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Pavillon DavioudDU 2 AU 14 JUILLETGRAVURES SUR BOIS DE GEORGES LE FURGEORGES LE FUR
Lorsque je suis penché sur mon bois, la gouge à la main, le savoir faire, la maîtrise technique de cet art que j’ai acquis avec le temps me permettent de rêver et c’est ce rêve intérieur qui m’aide à donner une identité propre à chaque silhouette que je mets au monde, en faisant se croiser mon intériorité avec l’actualité, le dedans et le dehors. Je les fais voyager, ces oiseaux de passage, comme je le ressens, dans la douleur, la dureté du voyage, confrontés aux dangers que représentent de tels périples. Accordez-moi qu’il est rare qu’un exode soit sans péril, et que c’est toujours un peu contraint, sinon désespéré, qu’on prend ce chemin-là… Une silhouette peut-être actuelle et représenter un Sénégalais qui s’exile, une autre peut tout aussi bien représenter un personnage plus ancien,
L'INVENTION D'UNE FORME Un graphisme tiré d’une démarche vers autrui. Dans son dernier travail, Georges Le Fur dépeint l’exode ; les exodes. Mouvements, errances, mutation des identités. Marches, déplacements et cheminements. Des exils intérieurs et des espoirs de terres d’accueil. De cette source d’inspiration émerge un art vif. La ligne s’étire comme s’exilent les hommes. Les visages se déforment comme se lit l’émotion du Les personnages errent sur la toile des misères de la géographie humaine. Ils vont, reviennent et repartent. Ils disent l’Histoire qui recommence. Cette démarche artistique de Georges Le Fur reflète un souci d’autrui. Une volonté de comprendre, une envie de ressentir, de rencontrer l’Autre comme essence de l’Homme. L’Art comme l’essentiel. Le contraire de l’Art pour l’Art. Une technique ancienne au service d’un art résolument moderne. La démarche est celle d’un artisan qui remet mille fois son empreinte de bois sur l’établi. Ses œuvres évoquent la musique de Bach, un thème fougueux, incandescent et obsessionnel traité en variations. Georges Le Fur a adopté et dompté une technique traditionnelle peu usitée de nos jours : la gravure à bois perdu. Le monochrome domine dans ce travail sur les exodes. Non pour simplifier le trait, mais pour le rendre plus percutant. Le dessin trace des courbes, esquisse des personnages indéfinis, capte l’angoisse et exprime la fuite vers l’inconnu. Le dessin se mue en calligraphie pour exprimer le désarroi. Cette calligraphie est un nouvel alphabet poétique. Une écriture qui n’est pas celle du désastre, mais de l’espoir.
Autodidacte dans ses recherches picturales comme dans sa vie, Georges Le Fur s’adonne d’abord à la gouache jusqu’à sa rencontre avec Claude Huart, qui l’initie à la gravure sur bois perdu, technique oubliée que cet ancien directeur des Beaux Arts de Lorient a remis au goût du jour. Lors de ses nombreux voyages, Georges Le Fur a été témoin de la misère, celle qui fait déplacer les peuples, celle qui fait des hommes des exilés, celle qui, malgré tous ses côtés noirs, engendre l’espoir d’un monde meilleur.
Le thème des Exodes s’est peu à peu imposé dans sa peinture et sa gravure. Cet univers s’est aussi enrichi de ses lectures, du Petit Prince de Saint-Exupéry à Si c’est un homme de Primo Levi, en passant par le Voyage au bout de la nuit de Céline. De l’exode d’un peuple au voyage intérieur.
Georges Le Fur a d’abord, pendant plusieurs années, représenté de nombreuses foules en marche, mouvantes et anonymes. C’est finalement vers la dimension du voyage intérieur que son œuvre s’oriente aujourd’hui. Les lignes s’épurent pour rejoindre l’écriture et la calligraphie. Elles tracent les empreintes qui marquent l’être en exode, elles se font à la fois mémoire et chemin. L’HOMME Une démarche engagée En parallèle, Georges Le Fur s’investit dans de nombreuses actions pédagogiques autour de la gravure sur bois, auprès d’enfants d’écoles Il participation à l’édition 2006 de « l’Art s’emporte » à Lanester. Et en 2008, à l’aventure du « Musée éphémère » de Lorient. Depuis 2006, il donne des cours de gravure au Centre Pénitentiaire de Ploemeur, ce qui lui permet d’entretenir un riche échange épistolaire avec certains détenus. En mars 2007, il participe aux Journées de la Francophonie organisées en République Tchèque : exposition et conférences sur « les exils, les exodes». Bio express Né à Dakar, en 1955, de parents bretons, Georges Le Fur s’est depuis toujours adonné à la peinture en autodidacte. Depuis 1985 et sa rencontre avec Claude Huart, directeur des Beaux-Arts de Lorient, Georges Le Fur se consacre entièrement à la gravure et la peinture et réalise une vingtaine d’expositions en Bretagne et à Paris. De 1994 à 1996, il illustre des textes d’Ernst Jünger par 21 gravures sur bois. En 1997, premiers travaux sur les Exodes. L’ART La gravure sur bois au service d’un trait pur…
Il faut se battre avec les bois fruitiers : poirier, cerisier, merisier… qui parfois se font rebelles. Une fois l’essence de la matrice choisie, la planche de bois travaillée et préparée, l’artiste trace son dessin. Le bois est alors creusé à la gouge ou au ciseau à bois. Pour les plus grands formats, l’impression se fait « à la cuillère » ou encore « à la louche », rarement plus d’une quinzaine d’exemplaires. Le kakémono : retour aux sources Le kakémono (littéralement la « chose suspendue ») se présente sous la forme d’un rouleau de toile que l’on déroule pour l’accrocher au mur. Cette technique ancestrale du Japon permet de varier le décor en fonction de l’humeur et des saisons afin que la maison se mette en harmonie avec son L’ART Vous intitulez votre exposition « Exodes ». Pourquoi ce mot très évocateur et que signifie pour vous ce pluriel ? Le pluriel est indissociable de mon thème de travail car ce sont bien de toutes les formes d’exodes dont il est question. Vos tableaux nous parlent de mouvements et d’identités...
Dans votre art, qu’apporte la technique de la gravure, par rapport à celle de la peinture ou du dessin par exemple ? La pratique de la gravure sur bois permet de me battre physiquement avec la matière -le bois en l’occurrence- et de donner, par cette gestuelle, plus de force, de vie et de vérité à ce travail sur les « Exodes ». Comment qualifieriez-vous votre démarche artistique actuelle ? Ma démarche s’est imposée par mon regard sur les autres et c’est ce regard qui m’a amené vers cette recherche, vers ce thème des exodes. Je suis un observateur qui écrit ce qu’il voit avec le secret espoir de pouvoir le transmettre à d’autres, de créer l’interrogation de ceux qui voient mes œuvres. Une telle démarche m’a permis de créer une sorte d’alphabet graphique -une écriture plus qu’un dessin- qui me pousse littéralement à « écrire » mes gravures. EXODES - INFOS PRATIQUES... Le lieu : Pavillon Davioud - Jardin du Luxembourg - 55 rue d’Assas - Paris 6e Le vernissage La violoncelliste - Virginie Constant - 01 42 09 59 80 - 06 81 75 79 46 L’exposition La déco L’artiste L’agence de communication Le photographe L’imprimeur Le décorateur L’organisateur |
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