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Mercredi 10 juin à 11h15 - Hémicycle du Sénat

Dévoilement d'une plaque commémorative à l'effigie de Maurice Schumann

Médaille de Maurice Schumann - Siège 91 - Hémicycle du Sénat Maurice Schumann à la tribune du Sénat, le 22 mai 1985 Maurice Schumann à la tribune du Sénat, le 22 mai 1985, prononçant l'hommage solennel à l'occasion du centenaire de la mort de Victor Hugo. Plan de l'hémicycle du Sénat. La place n°91, siège occupé par Maurice Schumann est marquée d'une flèche Consultez le dossier d'histoire : "Les médailles commémoratives de la salle des séances" Victor HUGO - Victor SCHOELCHER - Pierre WALDECK ROUSSEAU - Marcellin BERTHELOT - Émile COMBES - Georges CLEMENCEAU - Raymond POINCARÉ - René COTY - Gaston MONNERVILLE - François MITTERRAND - Michel DEBRÉ - Alain POHER - Edgar FAURE  

Maurice SCHUMANN (1911-1998)

Fils d'un petit industriel du textile, Maurice Schumann naît le 10 avril 1911, à Paris. Après des études au lycée Janson-de-Sailly et au lycée Henri-IV, il intègre la Faculté de lettres de Paris. Licencié ès lettres, il devient chef adjoint du grand reportage à l'Agence Havas à Londres, puis à Paris. Directeur politique du quotidien l'Aube lorsqu'éclate la Seconde guerre mondiale, il rejoint le général de Gaulle en Grande-Bretagne en 1940, et devient le porte-parole de la France libre à la radio de Londres. En 1944, il débarque avec les forces alliées, participe à la campagne de France, et reçoit la Croix de guerre avec trois citations, la Légion d'honneur à titre militaire, et la croix de la Libération.

Membre de l'Assemblée consultative provisoire en 1944-1945, cofondateur du Mouvement républicain populaire (MRP) dont il assure la présidence de 1945 à 1949, Maurice Schumann est élu député du Nord à la Libération, et conserve son mandat tout au long de la IVe République. Représentant de la France à la cinquième assemblée générale des Nations Unies en 1950, il est nommé secrétaire d'Etat aux affaires étrangères (1951-54), ministre de la Justice (1955-56), et préside la délégation française à l'Assemblée générale des Nations Unies en 1953. Président du groupe parlementaire MRP à l'Assemblée nationale, il vote en 1958 pour la confiance sur le programme et sur la politique du président du Conseil, Charles de Gaulle, pour le projet de loi relatif aux pleins pouvoirs, et pour le projet de loi relatif à la révision constitutionnelle.

Réélu député du Nord sous la Ve République, il s'inscrit au groupe du Centre démocratique, et préside sans discontinuer la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale jusqu'en 1967. En 1960, il vote pour le projet de loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat et à la pacification de l'Algérie. Défenseur de la liberté d'enseignement, promoteur d'une vraie politique familiale, Maurice Schumann poursuit sans relâche son travail en faveur de l'affirmation de la France sur la scène internationale. En dehors de ses fonctions parlementaires, il préside l'Union des Français de l'étranger (1960), la Ligue pour l'autodétermination des peuples (1962), le Centre européen d'observation par sondages (1964), et le bureau du Mouvement international pour l'Union atlantique (1966). Il décide en outre de s'investir dans la vie politique locale, en qualité de conseiller général du canton de Tourcoing-Nord, de 1965 à 1967.

Réélu aux élections législatives de 1967 et 1968, il doit rapidement abandonner le Palais Bourbon pour assumer des responsabilités gouvernementales, en tant que ministre d'Etat chargé de la recherche scientifique et des questions atomiques et spatiales (1967-68), ministre d'Etat chargé des affaires sociales (1968-69), et ministre des affaires étrangères (1969-73). C'est sans doute au Quai d'Orsay qu'il laisse l'empreinte la plus profonde, renforçant les alliances traditionnelles de la France, donnant une impulsion nouvelle, aux relations avec l'URSS et avec la Chine et contribuant à l'entrée dans le Marché commun de la Grande-Bretagne, à laquelle il reste très attaché.

Conseiller municipal de Comines de 1971 à 1977, il se présente aux élections sénatoriales du 22 septembre 1974, et devient sénateur du Nord. Réélu les 25 septembre 1983 et 27 septembre 1992, il s'inscrit au groupe parlementaire du Rassemblement pour la République (RPR), est élu vice-président du Sénat de 1977 à 1983. Il siège dans trois commissions : finances (74-78, 83-86 et 95-98), affaires économiques (78-83), et affaires culturelles (86-95), dont il assume la présidence. Au cours de ses trois mandats, il vote contre le projet de loi relatif à l'interruption volontaire de grossesse (1975), s'abstient sur le projet de loi portant réforme du divorce (1975), vote pour la loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes (1981), pour le projet de loi portant abolition de la peine de mort (1981), pour la loi Deferre relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions (1982), pour le projet de loi relatif aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage (1982), pour le projet de loi relatif au revenu minimum d'insertion (1988), contre le projet de loi constitutionnelle ajoutant à la Constitution un titre : « De l'Union européenne » (1992), et pour le projet de loi relatif aux pensions de retraite et à la sauvegarde de la protection sociale (1993). Ses collègues sénateurs gardent de lui le souvenir d'un homme accessible, passionné de justice et de liberté, maîtrisant sans difficulté les questions techniques les plus complexes, sans oublier jamais de défendre avec force sa vision de la France.

Élu membre de l'Académie française en 1974, on lui doit des ouvrages sur l'histoire ainsi que de nombreux articles et études publiés dans la Vie catholique, le Temps présent et l'Aube, sous le pseudonyme d'André Sidobre

Doyen d'âge du Sénat, Maurice Schumann s'éteint dans sa 87e année, à l'hôpital des Invalides de Paris. Il est inhumé dans le Calvados, à Asnelles, non loin de l'endroit où il avait débarqué le 6 juin 1944.

Notice biographique sénatoriale de Maurice Schumann