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Inspiration mosaïculture

Cet été,  une exposition – promenade au jardin du Luxembourg

Du 1er juillet au 30 septembre le jardin du Luxembourg vous propose une promenade horticole et ludique jalonnée de 6 installations utilisant les techniques de la mosaïculture.

Ce parcours vous conduira dans diverses parties du jardin et vous fera découvrir des mises en scène variées, parfois classiques, parfois contemporaines.

Pas loin de 17 000 plantes composent les motifs présentés au jardin.
Plus de 10 500 plantes ont été produites dans les serres de production du Sénat. Un complément de 6 500 plantes a été acheté à une pépinière spécialisée. 


voir la vidéo “Inspiration mosaïculture” : les étapes de la création d’une exposition-promenade

 

 

 Plan de l'exposition

Les étapes de votre parcours

Découvrez les installations en cliquant ci-dessous

Le Carré de l’Horloge

Le miroir

Les kokedamas

Le tunnel

Les serpentins

Les folies

 

Lors de votre visite de l'exposition dans le Jardin du Luxembourg, vous trouverez des panneaux explicatifs auprès des installations. Ces panneaux sont munis de QRCodes qui vous permettront d'accéder, depuis votre téléphone ou tablette, à plus d'informations sur les plantes et fleurs exposées. Informations que vous trouverez aussi sur le site en cliquant sur les différents lieux (ci-dessus).

La mosaïculture en quelques mots

L’origine du terme

Le mot « mosaïculture » serait apparu en 1878 sous la plume de M-J. Chrétien, jardinier au Parc de la Tête d’Or à Lyon, un des principaux promoteurs de ce genre d’ornementation.

Une définition de la mosaïculture

« Technique horticole qui consiste à disposer sur le sol des plantes de feuillage coloré, portant éventuellement des fleurs, afin de former des dessins par l’opposition des masses de couleur ainsi obtenues ».

En mosaïculture, les végétaux sont choisis essentiellement pour leur couleur de feuillage et plantés en masses homogènes et nettes pour former des motifs parfois très complexes. Les plantes sont régulièrement taillées afin de garder la lisibilité du dessin. Cela donne au massif un aspect figé et contraint, qui varie peu au long de la saison.

Ce style d’ornementation est exigeant puisqu’il nécessite un dessin élaboré, un choix rigoureux de plantes, de leurs couleurs et de leur nombre ainsi qu’un long travail de plantation et d’entretien.

Technique

La mosaïculture en deux dimensions

Tout commence par un dessin que sera reporté sur le terrain. S’il est complexe, des gabarits à l’échelle 1 aident les jardiniers à reporter le dessin. Les végétaux sont plantés petits et serrés, 100 voire 200 plants au mètre carré. Ils seront taillés durant toute la saison.

Depuis quelques années le développement des outils informatiques facilite l’utilisation de patrons grandeur nature qui guident la plantation.

La mosaïculture en trois dimensions

Ces installations nécessitent un solide squelette, généralement en métal et constitué d’une ossature en treillage soudé. Une toile fine mais solide y est fixée afin de retenir le mélange terreux, tassé à la main pour éviter les poches d’air. Un arrosage automatique est dissimulé dans le mélange, arrosant au goutte à goutte. La structure est alors habillée par les végétaux plantés très serrés, entre 400 et 500 au mètre carré en moyenne, la densité de plantation pouvant varier de 2 à 8 cm, selon les plantes. Pour cela un trou est percé dans la toile pour y insérer la motte. Là encore, les plantes sont taillées durant toute la saison.

S’agissant des structures  présentées cet été au jardin du Luxembourg, d’autres techniques ont été également utilisées. Les serpentins par exemple, sont des tubes en acier courbés enrobés de pains de substrat puis emballés dans un film transparent souple, et une toile de jute. Chacun développe sa propre technique selon la nature du projet.

Les plantes utilisées en mosaïculture

Les plantes utilisées doivent être très colorées, supporter la taille et avoir une très bonne tenue tout au long de la saison estivale.

Alternantheras, Iresine, Coleus et Echeverias représentent les genres les plus utilisés traditionnellement.
Leur intérêt réside dans leur petit développement, leurs qualités de coloris et de feuillage. Ces genres ont fait l’objet de multiples croisements et de nombreux cultivars ont été obtenus, augmentant la gamme de coloris des feuillages.
Toutefois une multitude de plantes annuelles de plus ou moins grand développement, à floraison soutenue et régulière ou à feuillage coloré peuvent aussi être utilisése, parmi lesquelles certains bégonias, sauges, santolines.

Histoire de la mosaïculture

L’âge d’or de la mosaïculture

Au XVIIIème siècle, les jardins paysagers et le gout pour le « naturel » ont pris la place des jardins formels de style italiens et français. Les végétaux taillés en topiaires et les grands parterres ornementés de broderies aux dessins et aux combinaisons sophistiqués ne sont plus à la mode.

Mais au XIXème siècle, le formidable développement de l’horticulture permet qu’émerge un nouveau style décoratif qui donne la part belle à des broderies d’un tout nouveau genre.
En effet, l’augmentation considérable de la diversité des végétaux offre de possibilités nouvelles de fleurissement.

Les premiers massifs de mosaïculture apparaissent dans les années 1860 en Allemagne et en Belgique, pays où la tradition des jardins ordonnancés et des présentations horticoles est encore très vivace. En France, dès 1864, M. Welker s’inspire d’étoffes brodées pour en composer à la villa Caprice à Auteuil.
Le genre trouve sa consécration en 1878, lors de l’Exposition Universelle, où un vase mauresque de 25 000 plantes et un papillon de 30 0000 plantes font sensation.

L’engouement pour ce style de décoration devient général et les motifs tels qu’écussons, papillons, libellules et autres scarabées se multiplient. Toute propriété un peu cossue se doit d’avoir sa mosaïculture.

Au cours du XXème siècle, la technique perdure mais perd de sa fantaisie imaginative et passe de mode. Après la seconde guerre mondiale, quelques services municipaux maintiennent encore écussons de ville et horloges fleuries. Mais il n’y a guère plus que les grands parcs d’attractions américains et les pays d’Asie, en particulier la Chine, pour proposer des décors de grande ampleur.

Le renouveau : les années 1990 et le XXIème siècle

L’art de la mosaïculture renaît presqu’un siècle plus tard en réaction au fleurissement souple et à la gamme végétale très variée des années 1980. Les paysagistes et les jardiniers cherchent un nouveau souffle et reprennent les techniques de mosaïculture mais en proposant des applications décalées : dessins imaginés chaque année par des artistes contemporains à Waddeson Manor en Grande-Bretagne ou mosaïculture au festival des jardins de Chaumont-Sur-Loire.

Les structures en trois dimensions déjà utilisées au début du siècle aux États Unis renouvellent également le genre et lui donnent une dimension ludique et sculpturale. Le plasticien Jeff Koon plante des œuvres géantes et sculpturales dont le déjà célèbre « Puppy » devant le musée Guggenheim de Bilbao en Espagne ou plus récemment Claude Ponti met en scène des poussins géants au jardin des plantes de Nantes.

En 2000 le Service des Jardins de Montréal organise une grande exposition sur le thème de la mosaïculture en 3D. Depuis ce sont de nombreuses éditions et des centaines de milliers de visiteurs qui ont pu découvrir ces incroyables installations végétales un peu partout dans le monde.