -le bois en l’occurrence- et de donner, par cette gestuelle, plus de force, de vie et de vérité à ce travail sur les « Exodes ».

Comment qualifieriez-vous votre démarche artistique actuelle ?

Ma démarche s’est imposée par mon regard sur les autres et c’est ce regard qui m’a amené vers cette recherche, vers ce thème des exodes. Je suis un observateur qui écrit ce qu’il voit avec le secret espoir de pouvoir le transmettre à d’autres, de créer l’interrogation de ceux qui voient mes œuvres. Une telle démarche m’a permis de créer une sorte d’alphabet graphique -une écriture plus qu’un dessin- qui me pousse littéralement à « écrire » mes gravures.

EXODES - INFOS PRATIQUES...

Le lieu : Pavillon Davioud - Jardin du Luxembourg - 55 rue d’Assas - Paris 6e

Le vernissage
Mercredi 2 juillet 2008 à 18 heures - En présence de Georges Le Fur - Entrée sur invitation

La violoncelliste - Virginie Constant - 01 42 09 59 80 - 06 81 75 79 46

L’exposition
Du mercredi 2 au lundi 14 juillet 2008 (11h00 à 20h00)
En présence de Georges Le Fur - Entrée libre.

La déco
Sur les murs, un tissu noir tendu au sol par des galets gris et du sable blanc. Quelques bacs de zinc plantés de bambous prolongent le jardin.
Les signes d’une écriture perdue, des dessins à la limite de l’abstraction, noir sur blanc, flottent à hauteur de vue entre deux feuilles de verre, reflets distanciés du monde extérieur. L’œuvre surgit de l’ombre, renoue avec les mythes anciens, touche à l’intemporel.
Entrez dans la caverne. Et voyez.
L’équipe…

L’artiste
Georges Le Fur
89 rue de Belgique - 56100 Lorient
06.60.88.38.75 - 02.97.83.47.50
georges.lefur@free.fr - http://www.georges-lefur.com

L’agence de communication
Blanc Quadri - 19, avenue d’Italie - 75013 Paris
Contact : Stéphane Walch - 06 62 86 75 28 - studio@blanc-quadri.com

Le photographe
Jean-Christophe Moreau - 06 09 16 72 62

L’imprimeur
Ediset - 106, rue Elias Howe 94100 Saint Maur des Fossés
Contact : Jean-Pierre Bonvarlet - 01 55 96 19 56

Le décorateur
Guy Roisse - 06 77 15 37 06

L’organisateur
Philippe Chriqui - chriqui@noos.fr - 06 11 68 67 25

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