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FICHE TECHNIQUE

Commissaire de l'exposition : 
André Cariou, conservateur en Chef du musée des Beaux-Arts de Quimper. Musée du Luxembourg 
19 rue de Vaugirard, 75006 PARIS

Informations
Tel : 01 42 34 25 95
Fax : 01 45 44 57 33
Mel : info@museeduluxembourg.fr
Site internet :  www.museeduluxembourg.fr
 

Accès : 
Metro : Saint-Sulpice, Odéon / RER B : Luxembourg 
Autobus : 84, 58, 89 : Musée du Luxembourg, Sénat 
Parcs de stationnement : Place Saint-Sulpice, Marché Saint-Germain

Horaires de l'exposition 
Lundi et vendredi 10 H à 22 H 30 
Mardi, mercredi, jeudi : de 10 H à 19 H Samedi et dimanche de 10 H à 20 H

Tarifs de l'exposition 
Plein Tarif  : 9 € 
sur présentation de cartes justificatives de l'année en cours
Tarif réduit : 6 € 
pour les moins de 26 ans, familles nombreuses, demandeurs d'emploi 
Tarif réduit : 4 € enfants de 8 à 12 ans, groupes scolaires, personnes handicapées, adhérents de la Maison des artistes. Gratuité 
personnel du Sénat, Garde Républicaine, membres de l'ICOM, conservateurs de musées, enfants de moins de 8 ans accompagnés d'un membre de leur famille, journalistes, guides et conférenciers et professeurs justifiant d'une réservation de groupe

Réservations 
Individuelles 
Au guichet du musée du Luxembourg
Par téléphone : 
08 92 68 46 94 (0,34 €/mn) 
Site internet de réservation :
www.gauguin-pontaven.com (clos)
www.fnac.com 
(supplément de 3 € : billet coupe-file) Groupes 
Réservation obligatoire avec ou sans conférence (20 personnes, maximum) Contact: Charlotte Morizet ou Florent Raineau
Mel : groupes@museeduluxembourg.fr
Tel : 01 53 26 78 37 

Evénementiel 
Privatisation : matinées et soirées, réceptions privées, conférences-dîners Contact : Marie-Pierre Calmels
Mel : evenementiel@museeduluxembourg.fr

Librairie-Edition Catalogues, guides, produits dérivés 
Contact : Béatrice de Castilla 
Mel : librairie@museeduluxembourg.fr

Musée du Luxembourg
Conseiller technique au cabinet du Président du Sénat
Yves Marek
Tel : 01 42 34 23 07. 
Mél : ymarek@senat.fr

Administrateur Général
Sylvestre Verger

Production/ Organisation générale
Sylvestre Verger Art Organisation

Scénographie : 
Scénographe : Laurent Guinamard-Casati
Signalétique exposition : Gilles Guinamard

Communication graphique :
Affiches exposition : Jean-Claude Barotto

Partenaires
JCDECAUX - PARIS MATCH - FRANCE INFO - LCI - METROBUS - MAIRIE DE PARIS - OFFICE DU TOURISME DE PARIS - AEROPORTS DE PARIS - RATP

Service de presse Observatoire-Véronique Janneau 
Contact Hélène Gendreau
 t.+ 33 (0)1 43 54 87 71 
 f. + 33 (0)1 43 25 20 33 
Mel : presse@museeduluxembourg.fr
Dossiers de presse et visuels : www.museeduluxembourg.fr


Après Paris, cette exposition sera présentée : 
- du 12 juillet au 30 septembre 2003 au Musée des Beaux-Arts de Quimper,
- du 16 octobre 2003 au 8 janvier 2004 au Museo di Capodimonte à Naples

L'aventure de Pont-Aven et Paul Gauguin

Extraordinaire destinée que celle de ce petit village breton de 1500 habitants, chef-lieu de canton au pouvoir d'évocation incomparable, indissociable du nom de Gauguin, dont les chefs-d'œuvre figurent parmi les œuvres majeures de la peinture occidentale de la fin du XIXe siècle. La Vision du sermon (ill. 1), peinte à Pont-Aven en 1888, est considérée, dans l'œuvre de Gauguin, comme la charnière entre une première période influencée par l'impressionnisme et une seconde, nouvelle et plus personnelle, que l'on appellera désormais le synthétisme. Par le traitement symbolique du thème et son expression plastique, elle est l'une des premières étapes de la naissance de ce que l'on appelle l'« art moderne ».

Gauguin n'est pas seul à Pont-Aven. Dès son premier séjour, deux années auparavant, il s'est lié à quelques artistes, souvent jeunes, sensibles à la force et à l'anticonformisme de sa personnalité mais aussi à la modernité de sa peinture. Le groupe va s'élargir au fil des rencontres successives, tant à Pont-Aven qu'au Pouldu. Les relations entre ces artistes, qui sont pour la plupart des novateurs, sont identifiées sous le vocable d'« Ecole de Pont-Aven ». En aucune façon, elle ne traduit une quelconque institution traditionnelle avec un maître et des élèves, même si parfois certains peintres ont pu apparaître comme des élèves de Gauguin ou en recevoir des leçons, mais, au contraire, elle évoque une école artistique différente de la peinture académique en faveur à ce moment-là, une « école de la nature » éloignée des ateliers parisiens et se situant dans la filiation de l'Ecole de Barbizon. L'Ecole de Pont-Aven ne peut être réduite aux seules œuvres créées à Pont-Aven. Elle représente tout autant celles réalisées dans les environs, en particulier au Pouldu, ou dans d'autres lieux, suivant les séjours des peintres, y compris parfois à Paris. Elle ne se limite pas non plus, dans le temps, aux différents séjours de Gauguin, car bien des artistes sont demeurés sur place durant son premier séjour à Tahiti puis après son dernier passage en Bretagne.

La colonie artistique de Pont-Aven, qui comptait certains étés plus de cent peintres, est un phénomène unique en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle, comme l'a bien montré l'exposition récente consacrée au thème des colonies artistiques (2001-2002, Nüremberg, Germanisches Nationalmuseum, Künstlerkolonien in Europa). Pour bien situer la démarche de Gauguin partant « faire de la peinture dans un trou » qu'il connaît de réputation, quelques peintures sont présentées afin de situer le contexte. Puis l'exposition se développe suivant les séjours de Gauguin, en 1886, lorsqu'il peint encore dans le style de Pissarro, en 1888, celui de l'invention du synthétisme avec Bernard, en 1889 et 1890 au Pouldu, enfin le dernier en 1894. Entre ces dernières venues, entre 1891 et 1893, un chapitre de l'exposition présente les créations des peintres de plus en plus nombreux attirés à Pont-Aven ou au Pouldu par la réputation grandissante du « chef de l'école symboliste » parti à Tahiti. 

Une ultime section montre à la fois quelques œuvres d'inspiration bretonne de Gauguin réalisées en Océanie et des exemples de la production de quelques peintres demeurés sur place, poursuivant leurs recherches, comme Jourdan, Filiger ou Sérusier, ou d'autres qui ont évolué, comme Moret ou Maufra. Une œuvre de 1907 d'un jeune peintre directement influencé par le synthétisme, Pégot-Ogier, clôt cette exposition.
Les quatre-vingt-deux peintures sélectionnées sont accompagnées de vingt-six dessins, afin de mieux percevoir la démarche artistique des artistes. Vingt-huit estampes montrent tout autant le talent de certains graveurs comme Seguin, Delavallée, O'Conor ou Maufra que l'application en gravure des innovations de Gauguin et de Bernard. Trois céramiques de Gauguin, six sculptures et meubles sculptés par Gauguin, Bernard, Lacombe et Chamaillard illustrent les diverses recherches de ces artistes ou leurs tentatives d'applications de leurs principes dans les domaines les plus divers (pour des raisons liées à des problèmes de conservation ou à des engagements antérieurs de prêts, quelques œuvres ne sont présentées que dans un seul lieu).

Bien qu'étant la plus importante exposition jamais réalisée sur ce thème en France, celle-ci n'a pas la prétention d'être exhaustive, à la fois par manque de place et par l'impossibilité d'y faire figurer certaines œuvres de Gauguin. Depuis quelques années, les expositions consacrées en partie ou en totalité à ce peintre se sont multipliées, affirmant sa place majeure dans le post-impressionnisme. L'année du centenaire de sa mort verra fleurir bon nombre de manifestations. Aussi, certaines œuvres n'ont pas pu être empruntées. Toutefois la qualité et la diversité des œuvres exposées, certaines rarement vues, compensent certaines défections. Plutôt que de vouloir tout dire et tout évoquer, nous avons préféré renforcer la présentation de l'œuvre de Bernard et l'évocation de certains artistes moins connus comme Seguin (mort comme Gauguin en 1903), O'Conor, Filiger, Moret, Maufra ou Slewinski. Par contrecoup, certains artistes que l'on associe en général à l'Ecole de Pont-Aven, et à juste titre, sont volontairement absents : Ferdinand du Puigaudeau, présent en 1886, mais dont l'œuvre pontavénienne date des années 1895-1898 ; Gustave Loiseau, qui peint ses premières œuvres en 1890 et reviendra y travailler à partir de 1922 ; Louis Roy, le collègue de Schuffenecker, qui est venu à Pont-Aven en 1891 puis en 1895 ; Emile Dezaunay, le paysagiste nantais, présent en 1890, auteur de quelques belles estampes synthétistes ; Paul-Emile Colin, l'ami de Filiger, qui séjourne au Pouldu en 1890 ; le peintre céramiste Georges Rasetti et son beau-frère Georges Chaudet, peintre et photographe, qui rencontrent Sérusier, Ballin et Verkade au Huelgoat durant l'été 1891 ; le Danois Gad Frederick Clment, un ami de Ballin, présent au Huelgoat ce même été ; les Anglais Robert Bevan et Eric Forbes-Robertson, qui séjournent à Pont-Aven épisodiquement de 1890 à 1894. En revanche, nous avons tenu à présenter Maurice Denis, théoricien incomparable, qui a joué un rôle majeur dans la diffusion de l'esthétique pontavénienne, bien qu'il n'ait jamais, semble-t-il, rencontré Gauguin et qu'il ne soit venu à Pont-Aven et au Pouldu que bien plus tard. De même, Lacombe n'est vraisemblablement jamais venu à Pont-Aven et il a rencontré Gauguin à Paris. Mais il appartient sans nul doute à ce que l'on appelle l'Ecole de Pont-Aven.

« La Bretagne n'est belle que pour ses fidèles, mais alors elle est superbe ; pour ceux qui veulent et peuvent la comprendre, pour tous ceux qui ont patience, amour et art et j'opine qu'elle ne s'est dévoilée, grande et superbe, ainsi telle, à tous les crétins indurés, rapins hirsutes, touristes et marteleurs de dolmens qui ont fatigué leur keratoglosse à divaguer sur elle », a écrit Seguin dans sa préface du catalogue de l'exposition des œuvres de J.H. Donaldson qui a eu lieu à l'hôtel Julia à Pont-Aven en avril 1894. Parmi des centaines d'artistes qui peignaient à satiété une Bretagne pittoresque et déjà folklorique, quelques-unes uns se sont élevés, au-delà du regard académique. Certains sont de simples paysagistes qui, stimulés par des rencontres, vont brûler les étapes à partir des superbes sites qui les entourent. D'autres sont des mystiques tourmentés qui, au contact d'une population pieuse, tenteront de trouver leur voie.
Parmi les trente-deux mois passés par Gauguin en Bretagne, rares sont ceux qui ont été synonymes de bonheur ; les plus nombreux ont été ceux de l'isolement, parfois de la souffrance. Il n'a prolongé ses séjours que parce qu'il était « retenu par la dette », comme il dit. Les déboires du dernier séjour l'ont poussé dans sa détermination à quitter la France. Certains de ses camarades n'étaient également là que parce qu'on y vivait pour pas cher ou à crédit. Il ne faut surtout pas réduire l'Ecole de Pont-Aven à l'image de la « bonne hôtesse » ou à celle d'un phalanstère au milieu des pêcheurs ou des paysans bretons. Une vie difficile a le plus souvent accompagné la création. Mais ces peintres ont trouvé sur place quelque chose d'incomparable, tout autant dans les paysages des campagnes et de la côte, la statuaire des chapelles, la religiosité populaire que dans les costumes traditionnels ou le spectacle des pardons. Gauguin écrit fin février ou début mars 1888 à Schuffenecker : J'aime la Bretagne, j'y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j'entends le ton sourd, mat et puissant que je cherche en peinture. Il a trouvé un temps dans cette terre si proche et si lointaine à la fois ce qu'il imaginait à travers ses incessants projets au Tonkin, à Madagascar, à la Martinique ou à Tahiti.

Sérusier écrit à Verkade le 14 janvier 1893 : « Je me sens de plus en plus attiré par la Bretagne, ma vraie patrie, puisque j'y suis né de l'esprit. ». Filiger écrit à son frère Paul en octobre 1905 : « La pauvre Bretagne, tu en parles ! ... Mais c'est un pays de magie et c'est peut-être pour cela que je suis devenu fou... à force de l'avoir trop comprise et aimée... » L'invention du synthétisme n'aurait pu avoir lieu en dehors de la Bretagne.

André Cariou
Conservateur en chef du musée des Beaux-Arts de Quimper
Commissaire de l'exposition

Après Paris, cette exposition sera présentée : 
- du 12 juillet au 30 septembre 2003 au Musée des Beaux-Arts de Quimper,
- du 16 octobre 2003 au 8 janvier 2004 au Museo di Capodimonte à Naples