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La révolution arabe, 10 leçons sur le soulèvement démocratique

Jean-Pierre- FILIU

(Editions Fayard)

 

 Depuis la chute des présidents Ben Ali et Moubarak, pas un pays arabe n’est épargné par un vent de contestation qui, à défaut d’être irrésistible, laissera partout des traces irréversibles. Ce livre représente la première tentative d’interprétation de ce bouleversement historique et s’efforce d’en tirer dès maintenant un certain nombre de leçons, qui battent en brèche bien des idées reçues.
      Non, l’islam n’est pas le facteur systématique d’explication des comportements politiques. Oui, la jeunesse est en première ligne, elle conteste à tous les niveaux le système patriarcal. Non, l’alternative à la démocratie n’est plus la dictature, c’est le chaos, un chaos déchaîné par les nervis des régimes autoritaires et iniques. Oui, on peut gagner sans chef. La rupture est radicale avec toute une culture du leader charismatique, alors que s’affirme une forme très avancée d’autodiscipline citoyenne. Non, il n’y aura pas d’effet domino, ni d’entraînement mécanique d’un pays à l’autre.
      Dans chaque pays, cette Révolution arabe se déclinera à chaque fois dans le cadre de l’État moderne et des frontières postcoloniales, les régimes ayant le choix entre la réforme substantielle ou la violence suicidaire. Nous ne sommes qu’au début d’une seconde renaissance qui, en écho à la Nahda du XIXe siècle (menée, déjà, par la Tunisie et l’Égypte), cherche à renouer avec les promesses des Lumières arabes.

 A Sciences Po, Jean-Pierre Filiu enseigne en français, en anglais et en arabe, d’abord au sein de la Chaire Moyen-Orient Méditerranée, ensuite de l’Ecole des Affaires internationales. Il était, à l’automne 2008, professeur invité à l’université de Georgetown, à Washington, puis, au printemps 2011, à l’université de Columbia, à New York. Il a notamment publié chez Fayard « Les frontières du jihad » (2006) et les « Neuf vies d’Al-Qaida » (2009). « Le Monde » le considère comme un « des meilleurs spécialistes mondiaux » d’Al-Qaida.

 

 Son « Apocalypse dans l’Islam » a obtenu en 2008 le Grand prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois, avant d’être traduit par les Presses de l’Université de Californie. Ses livres ou ses articles sur le monde arabo-musulman ont été diffusés dans une dizaine de langues. Il a d’ailleurs rédigé en anglais sa « Révolution arabe, dix leçons sur le soulèvement démocratique », publiées aux Etats-Unis par Oxford University Press, et en France par Fayard. La sortie de son « Histoire de Gaza », en avril 2012 chez Fayard, s’accompagne de la publication d’un article sur « les fondements historiques du Hamas à Gaza » parallèlement en français (dans la revue « Vingtième siècle ») et en anglais (dans le Journal of Palestine studies).

 

 Jean-Pierre Filiu a également publié chez Mille et une nuits « Jimi Hendrix, le gaucher magnifique » (2008) et « Camaron, la révolution du flamenco » (2010). Il a contribué au scénario d’un roman graphique de David B., « Les Meilleurs ennemis », consacré à l’histoire de l’Amérique au Moyen-Orient, dont le premier tome est sorti en 2011 chez Futuropolis. Il travaille actuellement, toujours chez Futuropolis, à une fresque graphique sur les révolutions au sud de la Méditerranée, intitulée « Le Printemps des Arabes » et dessinée par Cyrille Pomès.

 

 

     

                           

Histoire des grands-parents que je n'ai pas eu

Ivan Jablonka
(Editions Seuil)

 

Je suis parti, en historien, sur les traces des grands-parents que je n’ai pas eus. Leur vie s’achève longtemps avant que la mienne ne commence : Matès et Idesa Jablonka sont autant mes proches que de parfaits étrangers. Ils ne sont pas célèbres. Pourchassés comme communistes en Pologne, étrangers illégaux en France, juifs sous le régime de Vichy, ils ont vécu toute leur vie dans la clandestinité. Ils ont été emportés par les tragédies du XXe siècle : le stalinisme, la montée des périls, la Deuxième Guerre mondiale, la destruction du judaïsme européen.

Pour écrire ce livre, à la fois travail d’historien et biographie familiale, j’ai exploré une vingtaine de dépôts d’archives et rencontré de nombreux témoins en France, en Pologne, en Israël, en Argentine, aux États-Unis. Ai-je cherché à être objectif ? Cela ne veut pas dire grand-chose, car nous sommes rivés au présent, enfermés en nous-mêmes. Mon pari implique plutôt la mise à distance la plus rigoureuse et l’investissement le plus total.

Il est vain d’opposer scientificité et engagement, faits extérieurs et passion de celui qui les consigne, histoire et art de conter, car l’émotion ne provient pas du pathos ou de l’accumulation de superlatifs : elle jaillit de notre tension vers la vérité. Elle est la pierre de touche d’une littérature qui satisfait aux exigences de la méthode.

 

Ancien élève de l’École normale supérieure, Ivan Jablonka est maître de conférences en histoire et chercheur associé au Collège de France. Il a notamment publié, au Seuil, Enfants en exil. Transfert de pupilles réunionnais en métropole (2007) et Les Enfants de la République. L’intégration des jeunes de 1789 à nos jours (2010). Rédacteur en chef de la revue en ligne www.laviedesidees.fr, il est un des animateurs du think tank « La République des Idées ».

 

 

 

 


L'état de justice en France, XIIIème-XXè siècle, Volume 2.

L'emprise contemporaine des juges

Jacques Krynen

 

 (Editions Gallimard)

 

 

 

La justice fait bien plus que trancher les procès, la voici gardienne des valeurs de la République et de la démocratie. Plus rien ni personne n'échappe à ses interventions, à ses sanctions. Cette emprise de la magistrature sur la marche du pouvoir est un phénomène décelable dès le Moyen Age et qui s'amplifie sous l'Ancien Régime, avait montré Jacques Krynen dans un premier volume. Si elle a été combattue par la réforme des institutions, des formes et des procédures judiciaires sous la Révolution, ce fut sans lendemain, ajoute-t-il dans ce second. Au XIXe siècle, les juges ont recommencé d'affirmer un savoir et une conscience professionnels non réductibles aux décisions du pouvoir politique. Dans tous les domaines de la vie privée et publique, la France est redevenue, au XXe siècle, sous les auspices de l'" Etat de droit ", l'Etat de justice qu'elle avait été sous la monarchie. Comment et pourquoi en est-elle revenue là ? Comment est-ce compatible avec le dogme démocratique.

 

Né en 1952 à Caudéran, a fait ses études primaires, secondaires et supérieures à Toulouse. Assistant à la Faculté de droit de Toulouse (1977-1980). Docteur en droit (1980), agrégé d’Histoire du droit (1981), professeur d’Histoire du droit à l’Université de Rouen, puis de Bordeaux IV, il exerce à l’Université Toulouse 1-Capitole (depuis 1994). Il fut membre senior de l’Institut Universitaire de France de 2004 à 2009.D’une œuvre abondante, consacrée à l’histoire de l’Etat, des idées politiques et des doctrines juridiques, on retiendra comme principaux ouvrages :

 -Idéal du Prince et pouvoir royal en France à la fin du Moyen Age (1380-1440), Paris, Picard, 1982 (Prix Gobert de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1984).
-L’empire du roi, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des Histoires », 1993 (Prix Guizot, 1994, Prix Clio du Salon de L’Histoire, 1994, Prix Gobert de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1994).
-Dictionnaire historique des juristes français, XIIè-XXè siècle, Paris, PUF, 2007 (codirection avec P. Arabeyre et J.-L. Halpérin).
-L’ Etat de justice, France, XIIIè-XXè siècle :  Tome 1 : L’idéologie de la magistrature ancienne, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des Histoires », 2009 (Prix Malesherbes, 2010) et Tome 2 : L’emprise contemporaine des juges, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des Histoires », 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 © Emmanuelle Marchadour