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FÊTE DE L'INTERNET

 Vendredi 22 mars 2002


Le Sénat a organisé lors de la Fête de l'Internet 2002 quelques "chatsavec les membres de Club.Sénat.fr 
et avec Martin Vial, Président de la Poste


Présentation
Programme
Compte-rendu des débats


PRÉSENTATION

Le Sénat organise, à l’occasion de la « fête de l’Internet » 2002, une journée de débats avec Club.Sénat.fr sur les thèmes de la fracture numérique et de la e-démocratie. Ces débats se dérouleront « en ligne » sur le site internet du Sénat avec l’organisation de cinq « cyberdébats » avec quatre membres de Club.Sénat.fr et M. Martin Vial, président de la Poste. 

PROGRAMME

10 h 30 à 12 h 30 – « Chats » sur la fracture numérique

« Chats » sur le thème de la fracture numérique avec la participation de deux membres de Club.Sénat.fr :

10 h 30 à 11 h 30 : Jean-Marc Gilonne, fondateur d’Akkad-Concept, société de conseils en organisation et communication sur Internet,
11 h 30 à 12 h 30 : Philippe Hayat, président directeur général de la société Kangaroo Village.

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12 h 30 à 13 h 00 – « Chat » avec Martin Vial, président de La Poste

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13 h 30 à 15 h 00 – Réunion de Club.Senat.fr retransmise en direct par Public Sénat

Sur le thème "Internet et la Poste : Menaces ou opportunités ?", en présence de Martin Vial, président de La Poste, débat  animé par Gérard Bonos, directeur de la rédaction de Radio Classique.

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15 h 00 à 17 h 00 – « Chats » sur le thème de la e-démocratie

« Chats » avec la participation de deux membres de Club.Sénat.fr :

15 h 00 à 16 h 00 : Régis Jamin, senior, vice-président de Europe Election.com
16 h00 à 17 h 00 : Philippe Jourdan, président directeur général de Panel on the Web SA/JPL Consulting SA.

COMPTE-RENDU DES DEBATS

Chat avec Jean-Marc Gilonne, fondateur d’Akkad-Concept, société de conseils en organisation et communication sur Internet

 Bonjour, Nous sommes très contents d’accueillir Jean-Marc Gilonne.
Bonjour à tous et à toutes !

 louis: Les politiques s'intéressent-ils vraiment à la fracture numérique ? 
Vous me permettrez une question : Les français aujourd'hui s'intéressent-ils à Internet ? Oui, je suis convaincu que la lutte contre la fracture numérique est un formidable enjeu de société.
Les politiques ont, je crois, une réelle perception de ces enjeux et de l'importance d'y répondre .


 idiotinternational : Le dégroupage va-t-il aider à réparer la fracture numérique ? 
Entendons-nous d'abord sur ce qu'est la fracture numérique ? Pour moi et pour l'ensemble des membres du groupe de travail qui a réfléchi sur ces question au sein du Club Sénat.f, la fracture est multiple et donc les réponses ne sont pas seulement liées aux aspects technologiques. 


 Kamel : Je ne vous connais pas très bien, quel est votre corps de métier précisément ? 
Bonjour Kamel : A vrai dire je suis chef d'entreprise, fondateur d'un cabinet conseil en stratégie Internet. J'ai travaillé 15 ans au sein de collectivités locales et d'une association nationale d'élus locaux et suis donc rapporteur général du Groupe de travail dont je viens de parler. 

 Tom : Avec le tout payant sur Internet, vous ne pensez pas que la fracture numérique va s'accentuer ?  

Bonjour Tom : Ainsi que je vous le disais la fracture numérique n'est peut-être pas la même de mon point de vue selon que nous parlons des entreprises, du point de vue du chef d'entreprise, ou d'un particulier voire d'un maire très inquiet du devenir de son territoire
Il est très concerné par la fracture mais peut-être moins par la question du tout payant. Ceci dit, il est certain qu'un modèle entièrement basé sur le tout payant peut être rédhibitoire d'un point de vue "sociétal" mais sans doute pas en termes économiques pour un chef d'entreprise. 


 Sophie : Bonjour M. Gilonne. Que proposez-vous pour combler cette fracture numérique ? 
Bonjour Sophie : Puis-je vous suggérer de consulter le rapport sur www.club.senat.fr ? En fait, un certain consensus est né au sein du groupe sur plusieurs idées fortes.
D'abord sur le fait qu'il était délicat de parler sans nuances aujourd'hui de la fracture numérique alors que pour l'instant "seuls" 2 français sur 10 étaient internautes réguliers. Le problème sera différent, ce dont nous sommes convaincus, quand une majorité de Français utilisera Internet dans sa vie quotidienne
Ensuit, si gouverner c'est prévoir, il est important de ne pas attendre les seules échéances annoncées à 5 à 10 ans pour un rattrapage normal de notre retard numérique mais s'occuper d'ores et déjà d 'urgences identifiées :
- celles des PME : l'écart se creuse entre celles qui utilisent déjà touts les atouts d' Internet dans leur activité et les autres.
- celles des personnes dans leur lien au travail :qu'ils soient au sein d'entreprises ou demandeurs d'emploi
- enfin celles des territoires : savez-vous qu'à priori 8 communes sur 10 ne seront pas raccordées au haut débit d'ici 2005 ???
Enfin les français eux-mêmes : Quand 8 français sur 10 sauront l'intérêt d'Internet, dans 5 ans les contours de la fracture sociale se retrouveront n'en doutez-pas..
Nous avons d'autre part identifié plusieurs freins.. mais excusez moi je suis peut-être un peu long pour vous répondre. Vous aurez compris que selon moi il y a donc plusieurs réponses possibles à plusieurs constats.. A tout le moins il est indispensable de se mettre d'accord sur ces constats..
.
 luiy : qu'est ce vous pensez de l'initiative de Messier de donner un PC à tous ses salariés, est ce que l'état doit à travers des avantages fiscaux avantager ce type de pratiques qui d'une certaine façon peuvent atténuer la fracture numérique ?
Bonjour luiy : Je crois sincèrement que nul, qu'il soit chef d'entreprise ou décideur dans une collectivité, ou en situation de responsabilité dans uns structure, ne peut s'exonérer d'aborder la question de l'intégration d'Internet pour son activité mais aussi pour ses salariés. En ce sens tout ce qui favorise l'accès des individus à Internet doit être favorisé. Le système d'exonérations fiscales peut-être intéressant voire étendu
Nous sommes allés plus loin en prônant un soutien actif aux entreprises afin qu'elles puissent développer des lieux collectifs en leur sein.. Pourquoi limiter cette approche aux seuls citoyens dans la cité ?

 eva : Quel rôle les élus, et par exemple les maires, peuvent-ils jouer dans la réduction de la fracture numérique ? 
Bonjour Eva : Les élus nationaux, députés et sénateurs, ont un rôle fondamental à jouer et beaucoup je vous l'assure l'assument. Les élus locaux, régionaux, départementaux et communaux également. Pour être précis un maire maîtrise en fait peu d'éléments.
Cela dépend de la localisation géographique de sa commune, de l'histoire technologique de sa commune et du degré de sensibilisation des habitants et des acteurs locaux et du maire lui même. Cela dépend de la présence d'entreprises structurantes , de services publics, d'hôpitaux de proximité, de collèges et de lycées, d'activités consommatrices : exemple de la filière bois dans les landes ou automobile à Montbéliard… Quand à ce qu'il peut faire : il peut déjà agir sur la connaissance des besoins, sur le génie civil et sur le développement des usages. Il peut structurer la demande. Il peut recenser les projets en cours. Je suis toujours surpris quand un maire me dit qu'il n'est même pas au courant du projet de tel ou tel établissement public… Il peut aussi localiser les besoins : nous manquons et les maires manquent de visibilité. Il leur est donc difficile de convaincre des opérateurs qui ne sont pas toujours enclins à intervenir.. Il peut encore saisir toutes les opportunités pour réduire les coûts d'infrastructures : enfouissement de fibres optiques quand des tranchées sont ouvertes pour d'autres travaux.. Il a enfin un rôle important pour sensibiliser et convaincre les acteurs locaux : écoles (les écoles primaires et maternelles sont sous responsabilité..), formations, cyber cafés, actions en direction des chefs d'entreprises, des commerçants etc…

 Denis : Quels sont les programmes des candidats en matière de fracture numérique ? 
Bonjour Denis. Bigre, je ne suis peut-être pas le mieux placé pour vous répondre…il me semble en tous les cas, à mon humble avis, qu'un large consensus existe sur l'importance d'agir…

 magicbox : Que pensez vous de l'enseignement de l'Internet en France dans les écoles ? Y a t'il assez de moyens ?  Je crois qu'il y là un enjeu fondamental : mais peut-être moins en termes techniques qu’en termes de formation des enseignants. Trop d'énergies seraient perdues si l'on commettait l'erreur de sous estimer cet aspect des choses. Et je sais que les enseignants eux-mêmes ont cette analyse. 
 Hervé : Comment se fait-il que la France soit en retard dans le développement de l'Internet par rapport à ses voisins européens ?  
Les Landes équipent chaque collégien d'un ordinateur portable et d'autres régions s’ y mettent : Hauts de Seine etc..
Comment se fait-il que l'Europe soit en retard par rapport à d'autres pays ? Savez-vous quelle est la langue la plus utilisée sur le net ? L'anglais certes mais aussi le Japonais..le Chinois.. Quant à parler de retard…vous me permettrez de penser que si retard il y a, la France a des atouts considérables pour le rattraper normalement : entreprises de pointe, opérateurs historiques et alternatives de qualité, acteurs économiques et sociaux ingénieux, collectivités et acteurs publics très proches du terrain (je connais mieux les maires et élus locaux..). La question de ce fameux retard sera différente d'ici quelques années j'en suis convaincu..
Enfin la question du coût d'accès doit être levée.

Merci beaucoup Jean-Marc Gilonne
Merci à tous et à toutes pour votre participation.

Chat  avec Martin Vial, président de La Poste

 

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Martin Vial, président de La Poste en direct du Sénat à l'occasion de la Fête de l'Internet !
Bonjour à tous et à toutes.

farid : Quels sont les services Internet qu'offre La Poste aujourd'hui ? Et quels sont les nouveaux services à venir ? Merci.
La Poste ouvre deux grandes catégories de services sur Internet : des services pour le grand public : adresses gratuites, courrier électronique, certification électronique, portail bancaire et accès public à Internet à travers Cyberposte. Pour les entreprises, des sites de commerce électronique, des services d'éditique, du courrier électronique professionnel, de la sécurisation d'envoi et des systèmes intégrés de gestion de sites.

Ulysse31 : Le projet Cyberposte est-il toujours d'actualité ? Combien coûte-t-il ?
Cyberposte fonctionne avec 1000 bornes d'accès installées sur tout le territoire. Nous sommes en train d'étudier soit son redimensionnable géographique, soit son extension avec de nouveaux matériels. L'investissement et le coût de gestion représentent plusieurs millions d'euros par an.

Jacques : Bonjour Monsieur Vial. Quel rapport entre La Poste et la fracture numérique ?
La Poste renouvelle ses missions d'intérêt général et transfère sur le Net les valeurs qu'elle a toujours porté dans ses activités traditionnelles : par exemple, nous avons installé de nombreuses bornes Cyberposte dans les quartiers sensibles ou encore en fournissant un accès gratuit à tous les Français à une boîte aux lettres et à une adresse électronique.

scoubidou : La fracture numérique est t’elle d'ordre financier ou d'ordre territoriale selon vous ?
La fracture numérique est d'abord d'ordre culturel, dans une période où Internet ne s'est pas encore répandu dans l'usage courant. Il est caractéristique de constater, par exemple, que les barrières à l'utilisation d'Internet sont largement liées au niveau de formation initiale et au degré d'apprentissage du langage et de l'écriture. Cependant, les sauts qualitatifs de convivialité d'utilisation d'Internet vont permettre de réduire de plus en plus cette fracture numérique.

Florian : Quelles mesures sont envisageables, à court terme, pour réduire la fracture numérique en France ?
L'action publique a été formalisée dans le cadre du Programme d'action gouvernementale de la société de l'information,lancé il y a cinq ans. Il comporte notamment des actions incitatives des pouvoirs publics pour l'accès public à Internet, des incitations à la formation et des incitations à l'équipement des salariés en matériel informatique et en connexion Internet notamment.

DL : Peut-on imaginer un jour des ordinateurs connectés au Web en libre accès à La Poste ?
C'est déjà le cas puisque l'accès aux 1000 bornes Cyberposte comporte un accès gratuit partiel, de l'ordre d'une heure gratuite de connexion.

marie laure : Si le Net se développe, que les grandes entreprises envoient leur courrier par mail, les revenus des courriers papier vont diminuer. Comment va t’on financer la Poste, service public avec des revenus en baisse ?
La substitution du courrier électronique au courrier physique est inéluctable pour une partie du courrier, notamment le courrier à caractère récurrent (relevé de compte, factures, etc.). J'estime que cette substitution concernera environ 40% de ce trafic d'ici la fin de la décennie. En revanche, le courrier commercial et de publicité adressé physiquement continuera de croître et les techniques de ciblage que favorise Internet vont stimuler cette croissance. Au total, c'est la structure du courrier physique qui va se déformer. Pour faire face aux éventuelles baisses de chiffre d'affaires du courrier physique, La Poste est en train de se positionner comme un acteur important des e-services qui vont représenter pour elle un nouveau moteur de croissance.

Orniere : Une baisse des prix des ordinateurs et des abonnements à Internet, ne serait-elle pas plus efficace pour réduire cette fracture ?
Oui, la baisse des prix est un des facteurs de réduction de la fracture numérique. La question est qui finance.

Mongin : La Poste est le service public le plus implanté sur le territoire français. Est-il possible d'envisager de transformer tous les bureaux de Poste en cybercentre pour précisément lutter contre la fracture géo-numérique, l'Etat rémunérant la Poste pour ce service supplémentaire, par exemple s'il y a une animation le soir pour payer les animateurs ?
Le bilan partiel que nous tirons de deux ans d'utilisation des cyberpostes montre que la fréquentation des bornes est corrélée avec la densité démographique. Dans les études de redimensionnement du réseau Cyberposte, la question centrale est effectivement de pouvoir positionner des personnels disponibles pour assister les clients qui utilisent les bornes. Naturellement, compte tenu de notre contribution à l'aménagement du territoire, la répartition de ces personnels sera mise en oeuvre également dans des zones non urbaines.

gr: La fracture numérique Nord-Sud, voyez-vous un moyen de la réduire ?
La fracture numérique est liée au niveau du développement économique et social. Il est certain que certains pays en voie de développement peuvent dans leurs équipements sauter certaines étapes technologiques pour se doter des moyens et des réseaux les plus modernes. Néanmoins, ce qui a pu se passer en matière d'équipements téléphoniques par exemple, où le développement des réseaux mobiles s'est substitué aux réseaux fixes, est difficilement transposable à court terme pour les usages massifs d'Internet. Il reste que les organisations multilatérales ont développé des projets de financement d'accès à Internet pour les pays en voie de développement.

DL : Est-ce que la résolution de la fracture numérique ne serait pas néfaste à des entreprises comme la vôtre ? Prolifération du mail dans votre cas ..). Ne devrait-on pas laisser le plus grand nombre sans Internet afin que l'économie classique ne meure pas ? Toutes les entreprises n'ont pas de site Internet.
Internet est un progrès dont le potentiel n'a pas encore révélé toutes les richesses. Nous sommes dans le domaine de la communication, où les nouveaux médias ne se substituent jamais totalement aux anciens médias :
la télévision n'a pas tué la radio par exemple. C'est la raison pour laquelle La Poste entend être l'opérateur de courrier sous toutes ses formes, courrier physique, courrier hybride, courrier électronique pour pouvoir répondre aux besoins de tous ses clients.

Merci beaucoup Martin Vial, le mot de la fin ?
Merci à tous pour votre curiosité pour La Poste. Sachez que La Poste grâce à Internet va rentrer dans une nouvelle phase de son histoire pour rester l'un des grands réseaux de communication en France et en Europe.

Chat avec Régis Jamin, senior, vice-président de Europe Election.com

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Régis Jamin, président de Election.com, en direct du Sénat à l'occasion de la Fête de l'Internet !
Bienvenue sur le chat de la e-Démocratie.

Jean : Quand pourra-ton voter via Internet en France?
On peut déjà voter sur Internet en France, pour des élections professionnelles, des élections d'actionnaires et peut-être, si le ministère de l'Intérieur agrée des urnes électroniques par bornes Internet, pour des élections publiques.

Olive : Bonjour, je voudrais savoir en quoi consiste votre site election.com ?
Le site election.com est un site d'information sur la société mais les sites utilisés pour le vote par Internet n'existent que le temps des élections concernées.

juju : Qu'est-ce qui vous permet de croire en l'avènement d'une e-Démocratie ?
La e-Démocratie est née il y a déjà quelques années avec les premiers sites dits communautaires, elle continuera à progresser en fonction du nombre croissant de citoyens internautes.

Alix : Les Français de l'étranger pourraient-ils voter à toutes les élections par Internet?
Les Français de l'étranger sont autorisés à voter par correspondance uniquement pour l'élection de leur représentant (CSFE). Le Ministère de l'Intérieur pourrait accepter de dématérialiser ce vote papier en vote par Internet mais il ne l'a pas fait jusqu'à présent malgré le soutien de certains parlementaires.

Philippe : Effectivement, l'e-Démocratie suppose que toute la population ait accès à Internet, en ce sens, n'est-elle pas une utopie ?
L'e-démocratie ne se substitue pas à la démocratie, elle lui est complémentaire. Le nombre des internautes progressant, le débat démocratique en bénéficiera.

France : Les citoyens internautes dont vous parlez, il y en a combien ?
On estime que 20 à 25 % des Français utilisent l'Internet en France. Tous ceux-ci ont donc la possibilité d'en faire un usage citoyen.

hubert : Dans le monde, avez-vous des exemples concrets du développement de l'e-démocratie ?
Oui, la première expérience légale eut lieu en mars 2000 pour les primaires américaines. En mai 2002, les Anglais utiliseront le vote par Internet légalement lors des premières élections publiques en Europe.

esteban : Pensez-vous qu'un jour il sera possible de voter de manière sécurisée sur Internet pour les grands scrutins ?
Oui, c'est actuellement le cas. La technologie que nous utilisons a été éprouvée lors des élections de l'ICANN, le gouvernement de l'Internet, sur 100 pays en 8 langues par 75000 électeurs et a résisté à un grand nombre de hackers.

France : C'est quoi les obstacles à l'agrément des urnes électroniques ?
Deux obstacles: Premièrement, un décret du ministère de l'intérieur autorisant l'usage de certaines technologies dans les bureaux de vote. Deuxièmement, la possibilité de voter à distance, par correspondance ou par Internet, par voie parlementaire.

Marie : Mais franchement quel est l'intérêt de voter électroniquement ? Vous pensez qu'il y aura moins d'abstention ?
Sur toutes les élections réalisées par Internet à ce jour, une moyenne de 30% d'augmentation de la participation électorale a été constatée.

gt : Je viens d'aller sur votre site, Election.com, il n'y a pas de version française, why ?
La version française est en cours de réédition.

Marie : Comment expliquez-vous que plus de gens votent électroniquement ?
Principalement en autorisant le vote à distance, la Suisse le démontre à chaque scrutin. Avec en moyenne 60% de taux de participation grâce au vote à distance et seulement 30% dans les cantons qui ne l'autorisent pas. Pour cette raison, la Suisse va introduire le vote par Internet d'ici 1 à 2 années.

Lo : Ne pensez-vous pas que le vote électronique augmenterait le risques de fraudes (hacker, etc.)
Le vote électronique implique un comptage centralisé et une gestion temps réel de la liste d'émargement. Il supprime donc les erreurs de comptage manuel et résout les problèmes de radiation d'électeurs anormales.

France : A Issy-les-Moulineaux les Internautes peuvent intervenir en direct lors des conseils municipaux, soit pour répondre aux questions qui leur sont posées, soit pour donner, spontanément, leur avis sur les thèmes abordés au cours de la séance, est ce que vous pensez qu'on peut généraliser cette expérience ?
Parfaitement. D'ailleurs, Issy les Moulineaux est aussi la première ville à avoir utilisé le vote par Internet avec succès lors du renouvellement de son conseil économique et social avec 90% des électeurs qui ont voté par Internet.

Sophie : Comment assurer l'anonymat de son vote ? Sachant que l'on doit s'enregistrer je suppose ?
L'anonymat du vote est assuré par le système qui crypte le résultat du vote, indépendamment de l'identification de la personne. Il n'y a donc aucune possibilité de réconcilier l'authentification et le vote.

max : Quels seraient les problèmes de sécurité quant au vote en ligne, que vous pourriez rencontrer?
Les problèmes de sécurité sont gérés dynamiquement par les systèmes de protection des serveurs et s'enrichissent de moyens de prévention au fur et à mesure des attaques rencontrées. Avec plusieurs centaines d'élections par an, nous n'avons jamais mis les systèmes en défaut.

Sophie : Rien ne garantit de l'utilisation de ce système de cryptage par un gouvernement totalitaire ? Aucune garantie.
Fort heureusement, les élections françaises sont contrôlées par des scrutateurs des différents partis qui peuvent auditer la régularité d'un scrutin électronique encore plus facilement car centralisé et non distribué à travers des milliers de bureaux de vote.

Daniel V : Ne risque-t-on pas de rendre encore plus virtuel l'acte d'élection en lui-même par une telle pratique ? Il est déjà difficile de mobiliser les gens et qui plus est, ce type de solution n'est-il pas réservé à ceux qui "savent déjà" comment faire ?
L'acte d'élection n'est utile que si il y a vote et non abstention, faciliter le vote est donc important pour notre démocratie. Le vote par Internet se fait d'un simple clic.

Sophie : Mais imaginez un gouvernement totalitaire au pouvoir. Je trouve ça extrêmement dangereux pour la sécurité des citoyens que de connaître précisément leur opinion politique ?
Le système utilisé ne permet pas de savoir pour qui l'électeur a voté. Si c'était le cas, personne n'accepterait de l'utiliser.

max : Que pensez-vous des sites internet des différents candidats?
La campagne sur Internet est passionnante. Elle est un vrai lieu de débat et les candidats l'ont bien compris. Depuis Kennedy en 1995, les sites de campagne ont énormément progressé. Et on imagine que la prochaine campagne de 2007 sera encore plus interactive.

Citoyen : Va-t-il une date de prévue pour un éventuel vote online ?? Y-a-t-il déjà des discussions ouvertes sur ce sujet au gouvernement ?? (Sénat, Assemblée, etc.). Désolé si la question a déjà été posée…
Il y a eu un projet de loi déposé par le député Ferry et un grand nombre de questions au gouvernement par différents parlementaires mais aucun débat n'a encore eu lieu. Nous espérons que les expériences anglaises et suisses les y inciteront.

mado : L'e-Démocratie ne se résume pas au vote en ligne ?
Non, le vote en ligne n'est que l'aspect quantitatif de l'e-démocratie. L'aspect qualitatif doit être couvert par l'usage de l'hypermédia, chats, sites Web, e-mails, etc.

Sophie : Pourquoi un gouvernement totalitaire ne changerait pas le système sans que l'opinion publique le sache ? C'est là le risque.
Notre gouvernement autorise et recommande l'usage de scrutateurs dans chaque bureau de vote pour chaque parti.
Il n'y a donc pas de risque totalitaire dans notre système électoral.

DanielV : Le fait du simple clic ne règle rien… il faut accéder à un ordinateur pour pouvoir le faire et les milieux dits défavorisés risquent "économiquement" d'être une fois de plus exclus. une fois encore, "on ne prête qu'aux riches".s
Il existe un certain nombre de bornes Internet dans des lieux publics, postes, administrations etc. et répandre l'usage de l'Internet permettra de favoriser l'accès à un plus grand nombre de citoyens dans les lieux publics.

 kim : Comment faire pour que l'ensemble de la population ait accès à Internet ?
C'est là le rôle des collectivités locales et du gouvernement de favoriser le développement d'infrastructures réseaux publiques et d'inciter les citoyens à s'équiper à l'aide de mesures fiscales, par exemple.

zaza : Bonjour, je voudrais savoir qui sont vos clients en France ?
Il y a des associations, des sociétés privées et des collectivités locales.

fabrice t. : Quels sont les pays en avance en matière de e-démocratie ?
Un classement d'un grand cabinet de consultants place la France très en retard. Les pays les plus avancés en Europe sont les pays du Nord, Scandinavie, Angleterre.

Merci beaucoup Régis Jamin, le mot de la fin ?
L'e-démocratie est encore embryonnaire, elle ne pourra se développer qu'avec la participation pleine et entière des citoyens.

Chat avec Philippe Jourdan, président directeur général de Panel on the Web SA/JPL Consulting SA.

Bonjour à toutes et à tous, nous sommes heureux de recevoir Philippe Jourdan.
Bonjour.

lo : Qui êtes-vous Mr Jourdan ?
Je suis le président directeur général de "Panel On The Net" et maître de conférence à Paris XIII.

Vincent: D'où vient le terme "e-democratie" ?
Un terme signifiant tout simplement "démocratie électronique", e-démocratie par analogie avec e-commerce, e-mail, e-business ...

Gilou : Que représente l'e-démocratie pour vous ?
Quatre formes d'activité de l'internaute : le vote électronique, l'opinion participative via les forums et les chats, les sondages et les études en ligne. qui représentent la contribution de Panel On The Web.

DL : Concrètement, que va apporter l'e-democratie aux citoyens ?
La possibilité de rejoindre des communautés d'intérêt en s'affranchissant des contraintes de territoire, de distance entre les citoyens et les gouvernants. Enfin une dimension essentielle : l'interactivité et la possibilité de consultation permanente et en amont des décisions prises au nom de tous par nos élus.

Idiotinternational : Est-ce que les internautes croient en l'e-democratie .. . d'après vos sondages ?
Les statistiques sont peu nombreuses mais un chiffre : 75% des internautes sont favorables au vote électronique, et plus de 80% favorables au débat en ligne selon un panel Opinion Way ... un de nos concurrents.

bob : Quel peut être l'intérèt de l'e-democratie pour les Francais de l'étranger ?
Accroître la participation d'une communauté expartriée, développer le sentiment d'une appartenance nationale, rendue plus fragile par la distance, et enfin accroître la participation et la rapidité de la prise en compte des votes mêmes les plus éloignés.

Gilou : : Selon vous, dans quelle proportion l'avis des internautes, intervenants sur les forums ou les newsgroups ou les mailing list, est  pris en compte par les partis politiques ? Comment intégré ces outils à la participation collective offline san tomber dans le militantisme ?
Chaque candidat aux prochaines élections a souhaité s'exprimer sur Internet. N'oublions pas que 2002 est la première élection avec Internet que certains considèrent comme une "caisse" de résonnance alors qu'il doit, à mon sens, être envisagé comme l'était l'AGORA autrefois : un forum permanent de débat d'idées.

DanielV : Par essence, l'e-démocratie est-elle compatible avec l'idée même de société de service, donc l'influence économique ?
Pouvez préciser le sens de votre question ?.

Roger : L'e-democratie s'apparente à mes yeux à du jeunisme. Où est l'intérêt ?
Votre remarque n'est pas tout à fait fausse : c'est la raison pour laquelle le vote électronique peut être un outil formidable pour attirer vers les urnes des jeunes, aujourd'hui, fortement abstentionnistes. Lors des élections primaires en ARIZONA, organisées par www.election.com, plus de 75% des jeunes 25-35 ans appelés à voter l'ont fait par Internet.

DL : Quels sont les prochains grands "rendez-vous" de l'e-democratie ?
Les élections locales en Angleterre en mai et il ne s'agit pas d'un test ; les élections du premier conseil étudiant de l'Union Européenne en 2002 aussi.

Bishop : Est-ce que l'e-democratie ne dépend que trop de la réduction de le fracture numérique ?
Oui, c'est évident : la e-democratie suppose un accès généralisé à Internet, sur l'ensemble du territoire, et pour le plus grand nombre à des conditions économiques acceptables pour tous les budgets pour poursuivre en dehors de la problématique d'accés. Ne négligeons pas l'effort de formation, dirigé en particulier vers les seniors.

charlotte : Concrètement, quels sont les arguments du Ministère de l'Intérieur pour ne pas autoriser les expériences lors de scrutin publics ?
Le passage par l'isoloir est la principale raison invoquée : le vote doit participer d'une démarche et d'un effort volontaire.

Pasquale : Le vote électronique vous en pensez quoi ?
Deux choses : le véritable vote électronique passe par Internet. Aujourd'hui, il est parfois confondu avec l'urne électronique dans l'isoloir qui ne change pas radicalement les modalités de vote. Or, le vote électronique par Internet est aujourd'hui sécurisé, confidentiel et souvent refusé pour des motifs essentiellement conservateurs. Il faudra bien se poser la question de savoir, si, à défaut d'amener plus de citoyens à voter lors des élections, il ne convient pas plutôt de rendre le vote plus pratique.

DanielV : N'y a-t-il pas de risque de dérive des utilisations du système de vote par internet (cf les propos écrits dans le précédent chat, sans aller juqu'à l'idée de totalitarisme) par tel ou tel lobby ?
De telles dérives existent dans la pratique non-contrôlée des sondages en ligne pour le compte de lobbies économiques ou politiques. Il faut faire confiance aux acteurs de l'Internet pour une régulation saine et une élimination de ces pratiques

Gilou : Le vote électronique sera-t-il un jour mis en place ? Pensez-vous qu'il soit vraiment utile pour enrayer l'abstention ?
Pour répondre à la deuxième partie de votre question : oui, certainement ,et peut-être demain, le vote par des supports mobiles (WAP / UMTS/ POCKET PC). La deuxième partie dépend de décisions politiques qui divisent encore aujourd'hui les hommes politiques.

joséphine : Il doit bien y avoir des arguments techniques avancés du type sécurité ou confidentialité pour interdire l'utilisation du vote éléctronique ?
Un espoir toutefois : certains ont déjà dit oui, d'autres ont préconisé un débat parlementaire préalable ; les choses avancent.

Caroline : Qu'est-ce vous inspire la campagne des candidats en ligne ?
Des sites officiels trop "politiquement corrects", des sites "officieux" qui reflètent humour, sens de la répartie et surtout semble contredire l'impression générale d'une désaffection pour le débat politique ... et c'est tant mieux. Attention toutefois, à certains excés : information, réaction épidermique, rumeur désobligeante, il est parfois difficile de faire la part des choses, chacun étant libre de s'exprimer.

DL : Le Net ne favorise-t-il pas plus l'image des candidats, au détriment de leurs idées ?
En cela le Net, n'est pas pire que la télévision. En réalité, ce qui doit être dénoncé ici c'est la sur-médiatisation des débats au détriment du débat lui-même
Mais l'intérêt sur Internet encore une fois c'est l'interactivité et une possibilité de réaction immédiate, dont chaque candidat devra à l'avenir tenir compte.

bob : Le principal obstacle au vote en ligne ne réside-t-il pas dans les questions de sécurité ou plutot d'insécurité ?
Non, les expériences tentées dans différents pays ont montré que la sécurisation du vote est quasi sans faille. Certes, Internet peut être piraté, mais certaines expériences préconisent l'utilisation de réseaux détachés du Net et parfaitement sécurisés. Après tout, on peut certes violer une technologie ... mais on peut tout autant bourrer les urnes.
Une anecdote : au Brésil, un candidat soupçonneux à l'égard d'une urne électronique inviolable l'a purement et simplement jetée à l'eau.

Abdou : Comment protèger l'anonymat par rapport au vote électronique ?
L'identification du votant est séparée du vote. Le vote est chiffré indépendamment. Une démarche simple et contrôlable respectant dont les contraintes du décompte rigoureux des voix. Ce qui est important de comprendre, c'est qu'en dehors de la sécurisation élevée, l'enjeu est de pouvoir auditer le décompte à tout moment.

Gilou : On voit un grand "intérêt" des participants à la présidentielle pour les chats : le chat va-t-il remplacé les débats télévisés et les meetings ?
Je crois que l'utilisation qui en est faîte aujourd'hui est encore symbolique et traduit trop souvent la volonté des candidats d'afficher une certaine modernité et l'image. En réalité, le débat d'idées, la confrontation d'opinions, l'exercice d'un contact direct avec le citoyen supposent plus qu'une tentative et n'oublions pas enfin que l'écrit reste aussi une prise de recul indispensable pour traiter de problèmes de fond dont la résolution suppose une réflexion en dehors de toute "instantanéité". 

WAPWAPWAP : Comment expliquez le peu d'intérêt que suscite les administration numériques ?
Il y a en réalité un grand intérêt, mais nous sommes dans une phase de démarrage : il sera intéressant de comptabiliser le nombre de foyers qui auront pour la première fois, cette année, rempli leur déclaration d'impôts sur Internet.

Idiotinternational : Va-t-il être créer une grande instance de surveillance (notamment pour les sites racistes ou pédophiles) ? Quel pourrait être leur pouvoir ?
Une cybersurveillance à l'échelle planétaire, je n'y crois pas. Le tracking de ces sites et l'identification physique des auteurs est, il faut bien l'avouer - en pratique impossible sans compter le problème de la poursuite au-delà des frontières qui est la règle avec Internet.

Abdou : Selon vous, est-il légitime que le CSA étende ses tentacules sur la Toile ?
Dans son rôle de préconisation de bonnes règles de conduite, tout le monde peut y gagner. En tant qu'instance de sanctions, je crois que c'est un peu plus compliqué ...

DL : Et la protection de la vie privée dans toute cette démocratie virtuelle, on en fait quoi ? Qu'est-ce qui peut être mis en place ?
Soyons clair : la meilleure protection de la vie privée relève d'une démarche personnelle de l'Internaute qui doit prendre les précautions qu'il juge utile pour ne pas diffuser son adresse électronique, ne pas remplir inopinément les formulaires qui lui sont adressés et naturellement veiller à l'éthique de ceux à qui il confie des informations de nature personnelle. 

Georgia : Que pensez-vous des sites politiques comme e1789 ou politique directe ? Pensez-vous qu'ils soient à la hauteur du grand défi de l'e-democratie ?
e1789 est un exercice intéressant pour proposer ou ouvrir des débats au plus grand nombre, une initiative qui va dans le sens que nous indiquions au départ.
pour le second site, je ne connais pas.

Fred : Pensez-vous qu'un gouvernement peut tisser des liens privilégiés avec les citoyens à travers le net (si c'est bien ce qui est recherché) ?
Attention : un candidat ou un parti politique peut naturellement oeuvrer dans ce sens. Le Gouvernement doit avant tout rechercher la suppression des intermédiaires, un accès plus direct sans pour autant qu'il soit le privilège de quelques-uns.

DL : Quelles seraient vos trois propositions pour une e-democratie "toute blanche" ?
Faire valider le principe d'un double vote - électronique et traditionnel - lors d'une élection majeure à titre d'expérience Ouvrir le plus rapidement un débat parlementaire sur le sujet et sur la base du rapport issu de cette expérience Proposer dans un premier temps le vote électronique comme une alternative au vote traditionnelle auprès de ceux tentés par le support mais aussi auprès des déficients et des personnes à mobilité réduite auquel Internet peut permettre de voter alors qu'ils ne le font pas autrement;

Idiotinternational : Finalement, qu'est-ce que qui différencie le citoyen virtuel du citoyen offline ?
L'implication et la volonté de participer à la construction du débat d'idées plutôt que de subir la pression médiatique des discours politiques.

Merci Philippe Jourdan, le mot de la fin ?
En attendant l'avènement du vote électronique, un encouragement à aller voter pour tous et à continuer à interroger sur le Net nos candidats sur leurs propositions concrètes pour la réduction de la fracture numérique et l'accès de l'Internet au plus grand nombre.