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L'exposition "Modigliani , l'ange au visage grave" a renoué les liens du musée du Luxembourg avec son passé prestigieux de premier musée d'Art moderne, appelé à l'époque Musée national des Artistes vivants.

Le Sénat présente aujourd'hui une exposition consacrée à l'aventure de Pont-Aven et à ses peintres, au premier rang desquels figure Paul Gauguin.Le nom du petit village breton de Pont-Aven est aujourd'hui connu dans le monde entier pour avoir accueilli la plus étonnante colonie artistique en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle. À partir des années 1860, des peintres, souvent anglo-saxons, fréquentent ce site pittoresque, tout autant à la recherche de motifs à peindre que d'exotisme. La Bretagne suscite à cette époque un extraordinaire engouement auprès des artistes. La mode de Pont-Aven sera telle qu'à l'arrivée de Gauguin en 1886, près d'une centaine de peintres y séjournent à la belle saison, se répartissant entre de modestes auberges qui font crédit et des hôtels plus luxueux.

Au retour du Danemark, en proie aux plus grandes difficultés, Gauguin se rend en juillet 1886 à Pont-Aven. Il connaît le village de réputation et sait qu'on peut y vivre à crédit. Il se lie avec quelques peintres sur place comme Charles Laval ou Henri Delavallée. Sa peinture est alors impressionniste. Après un nouvel échec à Panama et à la Martinique, il y revient au début de 1888. Il commence alors à apprécier la Bretagne et écrit à son ami Émile Schuffenecker début mars : « J'aime la Bretagne, j'y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j'entends le ton sourd, mat et puissant que je cherche en peinture ».

Durant cet été 1888, en compagnie du jeune Émile Bernard, Gauguin met au point une technique appelée « synthétisme ». Il tente de ne plus dissocier un contenu traité de manière symboliste et son expression formelle. Les œuvres, peintes de mémoire, sont construites comme un assemblage de couleurs pures posées en aplat et entourées de cernes. La composition rompt avec les principes traditionnels, basés sur les limites du cadre et les conventions de la perspective. Le groupe s'élargit progressivement, avec des peintres comme Henry Moret et Ernest Chamaillard.

Le synthétisme, que l'on considère comme la première étape de la naissance de l'art moderne, va séduire immédiatement la jeune génération, en particulier Paul Sérusier, qui reçoit une magistrale leçon à Pont-Aven. La naissance du groupe des Nabis en sera la première conséquence et, dans ce groupe, Lacombe et Denis seront directement influencés par la nouvelle esthétique.

Gauguin reviendra en 1889 et 1890 pour de longs séjours. Fuyant la foule de Pont-Aven, il va s'isoler au bord de la mer, dans le village du Pouldu. Avec Meyer De Haan, il décore la salle à manger de l'auberge de Marie Henry où ils se sont installés. Henry Moret s'est établi à proximité.

On appelle « Ecole de Pont-Aven » l'ensemble des peintres qui ont rencontré Gauguin à Pont-Aven et ont été plus ou moins influencés par lui. Les premiers compagnons se retrouvent à la table de l'auberge Gloanec. Par la suite, des peintres viennent spécialement en Bretagne pour le voir. Durant sa longue absence de 1891-1893, --le premier séjour à Tahiti--, des peintres recueillent l'héritage de la bouche de ceux qui sont restés sur place, Charles Filiger ou Paul Sérusier. Certains peintres ne font que passer, le temps d'un été, d'autres s'établissent à demeure. Le groupe s'élargit, comprenant des peintres d'origines diverses comme l'Irlandais Roderic O'Conor, le Polonais Wladyslaw Slewinski, le Suisse Cuno Amiet, les Danois Mogens Ballin et Jean-Ferdinand Willumsen ou le Hollandais Jan Verkade. Certains sont des paysagistes comme Maxime Maufra, d'autres, mystiques, peignent des scènes religieuses comme Charles Filiger. Armand Seguin et Rodéric O'Conor se lancent dans la gravure.

Gauguin revient en 1894 pour tenter de récupérer ses œuvres laissées en gage, mais ce dernier séjour se passe très mal et il quitte définitivement la Bretagne. Après son départ pour l'Océanie en 1895, quelques peintres vont retourner à un impressionnisme plus assagi, d'autres vont poursuivre leur recherche. Paul Sérusier, Émile Jourdan et Charles Filiger seront en Bretagne les derniers membres du groupe que bon nombre de jeunes artistes rencontreront afin de recueillir des témoignages sur cette extraordinaire épopée.

Cette exposition, organisée par le Sénat dans le cadre des Célébrations du centenaire de la mort de Paul Gauguin (1848-1903), est la plus importante jamais réalisée en France sur ce thème. Elle rassemble 70 peintures, 25 dessins, 20 estampes et 8 sculptures, objets ou meubles, provenant d'importants musées et collections privées de douze pays (The Metropolitan Museum of Art New York, Museum of Art, Indianapolis, Phoenix Art Museum, USA, Musée d'Orsay, Paris, Musée du Prieuré Maurice Denis, Saint Germain en Laye , Musée des Beaux Arts de Quimper, Musée de la Chartreuse de Douai, Museo de Bellas Artes Buenos Aires, Argentine, Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie, Paris, Musée Léon-Dierx, Saint Denis Réunion, Fondation Rau, Zurich, Musée des Beaux Arts de Rennes, Willumsen Museum, Frederikssund, Danemark, ...).